Cf. supra, chap. m, p
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autre personnage se produise, sans qu'aucun élément nouveau soit tiré du caractère ou de la psychologie des interlocuteurs. Dès le début, Rabelais a marqué le trait comique essentiel de la scène : l'attitude si contraire des deux personnages, l'un anxieux d'obtenir une réponse, l'autre soucieux de ne rien dire qui soit une aflirniation ou une négation ; puis il a repris ce trait, dix et vingt fois, s'ingéniant à varier les questions et les réflexions a parle de Panurge, prêtant à Trouillogan des objections sur la forme des questions, des chicanes sur les mots, des réponses facétieuses indignes de son caractère de philosophe, ne visant qu'à multiplier les traits qui opposent le flegme de l'un à l'impatience de l'autre.
Le principe du développement de cet épisode est donc dans le plaisir qu'éprouve Rabelais à répéter, avec quelques variations, cette double silhouette comique ; et c'est du même principe que procède le développement de toutes les scènes de comédie que nous citions plus haut.
En même temps que le goût de la caricature, reprise, grossie, répétée, accroissait l'étendue des farces, mystifications et dialogues comiques, une autre tendance du génie de Rabelais donnait une ampleur extraordinaire aux discours, tels que les paradoxes de
--Panurge sur la Dilapidation et les Dettes ', l'exposition des divers modes de divinations, les commentaires sur chacune des « consul-
'tations » de Panurge au sujet de son mariage', le plaidoyer de Bridoye ', l'éloge de Pantagruélion *, la comparaison du trépas de Bringuenarilles avec d'autres morts étranges >, celle de Pantagruel tuant le Physetère avec d'autres archers mémorables par leur adresse '', le discours sur l'éminente dignité des Andouilles ', l'Eloge de Messer Gaster **, la Louange des Décrétales '.
Ce second principe original de l'invention de Rabelais est son