‹ L'œuvre de RembrandtChapitre 153 sur 169 · RUSSIE · texte numérisé non relu

RUSSIE

G.iLERiE DE l'Ermitage. — Sacrifice d'Abraham. Isaac est lié sur le bûcher. Abraham cache avec une de ses mains les yeux Je son fils, et de l'autre il va le frapper; mais un ange a saisi son bras, et le couteau du sacrifice échappe des mains d'Abraham. Cette p:inture, dit Smith, n'est pas digne du maître. L'exécution et la couleur rappellent van Eeckout; on croit cependant y reconnaître quelques touches de Rembrandt. De la galerie Houghton, elle a passé, en 1779, à l'Ermitage pour le pri.t de 3oo liv. sterl. Cravé par Murphy et HeaJ.

La collection Houghton est celle qui avait été formée par Robert Walpole. La description des précieux objets d'art que renfermait cette collection célèbre fut publiée par Horace Walpole, en 1747, sous le titre ; jEdes WalpoUaitce; c'est un li\-re rare qui était destiné à être offert aux amis de l'auteur, et qui ne fut pas mis dans le commerce de la librairie. On trou\-cra, au premier volume de notre Trésor de la curiosité (dans la lettre à l'auteur, qui est de M. Adolphe Thibaudeau), le très-intéressant détail des peintures de Houghton Hall. En 1779, ces peintures furent achetées en masse par l'impératrice Catherine à lord George Orford, petit-fils de Robert Walpole, pour la somme ronde de 40,000 liv. sterl., un million de francs. On n'en excepta qu'un portrait de Robert Walpole qui fut conservé à Straw-

berry Hill, demeure de son iils Horace, lequel fut lui-même une manière de curieux, mais plus avide du bizarre que du beau.

Joseph accusé par la femme de Puiiphar. Celle-ci a la main posée sur l'épaule de son époux. Joseph a les mains jointes. Ce tableau est une variante de celui qui se trouve en Angleterre dans la collection Joseph Neeld.

Anna instruisant Samuel. Elle est assise et fait lire son fils à ses côtés. Sa main droite est afFectueuscment posée sur l'épaule de l'enfant; la gauche, qui tient des lunettes, retombe sur sa robe. Peinture blonde, mais riche de couleurs, et qui sort un peu des habitudes du maître. Gravé par James Walker.

Sainte Famille. La Vierge a cessé de lire dans un livre ouvert sur ses genoux. Un petit feu brûle dans l'àtre. Saint Joseph coupe du bois. On voit en haut des anges qui voltigent « comme des chauve-souris lumineuses », dit M . Viardot. Peinture d'une beauté supérieure ; elle est signée et datée de (645.

L'Enfant prodigue. Le père pose ses deux mains sur l'épaule de son fils, qui est à genoux devant lui et vu de dos. A droite , un homme âgé , les mains jointes ; à gauche , une vieille femme. Morceau faible, dit Smith, et fait rapidement. 11 est signé : Rl. Ryn.

Jésus che^ Marthe et Marie, figurines dans un petit tableau d'intérieur très-lumineux.

Le Maître de la vigne. C'est la parabole de l'Evangile. Dans une chambre éclairée p3r une fenêtre cintrée, le maître est assis il une grande table. Un de ses ouvriers semble lui dire, en montrant ses compagnons : « Ceux-li n'ont travaillé qu'une heure, et tu les a rétribués comme nous, h Cette composition, où l'on admire l'expression des figures et l'effet des derniers rayons du soleil, a été gravée par Martinus Piert et par Fessard. Elle provient de la collection Houghton. Elle est signée et datée de lôSy.

Pierre reniant son maître. L'apôtre est devant un feu, la main gauche étendue; il paraît écouter une jeune femme qui l'accuse et qui tient une chandelle à la main. Deux soldats, dont l'un boit h une bouteille qu'il tient des deux mains, et quelques figures secondaires complètent la composition. Les personnages, de grandeur naturelle, sont vus à mi-corps. Exécution libre et vigoureuse ; coloris brillant et poussé à l'effet.

Descente de croix. La composition diffère peu de celle que le peintre a gravée en grand. La principale différence consiste dans la figure d'un jeune homme qui, monté sur une échelle, porte une lampe. Un groupe de personnes occupe b gauche du tableau (c'est-à-dire la droite du spectateur], et du côté opposé trois femmes étendent par terre un linceul. L'obscurité du ciel est combattue par les lumières qu'agitent plusieurs assistants. Gravé par Lebas. Ce tableau fut pris en tSob il Hesse-Cassel , et de là transporté à la Malmaison, chez l'impératrice Joséphine. Il fut acheté en 1814 par l'empereur Alexandre.

Homme âgé, en barbe grise et courte. 11 est assis dans un fauteuil, les mains jointes. Excellent portrait, gravé par Fillieul.

Jeune homme portant un chapeau orné de glands en argent. Signé et daté de i633.

Portrait d'un Juif. Il a une barbe courte et noire; il porte un turban orné d'une aigrette. Sa main droite est passée dans sa ceinture, sa gauche s"appuie sur un bâton.

Homme âgé. Il paraît environ cinquante-cinq ans, bien qu'il ait une barbe noire. II porte un manteau sombre qui ne laisse voir, qu'une partie de son bras droit.

Un autre, qui paraît assis et qui appuie son bras droit sur une table.

Un Vieillard à barbe blanche, assis dans un fauteuil, les mains jointes. Il est coitT;i d'un grand chapeau. Peinture libre et même négligée ; elle a été gravée par Fillieul dans le temps où elle faisait partie de la collection du comte de Briihl.

