‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 169 sur 216 · M. L. II, p · texte numérisé non relu

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lorsqu'il jouait sur le son nicniL- (.Ils mots, lorsqu'il s'amusait à mettre en reliefla valeur de leur harmonie en la renforçant, suivit les procédés qui étaient alors en vogue. La complaisance qu'il apporte à ces inventions burlesques de mots nouveaux s'explique, en partie, par la faxeur que ces créations de sa fantaisie étaient sûres de trouver auprès des contemporains.

On en peut dire autant d'une catégorie d' « équivoques » sur les mots, qui nous semblent aujourd'hui assez fades. Nous \oulons parler des « antistrophes », ou « contrepèteries '. » Panurgc disait « qu'il n'y avait qu'un antistrophe entre Femme /-"olle à la Messe et Femme Molle à la /-'esse-. » C'est le type même de ce genre d'équivoques, dont on rencontre quelques exemples dans le roman de Rabelais. « Je suis prestre Macé ' », pour Maitre passé ; « la coupe testée ' », pour la tète coupée ; « la couppe guorgée > », pour la gorge coupée.

Dans une catégorie voisine de celle-ci, il faut ranger les dictons ou proverbes dont les termes sont invertis ou altérés par une distraction feinte. On en trouve déjà dans Villon ''. Noël du Fail en a placé dans ses Propos yiislii/iics et Taboureau des Accords les a classés dans son ouvrage.

« Si n'estoient messieurs Icsbéics, nous vivrions commt: cleirs. » Giiixiiiilnû, i6.

« Je tuerois un peigne pour un mercier. » Gargantua, 53.

Il est dans l'œuvre de Rabelais d'autres jeux de mots de caractère populaire qui étaient alors d'actualité et qui ne devaient pas larder à tomber en désuétude : tels sont les « coq à l'àne. » Les jilus fameux sont les trois chapitres consacrés aux plaidoyers de

1 . C'est 11.' nom que leur donne Talioureau des Accords dans ses Bij^nniiics et Touches (i 584), où il a essayé de classer les plaisanteries populaires : Equivoques, Antistrophes, etc. — Nous trouvons quelques « antistrophes » dans Noël du Fail. Cf. Coules et discours J'Eitintpel, 11, p. 75, « à la trotte qui iiioile. »

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