M. L. in, p
5. La lettre est de i)2i. Cf. Rev. El. K^ih., tome III, p. 540. A. Lefranc, Les Atitogr.iplies de Rtitvljis.
.(. M. L. ni, p. 299.
5. Cl". Kei\ Et. Rai'. — 1904 J. Plattard, Les piil'lii\ilic<iis i>iiiiitles Je RaMais,
tE DUOIT, LES ETUDES JUlUDiaUES ET LES LÉGISTES 99
Nous savons aujourd'hui que ces deux pièces étaient des faux, forgés au xV siècle par Pomponius Laetus et Jovianus Pontanus. Mais nul parmi les contemporains de Rabelais ne soupçonna la supercherie, qui tut découverte vers la fin du siècle. Cette publication ne lit guère de bruit. Elle n'a pour nous d'autre mérite que de nous prouver cet intérêt constant de Rabelais pour les études juridiques.
Dans le cercle de ses amis, il passe pour « expert en toute clergie, » selon l'expression de Jehan Bouchet dans son épître ; mais après la médecine, on vante spécialement sa science du droit. Voulté écrira, en 1537, dans une épigramme à Maurice Scève :
Chili de jure quid scntio, Sarva :
Hoc venim uoslerqnod Raheîœsiis ait.
Attaché à Jean du Bellay et à Guillaume du Bellay, ses fonctions de secrétaire d'ambassadeur le mirent de nouveau en rapport avec des hommes d'Etat, formés parles études juridiques. Il connut chez Guillaume du Bellay, Errault, président de la Cour du Parlement de Turin et futur garde des sceaux ; Hullot, avocat d'Orléans, avec qui il resta en relations après la mort du sieur de Langey'. La conversation de ses amis dut rappeler parfois son attention sur les sciences juridiques. En 1552, dans le Nouveau Prologue du Quart Livre, il fait une allusion à un commentaire de Tiraqueau sur un brocard de droit : Le mort saisit le vif-. Il s'est donc intéressé toute sa vie aux légistes et à leurs études.
Mais c'est à l'époque de son séjour à Fontenay-le-Comte qu'il faut rapporter son initiation au droit. Il a adopté les idées des légistes groupés autour de Tiraqueau et nous allons voir comment il les a exposées dans le Pantagruel. Peut-être aussi, est-ce là qu'il a pu observer le mieux le tour d'esprit, les manies et les travers communs à tout le 0 monde Palatin^ », aux jurisconsultes humanistes, comme aux « legulei inferioris notit. » Sa provision de connaissances juridiques et d'observations sur les légistes était riche au moment où il rédigeait son roman. Il l'a mise en œuvre
I. Cf. H. Clouzot, Les aiiiitià de Rcihetiiis en Orléanais, dans Rev. El. Rah., tome III, p. I j6.
2 Kxpression dont il se sert pour désigner tous les gens qui ressortissent au Palais de Justice. Tiers-Livre, 40, m. l. 11, p. 192.
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principalement dans trois épisodes : le procès des « deux gros seigneurs Baisecul et Humevesnc », le plaidoyer de Bridoye et l'éloge des « Uranopètes Décrétales. »
II. — Le procès des « deux gros seigneurs Baisecul et Iluuievesue. »
l'aiiliignicl, chap. x, xi, xii, xiii.
Au cours de sa visite aux Universités de France ', le jeune Pantagruel essaie, une première fois à Montpellier, d' « étudier en loix ». Mais dans cette Université la médecine éclipse tout. Les études de droit y sont tellement négligées qu'il se décourage bientôt : « voyant que là n'estaient que trois teigneux et un pelé de légistes, se partit dudit lieu '. »
Il se dédommagea à Bourges où il « étudia bien longtemps et profita beaucoup en la faculté des loix ». L'enseignement d'Alciat — 1 529-1 533 — illustrait alors cette université et c'est une des idées de ce maître qu'interprète familièrement Pantagruel dans ses réflexions sur les commentateurs des Pandectes : « car, disait-il, au monde n'v a livres tant beaux, tant aornés, tant élégans, comme sont les textes des Pandectes ; mais la brodure d'iceux, c'est assavoir la glose de Accurse est tant salle, tant infâme et punaise, que ce n'est qu'ordure et villenie. » C'est aussi dans ces termes que Tiraqueau flétrissait ces gloses barbares - : « exoleta illa Barbarorum glossemata ». — A Paris, Pantagruel est encouragé à l'étude du droit par les conseils de son père. « Du droit civil, je veux que tu saches par ccvur les beaux textes et me les confère avec philosophie '. » Aussi lorsque « bien records des admonitions paternelles », pour faire l'essai de son savoir, il tient publiquement conclusions « envers et contre tous », il tait quinaulx non seulement la L'acuité des Arts et la Sorbonne, mais tous ceux des assistants qui « avaient pris le frein aux dents ». Or parmi ceux-ci figuraient toutes ' les catégories de légistes: « nuiislres des requêtes, présidents, co)iseiI]iers, gens des comptes, secrétaires, advocats et autres, ensemble les eschevins de ladite ville,