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LES CAKACTl-RES GENERAUX DU STYLE ^ y)
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Cette influence se manifeste particulièrement dans le tour oratoire des épîtres, « concions » et harangues où Rabelais expose celles de ses idées qu'il considère comme les plus graves et qu'il propose ainsi comme les plus dignes d'attention. Nous avons déjà analysé cette éloquence d'apparat, à propos de l'imitation de l'art antique ' . Elle reproduit les principaux caractères du stj'le latin des Humanistes de la Renaissance par des procédés de symétrie tout extérieure, accusant les rapports logiques des propositions par le choix des particules les plus lourdes : « puis donc que », « qu'ainsi soit », « de même que... aussi comme. » Elle adopte volontiers la distribution des propositions ou des termes par systèmes ternaires. Elle s'efforce d'atteindre au rythrne de la période cicéronienne. Elle use même de certaines tournures purement latines : participes présents construits comme ablatifs absolus, groupement des termes de deux propositions symétriques selon la figure entrelacée, dite chiasme -. Bref, elle coule dans le moule latin, familier aux Humanistes, la matière française.
Cette adaptation du style oratoire latin à notre langue n'est pas particulière à Rabelais : tous ceux des Humanistes de l'époque qui écrivirent en français tentèrent la même entreprise. On doit même reconnaître que d'autres y réussirent mieux que lui. Si l'on compare à ses épîtres ou concions tel spécimen du st\le cicéronien de Calvin, la péroraison de VExcuse du seigneur Jacques de Bourgogne \ par exemple, on reconnaîtra que l'avantage est du côté de celui-ci. Quelque profonde que soit l'émotion de Calvin, il la maîtrise assez pour conserver à son expression cette ampleur et ce rythme dont le style cicéronien lui offre le modèle idéal ; trop pénétré d'ailleurs de la gravité de ses paroles pour ne pas rejeter tout ce qui n'est qu'ornement postiche ; particules qui accusent la
1. Cf. supni, cfmp. vi. L'Hiiiihiiiisiiie. Lt' pastiche des formes lilU'niires indiques, p. 299-30';.