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4. Pantagruel, 8, m. l. i., p. 252. Dialecte provençal : douze outres et un tonneau d'huile d'olive.
DANS l'œuvre de RABELAIS 6$
dans une large synthèse, toutes les routines, toutes les erreurs et tous les ridicules de l'éducation traditionnelle aux aspirations de l'esprit noux'enu qui soulevaient d'enthousiasme tous les Humanistes.
Pourtant il était lui-même trop épris de cet idéal nouveau, pour qu'il oubliât de le proposer à son héros. Il avait trop profondément conscience du progrès réalisé par la génération des Humanistes de la Renaissance, pour ne pas célébrer leur triomphe sur l'ignorance des siècles passés; il était trop dévoué à leur cause pour ne pas tenter de leur amener une nouvelle recrue. Gargantua retrace donc à son fils, dans une lettre solennelle, le tableau de l'activité intellectuelle de son temps, en l'opposant aux « ténèbres » de l'âge antérieur, afin que, piqué d'émulation, Pantagruel devienne un « abyme de science », capable de foire figure « en place et compagnie. »
Bien que cette lettre contienne des préceptes sur l'éducation morale et sur l'instruction proprement intellectuelle, elle n'était pis, dans la pensée de Rabelais, d'un caractère essentiellement pédagogique. Les exhortations à l'étude y tiennent moins de jilace que le parallèle entre l'ignorance des temps passés et la culture contemporaine ; c'est là le morceau capital pour l'auteur. De même, le programme que Gargantua propose à son fils est un idéal à atteindre ; mais Rabelais n^ songe pas même à nous esquisser la méthode pour parvenir à une culture si vaste ; nous n'avons là aucune mention des procédés d'instruction si originaux qu'il exposera dans Gargantua. Les difficultés de l'enseignement sont ignorées ; Gargantua ne songe pas à mesurer, à diviser, à graduer le travail qu'exige une telle instruction : il se borne à énumérer les langues ' et les sciences que devra connaître son fils avant de revenir en Utopie.
Si la uKîriilt; et la religion ne sont pas négligées dans ce programme, les arts et métiers n'y tiennent aucune place et l'éducation physique, ^< la chevalerie et les armes » est différée jusqu'à l'achèvement des études. Lorsque, dans le Gnri^anlna, Rabelais entreprendra de nous tracer son programme véritable d'éducation, le médecin se souviendra de ne pas négliger si longtemps le
I. i> Premièrement' la Grecque... Secondement la Latine. Et puis l'Hchraïcquc... et la Chaldaïquc et Arahicque pareillement. )' M. L. I, p. 256.
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corps. Mais lorsqu'il rédige la lettre de Gargantua à Pantagruel, c'est l'Humaniste qui décrit l'idéal intellectuel des Humanisfes; il est si pleinement sous le charme de leur rêve qu'il en oublie la réalité. Il ne pense pas à la lutte qu'ils doivent soutenir conTre les puissances du passé ; il semble ignorer qu'il y a encore des Jobelin Bridé et des l'hubal Holoplierne pour abêtir l'àme généreuse (le Pantagruel; il ne songe qu'aux Budé, aux Toussaint et autres maîtres du Collège royal ; il ne voit partout que « gens savants, précepteurs très doctes, librairies très amples... commodité d'estude... lumière et dignité... rendue ès-lettres. »