CHAPITRE \I
Comique de mois. — Jeux d'espiil sur les mois. — Jeux d'esprit sur les méltiphores. — Devinelies et tiiigmes. — II. Comique de silualion. — Myslijicdiious et farces. — Lu Xouielle.
L'Espril populaire.
Les créations de l'esprit populaire sont chez Rabelais variées et nombreuses. Elles occupent même parfois, dans certains épisodes, comme les échanges de compliments entre Panurge et Frère Jean des Hntommeures ' ou le « blason » de Triboulet ', une place qui ne nous paraît pas justifiée par leur valeur comique ou leur mérite artistique. Mais ce serait trahir Rabelais que de négliger dans notre étude cette part de son invention. Le comique populaire est de son génie, aussi bien que l'érudition. Son œuvre est faite de facéties et de plaisanteries grossières, autant que de « philosophie. » Nous pouvons constater, par exemple, que le premier chapitre du Panta^ntel s'enrichit simultanément, dans l'édition de Juste 1542, de deux sortes d'additions. Les unes, réminiscences de César et de Macrobe, sont d'origine érudite ; ce sont des allusions au « mode de nombrer » des antiques Druides, au mouvement de « trépidation du firmament dit aplane », à « la Pléiade moyenne » et à d'autres notions astronomiques. La seconde catégorie comprend des calembredaines : « le moys de Mars faillit en Karesme et fut la myoust en May » « ce sont matières tant dures et difficiles que les astrologues ne v peuvent mordre, .^ussy auroient-ilz les dens bien longues s'ilz povoient loucher jusques là '. »