LE VAISSEAU FANTOME
Le Vaisseau fantôme, puisqu'il faut commencer par lui. n\^st apparu qu'assez tard sur nos programmes, le 17 mai 1807. sur la scène de rOpéra-Comique. dix ans après le premier effort tenté en faveur de Lohengrin : et il ne s'est pas imposé dès l'abord avec le grand caractère que l'interprétation devrait mettre surtout en valeur. 11 est plus facile de souligner l'anecdote romantique, avec ses emportements ou sa grâce et son pittoresque, que de révéler la douloureuse noblesse, la profondeur mystérieuse et humaine qui en est la plus grande beauté. En ce sens, la sauvagerie vibrante et robuste de Max Bouvet, et le brillant de ceux (jui l'entouraient, Jane Marcy. notamment, ne pouvaient servir aussi heureusement l'ouvrage que l'émotion concentrée, l'autorité calme, la largeur de diction de Maurice Renaud, la sincérité' de Claire Frielit'. la passion de Léon Beyle.
Le Hollandais reste une des plus belh'S incarnations wagné-
LœUVRE DE RICHARD WAGNER A PARIS
rienne de Maurice Renaud, momentanément émigré de l'Opéra, et Tampleur vocale de Dufranne. la fermeté de style d'Albers ne sauraient le faire oublier. C'est du reste encore lui qui fit la reprise de 1911. où une si. belle Senta lui donnait la réplique avec Marthe Chenal, pleine d'inspiration et de tlamme.
L'une des diflicultés de l'interprétation réside dans les chœurs : ils furent surtout appréciables aux reprises, ainsi que l'orchestre, dirigé alors par Luigini, puis par Ruhlmann, et digne de tous les
éloges.
L'ensemble des représentations a atteint le chiffre de ol. mais en cinq années, et distribuées en trois séries dont la première ne figure que pour lU.