PantagriieJ
2. Briand Valliie, seigneur du Douhet, était conseiller .lu Parlement de Bordeaux. Il jouissait sans doute de quelque réputation parmi les légistes de Fonnav. Il était en relations avec Et. Dolet. Cf. R. Coplev Christie, El. Dolet, p. 122.
5. Disertissimi jiin's iitn'iisque monarche domini BarthoJomœi Feroneiisis Cepclle nunciipati CauteJe juris utilissiiiie ; qitiltiis et advocati et prociiratores suis dieniidis in oiiitii siicpitii judiciorum facile suH'enire possunt. — Lyon, 1495.
Monarchci est le titre donné à certains princes de la jurisprudence. Cf. Du Cange, Art. Monarchci.
En 1525, il est encore réédité à Lvon. (Bihl. Un., R. xvi, 1059).
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recueil de préceptes de dissimulation, de fraudes, de ruses, de recettes pour éluder la loi et les châtiments '. Plus loin, lorsque le juge du Douliet soutient l'opinion de Pantagruel, il s'exprime presque dans les mêmes termes que lui, « contendant que ces registres, enquestes, répliques, dupliques, reproches, salvations et autres telles diableries n'estaient que subversion de droit et allongement de procès ».
Rabelais s'en tient à cette brève critique des lenteurs et des cautèles de la procédure. Sans s'attarder à la satire des formes de la justice, qui n'eût pas manqué de lui fournir des effets comiques d'un caractère populaire, il passe à une critique, dont la valeur ne pouvait guère être appréciée que par des Humanistes et des Légistes. Au cas que la controverse des deux seigneurs était patente, dit Pantagruel, vous, les juges et jurisconsultes, vous l'avez certainement obscurcie par « les ineptes opinions de Accurse, Balde, Bartole, de Castro, de Imola, Hippolytus, Panorme, Bertachin, Alexander, Curtius et autres vieux matins- ». — Tous ces noms sont maintenant peu connus : ils étaient alors fameux dans le monde des légistes, dans les Facultés de Droit et de Décret : ce sont ceux des monarchœ, des princes de la jurisprudence, des commentateurs, qui depuis le xiir' siècle avaient successivement « grabelé » le texte des Recueils de droit civil et de droit canonique. C'est donc ces interprètes de la loi que Rabelais rend responsables de l'obscurité et de la longueur des procès ; c'est leur accusation qu'il entreprend.
L'initiative de cette attaque ne lui revient pas : elle datait déjà d'une trentaine d'années. Dès la fin du xV siècle, Laurent \'alla, dans ses Elegantiœ, s'était moqué du latin barbare et de l'ignorance d'Accurse, de Barthole et en général de tous les commentateurs du Digeste, qu'il appelle les « Legulei. » Il les traitait de Goths
1. Quelques-unes sont d'une singulière naïveté. Ex. QÉLehi 2. Pour obtenir par surprise la grâce d'un condamné à mort, le faire passer par une route où il ait chance de rencontrer un cardinal. Il est dans l'usage qu'un cardinal use de son droit de grâce pour les condamnés qu'il rencontre. « Qiiotl nota. »
2. On trouvera des renseignements sur la vie et les œuvres de ces jurisconsultes dans P. VioUet, Histoire Jii droit civil français, et dans Friedrich von Schulte, Dit- Geschichte der Oiiellen iind Litenitiir des Cauoitischeii Rechts von Gratien bis aiif die GtveniMrt. — Stuttgart, 1877.
Tous ces noms ne sont pas aisés à identifier. — Qui est, par exemple, Alexander? Schulte cite sept jurisconsultes de ce nom.
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et de ^'anJales. — En France, le promoteur de cette campagne contre les interprètes du Digeste, avait été Guillaume Budé'. Dans ses Ainiolalions aux Pandccics, il avait repris les invectives de Laurent \'alla contre le langage barbare des Legulei et n'avait laissé échapper aucune occasion de signaler leur ignorance. Il l'excusait en partie sur le malheur des temps gothiques, mais il était sans pitié pour la sottise de ceux de ses contemporains qui continuaient à jurer sur la foi d'Accurse. Tiraqueau, nous l'avons vu, s'associait à cette campagne. Dans la préface du De legihiis coinniluiilil'iis de 1524, tout en se réjouissant de voir les études juridiques illustrées par les Budé, les Vallée, les Béraud, les Tunstall et les Alciat, il constatait que cette rénovation du droit par les Humanités rencontrait encore des adversaires parmi les derniers restes des Goths {Gothrum reliquiœ). C'était pour amener ces esprits aveugles et bornés à l'étude des bonnes lettres, qu'il avait, dans ses Coinnicntaires, mêlé aux textes de droit, allégués selon Tusage et dans les formes traditionnelles, de nombreux extraits des historiens, des poètes et des grammairiens.
Alciat à Bourges, dans son enseignement et dans ses livres, avait détendu la même cause et attaqué les mêmes ennemis. Dans la préface de son De verborum significatiom " il rend justice au mérite d'Accurse et de Bartole, mais constate que la lacune de leur esprit, c'est l'ignorance des bonnes lettres, excusable à leur époque.
En 1533, la campagne contre ceux que Bonaventure Despériers devait appeler non commentatores, mais « tormentatores juris > » était toujours d'actualité. Bartole et Accurse n'étaient pas définitivement discrédités .■ Bartole sera encore édité en 1555 ^. En 1532, dans la préface des Epistidœ Médicinales de Manardi adressée à Tiraqueau, Rabelais constate qu'il est des jurisconsultes, étrangers ou hostiles à la renaissance des études juridiques, qui ne peuvent renoncer aux gloses barbares désuètes : « Smit taiiieii etianiduin qitibus cxolcta iUa Barharoruin glosseiiiata exciiti einanibiis