La Vie de Robert te Diahte, Paris
La Vie de Robert te Diable, Paris, Jean Hérouf, 1535.
La Vie de Robert te Diabte, Paris, Denis Janot, 1530.
Les Gestes et faits werveilteux du uobte Huou de Bordeaux, Paris, Jean Bonfons. (h. n. \-., 144).
Les prouesses et fa ict:( merveilleux du nobte Huon de Bordeaux, per de France, duc de Guyenue, Paris, Michel le Noir, 15 13. (h. m.)
Les prouesses et faict^ merveilleux de noble Huon de Bordeaux, per de France, duc de Guyenne, rédiges en bon françoys. Paris, Michel le Noir, 15 16. (b. n. y-.,
I43-) La Conqueste du ^raut ro\ Chailemague des Espaignes. Et les vaillances des
dou:(e pers de France. Et aussi celles de Fierabras, Paris, i )0i . (n. M.)
Ll., Paris. 1536, (b. m.)
trois éditions de Hiiou de Bordeaux ; trois éditions de Fierabras ; trois éditions d"0:,'/(V le Danois ; cinq éditions des Quatre fil^ Ayinon.
Les auteurs^ qui écrivent plus particulièrement pour la clientèle populaire, constatent la faveur exceptionnelle dont jouissent auprès de leurs lecteurs les romans de chevalerie. Lorsque Charles de Bourdigné publie sa Légende joyeuse de Maisire Pierre Faifeu (Angers, 1532)', il la fait précéder d'une « Ballade aux Lysans », dans laquelle il exalte son héros et le met au-dessus des favoris du public : Artus, Lancelot, Merlin, Tristan, Fierabras, Ponthus, Valentin et Orson, Robert le Dyable et les Quatre filz Aymon. La liste en est plus longue, on le voit, que ne l'indiquaient Rabelais, dans la Préface du Paulagniel, et Noël du Fail.
Elle n'est pas complète, toutefois. Pour avoir une idée exacte de la richesse de cette littérature romanesque et de la place qu'elle occupait alors parmi les ouvrages d'imagination, il faut lire le curieux document découvert dans la bibliothèque de Berne et publié par M. Léopold Delisle sous le titre d'« Inventaire de Jacques le Gros-. » C'est un catalogue de livres à lire que dressait pour son usage un Parisien obscur, le 25 septembre 1533. Il comprend presque tous les romans de chevalerie de l'époque. Outre ceux que nous avons déjà cités, il énumère Perceforesl-, Meliadus de Lyonnois, Tristan, Giron le Courtois, Jourdain et Morgant, Merlin, Beufvcs d'Anlhonne, Tréhisonde, Percerai, Alexandre
La Coiiijiit'sli' {!i( i;raiul roy ClhuJciiuiii^iic des Espiiigncs... Oiillic plus esl lOiiipns aucun recueil faict â l'Iiouneiir du Koy Cliarlcs VIII, toucliant la journcc de Fonwue,'L\ov\, P. de Sainte-Lucye, 1536 (b. n. y-., 136.)
Os;ier te Diinois, duc de Danuemarctie, Paris, A. Verard.
S'eusuyl Ogier te Djnnois, duc de Dauneiuardie, Paris, A. Lotrian et Dem-s Janot. (b. n. \-2., 146.)
Ogier te Danois, duc de Dcniueuuiiclje, Paris, ."Main Lotrian, i)36. > B. M.)
Les quatre fits Avuion, Paris, Jeau Boulons, s. d.
Id., Paris, Alain Lotrian, 1520.
Id., Lyon, Claude Nourry, 1531 (Rotschild, 14S6.)
Id., Paris, Nie. Chrestien, 1525. (b. m.)
Id., Paris, Jacques Nvverd, 1525. (b. m.)
1. Sur la date de cette édition, voir l'article de M. Lefranc : Les plus anciennes mentions du Pantagruet, dans la Rev. Et Kah., t. III, p. 2i6.
2. Mémoires de la Société de t'tiistoire de Paris el de Vite de France, t. XXIII, p. 296. Documents parisiens de la Bihtiottièque de Berne. C'est cet inventaire de Jacques le Gros qui contient la plus ancienne mention du Panlagruet.
4 1. (>;L"\liK DE KAliKLAlS ET I.A I.niERATL'KE ROMANESQUE
le Giant, Doolin cl Fiaahras, Gallien Reslaiin', Gérard du Fraslre, Magiicloinie, Jean de Paris, Jeojfroy Graiil Dent, Belle Helaiiic, Floriiiioiit, Méliisine, Mahrian, Giu'rbi et Maiigisl, Milles et Amis, Florent et Lyon. Nous retrouverons plusieurs de ces personnages dans le texte du roman de Rabelais. Tous n'étaient pas également connus du public; maison peut juger, par leur nombre, de l'intérêt qui s'attachait alors aux romans de chevalerie. Pour satisfaire l'insatiable curiosité des lecteurs, les écrivains avaient développé les légendes transmises parles chansons de gestes, greffant épisodes sur épisodes, inventant des personnages nouveaux sur des types déjà connus, confondant, par une contamination grossière, des .aventures empruntées à des cycles fort différents.
A son tour, Rabelais rcconnai.ssait le prestige de cette littérature d'imagination sur ses contemporains et il alléchait leur curiosité en annonçant, comme sujet de son roman, les Horribles et espouventables faicts et prouesses du très renommé Pantagruel, Roy des Dipsodes, fil::^ du grant Géant Gargantua'. Récits de guerres et d'aventures, voilà ce que promet ce titre et c'est précisément la matière commune des romans de chevalerie. 11 est vrai que Maître Alcofribas, pour reconunander son ouvrage, prend un ton qui conviendrait plus exactement au Prologue de Fesse Pinthe. « Trouvt:/»¥fttTi--4iu:t__en quelque langue, en quelque faculté science que ce soit, qui ayt telles vertus, propriétés et prérogatives et je payeray chopine de trippes. Non, Messieurs, il n'y en a point. » C'est un boniment de bateleur. Il proteste de sa véracité par d'horritiques imprécations - et appelle tous les maux redoutés du populaire sur les lecteurs qui hésiteraient à croire ses contes '.