IX. — La Sc))oliislitjue
Avec la « Sorbonnc » et la théologie, c'est la Scholastique qui
représente jiour Rabelais la routine et l'esprit du passé odieux aux Humanistes. Il est parfaitement irrévérencieux pour les grands docteurs du Moyen-Age qui avaient créé et développé cette science : les Pierre Lombard ', les Duns Scot -, les D'Ailly K II est plus respectueuxd' « Aristoteles •• » et mèmed'Averroès >; mais il multiplie les brocards contre les Siipposiliones, les Expuuibilia, les Conditionaks, les Parva hgicalia ', le syllogisme et ses -modes et figures, barocoet baralipton. Le cliapitre xiii, sur la premièrein vention, par où se révéla le génie de Gargantua, se termine sur un trait à l'adresse de « Maistre Jean d'Escosse » (Duns Scot). Ailleurs c'estun élève de Duns Scot, Ockam, qui est bafoué ; au Tiers Livre, le souvenir d'un exemple comique de « conditionnelle » nous reporte à Pierre d'Espagne et à ses Stiviviulœ. logicales '. Ces plaisanteries sur la Scholastique, ces jeux d'esprit qu'elle suggère sont autant d'emprunts à la sciei+cc des clercs, qui nous rappellent sans cesse les origines et 1' « institution » première de l'auteur.
Au reste le mépris qu'il affecte pour les subtilités de la Scholastique, le formalisme de sa méthode et le pédantisme de ses suppôts ne va pas jusqu'à lui faire oublier les règles de la logique aristotélicienne. Il en connaît les ressources et il semble qu'il soit bien tenté d'en user. Au Tiers Litre (ch:\p. xiv), Panurge se sert pour son argumentation « de la figure dite metalepsis. » Ailleurs