Gargantua, 45, M. L. I., p
5. C. notamment la Oiu'rcla Pacis et Ylinliliilic prinjpis ihnsliani, J'Erasnic.
timents que tous les Humanistes auraient voulu rencontrer chez les monarques contemporains.
Ainsi s'affirme l'originalité de Rabelais dans le développement du caractère et surtout du rôle de son Géant. Son imagination, que ne guide plus la tradition populaire, puise la matière de sa fiction dans le domaine ordinaire de sa pensée. Il peint son souverain, à défaut de modèles vivants, d'après l'idéal des Humanistes. Le Géant, devenu monarque, garde, dans la vie privée, la bonhomie et la simplicité qu'il a dans la tradition ; c'est un souverain rustique, un vigneron tourangeau, qui se chauffe les pieds sur les chenets, « entendant griller les châtaignes ' ». Dans la vie publique, ce n'est plus le conquérant légendaire des romans d'aventures, le paladin toujours en quête de prouesses : c'est le monarque pacifiste, humain, ennemi de la Scholastique, de la « barbarie Accursienne », de la procédure \ « expoly en l'officine de Minerve », bref, le roi de la Renaissance, tel que l'imaginaient Erasme, Budé et tous les Humanistes de cette génération.
Nous avons dit qu'après le caractère du Géant, le roman de Rabelais doit aux sources italiennes l'idée du rôle des personnages secondaires. En effet, dans le Morgan! de Pulci, comme dans les Macaronces de Folengo, le protagoniste, le héros est servi par plusieurs vassaux, qui représentent chacun une qualité ou une valeur particulière. La force est incarnée dans le Géant ; à côté de lui, un personnage représente la vitesse (Falchetto dans les Macarom'es) ; un autre la ruse : Margutte dans Pulci, Cingar dans Folengo. Or, dans un des épisodes appartenant à la conception la plus ancienne de la Geste des Géants ', dans la guerre contre les Dipsodes, Rabelais procède de la même manière que ses devanciers. Il adjoint au héros, Pantagruel, quatre « apostoles », qui lui seront d'utiles auxiliaires. Chacun d'eux représente, comme chacun des personnages groupés par