Tiers Livre
4. Oiiiirl Livre, 67, M. L. II, p. 5o8-)09. — M. Léopold Delisle a trouvé l'origine de cette anecdote dans un manuscrit de Tours : Cciiipiliilii' siiii;iihiiis
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même toute une invective, pleine de la verve et de la faconde des paradoxes sur les Dettes et Dilapidations, qu'inspirent au poète français l'indignation et l'amour-propre national.
En résumé, dans toutes les nouvelles qui s'adaptent naturellement ;i son récit ou à son argumentation, qui ne comportent, par conséquent, aucun développement inspiré par des nécessités de dialectique, et qui partant peuvent être comparées aux nouvelles des Recueils italiens ou français, Rabelais se montre indépendant de la tradition et original. Il se distingue de ses modèles, d'abord par une imagination particulièrement heureuse dans le choix des détails concrets qui donnent la vie à un portrait et ensuite par une prédilection pour les formes oratoires : dialogues ou monologues. Enfin, il en use librement avec la matière qu'il emprunte à ses prédécesseurs ; il développe à son gré au cours du récit tous les éléments qui lui paraissent comiques sans viser uniquement, soit à tenir notre curiosité suspendue jusqu'au dénouement, soit à bien aiguiser le trait final.
Pour la commodité de notre étude du génie de Rabelais, nous avons dû distinguer parmi ces créations de l'esprit populaire le (' comique de mots « du « comique de situations ». Il est naturel que dans beaucoup de scènes ils s'entretiennent et réagissent l'un sur l'autre. Certaines tarces, comme l'interrogatoire de Trouillogan et le marchandage de Dindenaut et Panurge, doivent une partie de leur développement à des jeux de mots ; réciproquement certains détails comiques ', des épisodes entiers même -,
iwciiiploi iiDi, recueil de f.ihles et d'historiettes. C'est un jongleur du xiii^ siècle, Hugues le Noir, qui en est le héros, à la cour du roi Jean d'.\nglcterre. « Idem mancns cum rege Angli;v, duxit eura cuni luniine ad caméras. Rex autem fecerat depingi in hostio camerarum iutus regem Philippum IPhilippe .■\ugustej nionoculuni et ait rex : « Vide, Hugo, quomodo ledavi regem tuum. — Vere, dixit, sapiens e.stis. — Quare, inquit, hoc dicis ? — Quia fecisti depingi eum. — Et quare? — Quia est adniirabile quod quando videtis eum que vous ne vous effouriez tous. » L. Delisle. Noies sur ijmIijiws iiuiiiiisciils ck la bihUolhiqiic Je l'ours. Paris. 1868, p. 15. — Cf. sur cet épisode, Thuasne, Rabelais el Filhii. p. .io-.|.|.
1. Cf. Qiiarl Livre. 41, .M. L. 11, p. 414. « lîillandouille rifloit Andouilles : Taillehoudin tailloit Boudins. Pantagruel ronipoit les Andouilles au genoil. »
2. Cf. Qihtrt Livre, 9. « Les estranges alliances du pays d'Ennasin. » Rabelais imagine ces alliances d'après certaines locutions usuelles qui <i allioient » deux mots : Comme de lard, Etrille faiiveau, Venl lOijuiii, le iiiaiulje de la eO!;nèe, poêle clfoiir<;oii, etc.
sont nés d'un jeu de mots. — Dans ces deux genres de créations, nous avons découvert au moins deux caractères communs : tout d'abord l'abondance, qui allonge la série des coq-à-l'âne et prolonge infatigablement les mystifications; en second lieu, la saveur franciiement populaire des plaisanteries et des farces. Dans le roman de Rabelais, les clercs eux-mêmes jouent souvent comme des rustres ; leurs divertissements sont des délassements d'escholiers ou d'érudits, non des récréations de gens du monde ; la malice ne manque pas à leurs propos, mais le " mot d'esprit », au sens où nous l'entendons, y est rare.