Cf. Dr Dorvcaux. Rev. Et. Rah. 1905, p
2. Cf. Daremberg, Histoire des sciences iiiàliûiles (iSyo), tome I, p. 528. Il distingue au xvi= siècle : 1° les réformateurs de la médecine par l'érudition ou humanistes : Leonicenus, Cornarius, Champier, Valesius, qui prennent parti pour les Grecs contre les Arabes, sans critérium expérimental pour contrôler Grecs ou Arabes ; 2° les réformateurs par l'anatomie : Jacques du Bois, Vésale, l'allope. — Eu 1532, dans la l'rél'ace des lijv'stidu- Mciliiiihiles de Manardi, Rabelais montre un tel dégoût pour l'art médical des empiriques, qu'il ne compte pas sur l'expérimentation, mais sur le retour à la science antique dépouillée des coinmentaires barbares (piisca: M defeccttx mediciihr) pour f.iire avancer la médecine.
antiques. Les références à un manuscrit ancien bien écrit semblaient plus décisives que le recours à l'observation. Rabelais dans l'édition des Aplxvismes d'Hippocrate qu'il publiera en 1531, ne songera pas à contrôler le maître grec par l'expérience quotidienne du praticien : il ne se souciera que de corriger des expressions suspectes par des leçons de meilleur aloi ; son commentaire sera purement philologique. — La médecine est donc à cette époque ^ du ressort des Humanistes.
Ceux-ci, d'ailleurs, ne l'abordent pas seulement parce que sa méthode est celle qu'ils pratiquent dans leurs propres sciences ; elle ne les intéresse point uniquement en tant qu'elle dérive de cette source antique où ils s'abreuvent. Ils l'étudient parce qu'elle confine à d'autres sciences qui sont de leur domaine. Elle tient à la phvsique, à l'histoire naturelle, à certains systèmes philosophiques anciens. L'étude de la phj-sique d'Aristote comporte une étude de l'anatomie et de la physiologie. La lecture de l'Histoire Naturelle de Pline, de V Histoire des plantes de Théophraste conduit à la lecture d'Hippocrate, de Galien et de Celse. — La médecine relève de la « philosophie » au sens large que le mot avait à cette époque '.
Aussi le nombre des Humanistes qui ont étudié en médecine est-il considérable, dans la première moitié du xvi' siècle. Autour de Rabelais, c'est Hubert Sussanneau qui enseigna les Humanités à Turin (1536) puis à Paris (1538) et qui dans un passage de ses Alexamiri Onantitates emendatx, nous apprend que Rabelais l'engageait à faire honneur à son titre de Docteur en médecine -. C'est Jacques Dubois, médecin et philologue, auteur d'une grammaire française '. C'est Jacques Peletier du Mans, le précurseur de la Pléiade, qui publia un livre : De eoiicilialione locoriun Galeiii sectiùnes dtiw*. Parmi les maîtres mêmes de Rabelais, Budé 1 donnait l'exemple de cet intérêt pour les sciences médicales. Ses Adversaria >, notes prises au courant de ses lectures, nous le mon-
1. Cf. Bmuot, Histoire de h hiiigiie finnçaise, tome II, p. 166.
2. Sur Hubert Sussanneau, voir l'article du Dictionnaire de Bavie. — Lmloiiiiii libri, 1538. Alexaudri Quaittitates eiiieiidalx, Paris, Sinon de Colines. 1539. — Il rapporte dans l'Epître de dédicace qu'il se lia avec Rabelais à Lvon en 1)33. ^Texte cité par Ratherv. Notice biographique, p. 23).
3. Cf. Sur J. Dubois. Thuasne, Revue des bibliothèques, tome XV.
4. Cf. Abbé Clément Jugé, Jacques Peletier du Mans [thèse), 1907.