‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 187 sur 216 · CHAPITRE Mil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Mil

iHJlHciice hiiiudiiisli'. — II. liilhicthc popiihiiic. — III. L\iii;iiialité.

Le .stvlc du Rabelais garde l'empreinte de la double origine, savante et populaire, de son roman, et accuse les caractères essentiels de son génie. Comme tous ceux des Humanistes qui ne dédaignaient pas d'user de leur « vulgaire », Rabelais s'est efforcé de donnera son stvle le lustre qu'il admirait dans les littératures anciennes. Un Budé traduisant des fragments de Plutarque ', un Calvin écrivant YInstilulion chrcticnne n'imaginaient guère de formes plus aptes à l'expression des idées et des sentiments supérieurs que la période cicéronienne ou la symétrie antithétique du .style de Senèque. Ils croyaient rehausser leur style en substituant dans leur vocabulaire les mots de formation savante aux termes populaires. — Cet idéal fut au.ssi parfois celui de Rabelais comme en témoignent certaines parties de son roman.

D'autre part, ses « narrés » se rattachaient à une tradition populaire, dont il a lui-même dégagé les caractères. Il a adopté quelques-unes des habitudes du conte et de la nouvelle pour mieux taire son personnage de conteur familier.

De ces deux influences, la première n'était pas en accord avec ses propres tendances. Aussi les morceaux, où elle est prépondérante, les épîtres et « concions », par exemple, semblent des parties disparates dans son cvuvre. La seconde, au contraire, s'est confondue souvent, dans la création du stvle, avec ses propres instincts artistiques.

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