AVANT-PROPOS XIII
en a-t-il choisi un qui comportait des éléments comiques ? — Il nous dit dans ses Prologues que c'est pour remplir une des fonctions du médecin, qui est d'égaj-er ses clients. Le souci de soulager les <c très illustres » et les « très précieux » malades auxquels il dédie le Garganliia, l'aurait incliné à choisir ce genre comique. Il tient d'ailleurs à nous avertir que ses écrits ne sont que « passe-temps épicénaires ' » ; il les a rédigés « beuvant et mangeant ^. » ' y Y-- ■ , /.,;■ ^ j i/y. "l .
Assurément la composition de son roman l'a moins occupé que ses études et son office de médecin. Il ne faut pourtant pas le croire quand il nous laisse entendre que son œuvre littéraire est en marge de sa vie et qu'elle ne reflète que son humeur folâtre, dans le temps consacré aux « oisivetés » et aux divertissements. Elle n'a certainement pas été créée par le zèle du médecin désireux d'étendre à tous les lecteurs les bienfaits du réconfort, que sa conversation enjouée procurait à ses clients ordinaires. Elle n'est pas née du succès fortuit de la publication des Grandes Chroniques, qui l'aurait invité à cultiver un genre en faveur. Elle n'a pas été continuée et renouvelée par le souci de soutenir un personnage d'amuseur qui lui avait une fois réussi. Elle n'est pas une création artificielle d'auteur, qui exploite une veine heureusement découverte. Manitestement elle tient par des rapports solides et multiples au tempérament même de Rabelais : le livre aja source dans la vie même de l'homme.
îsTousn^accordons plus aucun crédit à la légende qui le dépeignait comme « un bon biberon » et faisait de sa vie un tissu de farces. Pourtant si nous essayons de nous représenter ce que turent son humeur et son caractère, nous devons taire état de certains documents qui peut-être ont été les principes de cette légende. Sans rappeler la complaisance qu'il met à décrire les scènes