Rabbin tenant des deux mains une canne. Il porte un bonnet de velours noir et une robe brune garnie de fourrure. Touche fière.

Guerrier (qu'on appelle iX-bas Sobieski). Il est coiffe d'un bonnet enrichi de pierreries et il est revêtu d'un manteau de couleur sombre qui est attaché avec une grosse chaîne d'or, et qui ne laisse voir que sa main droite appuyée sur un bâton. Signé et daté de

Je n'ai pas besoin de faire observer combien il est absurde d'attribuer à Rembrandt un portrait de Sobieski, peint à cette date de i63i, quand le héros n'avait que trois ans.

iM. Viardot mentionne, sans les décrire, deux portraits de la femme de Rembrandt et deux portraits de la mère du peintre, qui sont merveilleux, dit-il, par le fini, Téclat et la variété. Un de ces portraits, qui représente la vieille en méditation sur la Bible, est datée de 1643. 11 a été gravé par Schmidt. Un autre a été gravé par Earlom, dans la galerie Houghton. Smith indique trois autres portraits de femme, mais trop sommairement pour que nous puissions distinguer ceux qui représenteraient la femme de Rembrandt.

Guerrier, dit Alexandre. C'est un héros d'une stature colossale avec un casque grec rehaussé d'or et de plumes , une riche armure et une écharpe rouge qui porte sur l'épaule gauche. Sa main droite pose sur la poignée d'une cpcc. Morceau bien empâté et très-brillant.

Gentilhomme paraissant âgé de trente-cinq ans environ. Sa tête est couverte d'un petit bonnet de dessous lequel s'échappe une longue chevelure qui retombe sur les épaules Exécution libre et magistrale, dit Smîth.

Coppenol. Le célèbre calligraphe est représenté il l'àge d'environ quarante ans, assis devant une table couverte d'un grand livre et de quelques papiers. Il taille sa plume. Cest le portrait qui a été gravé dans le Musée français. Toutefois il ne fit pas un long séjour au Louvre, où il fut apporté en 1S06 de Hesse-Cassel. On le transporta à la Malmaison, et il y fut vendu plus tard avec les autres tableaux de cette résidence.

Rembrandt à l'âge d'environ cinquante ans. Il est vu de face, coiffé d'un grand chapeau et vêtu d'un habit noir sur lequel se détache un col blcinc. Cest encore de la galerie de

Hesse-Cassel que provient ce portrait, qui fut offert par l'empereur Napoléon i JosL-phine et envoyé à la Malmaison- Vendu en 1816.

Jeune paysamie. Elle est appuyée de ses deux bras sur une palissade et tient à la main une branche d'arbre.

L'Amant attendu. Une jeune femme, peu remarquable par sa beauté, est couchée dans un Ut richement orné, la tète levée, le bras étendu; elle semble entendre les pas de son amant. Près du lit est une vieille femme, cachée en partie par les rideaux et portant un trousseau de clefs. Touche résolue. Couleur brillante et pleine d'eflet.

La peinture ainsi décrite par Smith est sans doute la même que M. Viardot appelle un Daiiaé^ et dont il parle en ces termes ; « Sur un lit que domine une statue de TAmour, et dont une vieille servante ouvre les rideaux à la pluie d'or, une femnie est couchée toute nue, faisant face au spectateur. Voilà le motif du tableau qu on peut apprécier en deux paroles : horrible nature; art incomparable. » {Musées d'Angleterre, de Belgique, de Hollande et de Russie.)

Vue d'une plage de Hollande. Marine d'un ton chaud , doré, lumineux, où le ciel et l'eau vont se perdre et se confondre, par une savante dégradation, dans un horizon lointain.

Vue de Judée. Campagne aride, où l'on \ oit le Christ cheminer entre les disciples d'Emmaùi.

L'Action de grâces. Composition peu différente, dit Smith, de celle qui figurait dans la galerie de Choiseul.

il s'agit sans doute du tableau que nous avons mentionné dans le Trésor de la curiosité et qui était décrit par Boileau : « Un homme et une femme à table; celle-ci tient son enfant sur ses genoux. Vingt et un pouces sur vingt-quatre; 4,200 liv. y> L'action de grâces serait ici ce que nous appelons les Grâces par opposition au Bénédicité . Les Anglais, du reste, n'ont qu'un mot, grâce, pour exprimer l'une et l'autre prière. Le tableau de la galerie Choiseul a passé dans la galerie Bridgewater à Londres.

Palais de Peterhoff fpalais hollandais de Pierre le Grand). — La Réconciliation de Jacob et d'Esaii. La scène se passe dans un paysage accidenté, au milieu duquel on aperçoit les habitations des pasteurs. Les deux frères s'embrassent. Ésaii, l'épée au côté,

tourne le dos au spectateur et se penche sur la poitrine de son frère. Jacob, vêtu d'un costume asiatique, est vu de face. Très-belle composition, datée de 1642. Elle est placée dans !a salle des banquets de PéterhofF,

Galerie Leuchtenberg, à Pétersbourg.— Cette galerie est passée de Munich en Russie, par suite du mariage du duc de Leuchtenberg avec la grande-duchesse Marie. On y trouve un portrait de Rembrandt. Le peintre y est vêtu d'une pelisse noire, doublée de fourrure. 11 porte sur la tête un bonnet fourré, et au cou une double chaîne d'or mêlée de pierreries. 11 paraît âgé d'environ trente-cinq ans.

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