‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 152 sur 216 · Tiers Livre · texte numérisé non relu

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278 l'humanisme

ix-quisespour le son.^c iirophctique selon l'opinion « d'Hippocrate, Platon, Flotin, etc. ' «

l'jilin, la di\ination par les Sors \'irgilianes, par les muets, par les vieillards, par les fous, ainsi que la plupart des sciences divinatoires professées par llerr Trippa, n'étaient nullement populaires à l'époque de Rabelais. Kd'es n'étaient connues que des érudits et des curieux. Aussi tous 'es chapitres où Rabelais les a exposées sont-ils d'origine purement livresque. Ces chapitres peuvent donc nous représenter la manière dont Rabelais s'est assimilé cette érudition, pour en tirer des épisodes qui fussent en accord avec le ton et le cadre de son roman.

Or, si nous comparons ces chapitres entre eux, nous constatons d'abord que, dans la distribution de sa matière, Rabelais a suivi un plan à peu près uniforme. Le de.ssin de chacun de ces épisodes est net et simple. Qu'il s'agisse des Sors Virgilianes, des Songes, de l'oracle de la Sibylle de Panzjust, de la consultation de Raminagrobis, de celle de Xazdecabre ou de celle de Triboulet, nous avons presque toujours un premier discours, préliminaire, dans lequel un des personnages, ordinairement Pantagruel, expose le mode de divination choisi. Il développe la doctrine et les autorités qui le recommandent ; il montre comment il est fondé en science et en expérience. Panurge alors se soumet à l'épreuve proposée. Cette scène est généralement de pure comédie : les bouffonneries que Rabelais y accumule contrastent plaisamment avec l'exposi tion érudite qui la précédait. Celle-ci est reprise ensuite et complétée, s'il y a lieu, dans le commentaire qui suit la consultation de Panurge. Pantagruel se charge d'interpréter les réponses du songe, du muet, du fou, etc., selon les règles propres à chacune de ces formes de la divination.

Ainsi l'érudition se développe dans les discours qui préparent et commentent la scène de la consultation. L'épisode comprend généralement une scène de farce ou de bouffonnerie, dont Panurge fait les trais, encadrée entre deux expositions érudites. Nous étudierons ailleurs les caractères de la scène comique - ; présentement nous avons à déterminer ceux de l'exposition, dont l'érudition est la matière.

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