‹ L'œuvre de Rabelais; sources, invention et compositionChapitre 193 sur 216 · M. Brcal. Essai Je scniaiiliqite, chap · texte numérisé non relu

M. Brcal. Essai Je scniaiiliqite, chap

Ce sont tantôt des serments : « Par ma foy le logis feut un peu estroit pour tant de gens "... » ; tantôt des pronoms explétifs, qui semblent prendre à témoin l'auditeur et l'intéresser au récit du conteur : « et [il] vous prent ladicte vache par dessous le jarret ' ... >) « et vous print monsieur de l'Ours et le mi.st en pièces '... » ; tantôt des « voicy », qui correspondent à des gestes de démonstration du narrateur : « Et comme elles caquetoyent de ces menus propos entre elles, tw'f)' sorty Pantagtuel'... » Ce sont là autant de signes du caractère « oral » que Rabelais a voulu donner au style de son récit.

Il a apporté le même soin, dans les discours ou dialogues de ses personnages, à noter l'intonation générale et les accidents de la parole, les bredouillements et la toux de Janotus de Bragmardo >, le débit monotone de Bridoye ', le caquetage de Frère Jean à table '. C'est par des traits de caricature qu'il a rendu ce caractère individuel du langage de ses personnages. Mais dans les dialogues et les conversations où il n'a pas eu recours aux onomatopées pour indiquer le ton de la parole, où il n'est pas intervenu pour décrire l'attitude des interlocuteurs, c'est par le rythme même de ses phrases qu'il a cherché à rendre l'intonation de leur parole.

Cet effort est surtout sensible à partir du Gargantua. Les « propos des bienyvres '* » en sont un des monuments les plus insignes. Par la simple juxtaposition de ces phrases courtes, de ces exclamations, interpellations, questions et réflexions, Rabelais a su rendre le brouhaha de ces « beuveurs ». Et quelle vie dans ces plaisanteriesqui s'entrechoquent comme les flacons et les verres des « bons compagnons » ! et quelle variété ! Ce sont tantôt

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