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98 LE DROIT, LES ÉTUDES JUltlDiaUES tT LES LEGISTES
science universelle du jeune moine, supérieure à ce qu'on pouvait attendre d'un homme de cet âge et de cet ordre '. — Huit ans plus tard, Rabelais rappellera l'influence que Tiraqueau eut sur la direction de ses études, en lui dédiant son édition des Episliilx Médicinales de Manardi (1532) ^
Une autre influence l'encouragea sans doute à l'étude du droit : celle de Guillaume Budé, qui avait déjà publié les Aiinotalioiies in Pandectas et le /> Asse, au moment où Rabelais, par ''intermédiaire de Pierre Lamy, entra en correspondance avec lui. — De fait, le premier écrit de Rabelais que nous connaissons est précisément une lettre à Budé', dans laquelle il s'amuse à faire parade de quelque connaissance du droit romain. Comme Pierre Lamy lui avait promis une lettre de Budé, que celui-ci tardait à lui écrire, Rabelais menace d'intenter à son ami, qui l'a abusé par une vaine promesse, une action De dolo iiialo. Budé lui répond sur le même ton de plaisanterie : il devait recourir d'abord à l'action ex stipulatu. « Ciiiii possis aha nclione civiliits experiii, id est ex sliptilatii, illain eiiiin de dolo {til iiosli, qui jiiris sludiosits fnisti) Pnrloris cdielnm non nisi siil'sidiariani proniitlil. » 11 s'étonne de le voir commettre une pareille erreur juridique, lui qui a étudié le droit ((jni jttris studiosus fnisti). Ainsi, dès 1520 ou 1521, Rabelais fait des études de droit et a lié commerce assidu avec des juristes. Il en rencontrera d'autres, au cours de ses pérégrinations; vers 1525, il adresse une épître familière à Jehan Boucher, procureur du roi à Poitiers^. — Il entre en relations ensuite avec Briand ^'allée. conseiller au parlement de Bordeaux, avec Jean de Boyssonné, professeur à la Faculté des lois de Toulouse. — En 1 3 ^2, il dédie à Amaury Bouchard, l'ancien président de Saintes, récemment promu aux fonctions de maître des requêtes ordinaires de François l", une édition du Testament de Cuspiditis et d'un Contrat (/(• i^M/c des premiers temps de la République romaine >. —
1. Il nous apprend que R.ibcl.us avait traduit le premier livre d'Hérodote. « Verum librum hune integruni elegantissinie traduxit Franciscus Rabelcesus Minoritanus, vir supra a:tateni,prceterque ejus sodalicii moreni, ne nimiam religionem dicani, utriusque lingu.c oninifari;e que doctrina; peritissinius. »