Oiiai I Livre
cS. Oiuiil Livre, 49.
276 l'humanisme
intcrcssantc-; c'est un souliait formulé par Fanurgc, pendant la Tenipctc, entre cent autres « radotages », qui lui sert de prétexte à insérer la liste des cénotaphes'.
Heureusement, ces blocs d'érudition engagés tout bruts dans l'édifice du roman sont, en somme, relativement peu nombreux. Le plus souvent, l'érudition proprement dite a subi une élaboration, qui varie avec le rôle que Rabelais lui assigne. Elle conserve toujours la vertu d'intéresser, par elle-même, la curiosité des lecteurs ; mais elle sert, en outre, à des fins diverses. Dans l'épisode de Raminagrobis, elle prépare la scène de la consultation du mourant-. Dans le chap. indu Garf^aiitiia, la liste des auteurs, qui déclarent possible et légitime « l'enfant né de femme onze mois après la mort de son mari », sert d'argument plaisant à une thèse. Dans le premier cas^ l'érudition a fourni l'idée première et une bonne partie de la matière de l'épisode ; dans le second exemple, elle peut fort bien être un développement postiche, ajouté après une première rédaction, pour obtenir un eHet comique d'ordre secondaire. Ici, elle est adaptée ; là, elle a été assimilée. Adaptation et assimilation représentent dans l'élaboration de l'érudition, des étapes distinctes. Il importe de les examiner séparément dans une étude sur la méthode de composition de Rabelais.
A. L\riniilioii assimila:
Dès le Pantai^riiel, Rabelais avait eu recours à son érudition pour le développement même de sa fiction principale. Tel épisode, comme celui de l'anneau d'or envoyé par une dame à Pantagruel "', est tout entier d'origine .savante. Arnaud de ^'illeneuve a fourni l'idée de l'inscription hébraïque'; L'énumération des divers modes d'écriture invisible, dont ce message mystérieux est l'occasion, est probablement empnjntée à la Poh'graphia de Tri-