I. M. L. II, p
Tout d'abord, remarquons que, pas une seule fois, nous n'avons trouvé dans son texte un catalogue qui soit transcrit, terme pour terme, de quelqu'un des livres d'érudition anciens et modernes, que nous avons cités. M. Brunetière a noté que la liste des auteurs qui ont déclaré « possible » et « légitime » « l'entant né de femme le onzième mois après la mort du mary ' » est extraite d'Aulu-Gelle (x. a. m, i6), dont Rabelais joint le nom au catalogue de ceux qu'il lui emprunte -. — Mais Rabelais ne se borne pas à transcrire l'énumération d'Aulu-Gelle : il y ajoute trois noms, ceux de Servius, d'Aristote et de Censorinus, sans parler des « légistes », dont il allègue trois textes.
De même, au Oiiait Livre, 58 >, il emprunte à Cœlius Rhodiginus, une liste de témoignages sur les Engastrimythes : Aristophane, Platon, Plutarque, les Saincts Decretz, Sophocle; mais il V a dans son énumération un nom qui manque chez Cœlius Rhodiginus : « Hippocrates lib. V. Epid. »
De même encore, au chap. x du Tiers Livre*, il est très probable qu'il n'a pas constitué lui-même la liste des « sors virgilianes «, en dépouillant YHislcire Aiii^nsle, qui nous les rapporte. Xous avons un indice qui nous permet de conjecturer qu'il les transcrit de quelque recueil. Les trois sorts: Tertia diiw Lalio..., Ostendent terris..., His ego iiec metas...,se trouvent dans le même passage de la Vie de Claude second par Trebellius Pollion (chap. x, n"' 4, 6, 3). Or, Rabelais, après avoir attribué le premier à « Claude second, empereur de Rome, bien loué », rapporte le second « à iceluv mesmcs ». Il cite ensuite le sort qui échut à Claude Aibin, tiré de Julius Capitolinus. Puis il donne le troisième des sorts obtenus par Claude second : His ego me mctas..., en l'attribuant non plus à Claude second déjà mentionné, mais à « D. Claude, empereur, prédécesseur de Aurelian. » Evidemment ce personnage est pour lui différent de celui à qui échurent les deux sorts Tertia diiiii Lalio et Ostendent terris. Il fait même une transcription fautive en prenant le D pour un prénom, alors qu'il n'est que l'initiale de Divus, épithète commune à tous les empe-