‹ L'œuvre de SwinburneChapitre 16 sur 33 · II. — Les Poètes français · texte numérisé non relu

II. — Les Poètes français

Victor Hugo fut pour Swinburne la grande révélation du siècle ; ses discours, sa lutte pour le droit, son exil et son retour, lui parurent une sublime épopée; sa fécondité, la « Légende » suivant les Contemplations , les oeuvres posthumes après la Légende, un miracle sans cesse renouvelé.

L'attitude que peignit Bell Scott, la joie du jeune Algernon serrant sur son cœur un exemplaire de Notre-Dame de Paris restera celle du poète tout le long de la vie.

Adolescent, dans ses courses à cheval, il chante à tue-tête la Chanson de Gastibelza (*) . Mais les oeuvres que le maître publie dans l'exil changent sa passion juvénile en viril enthousiasme. Et l'on vit, sur des ailes pindariques, s'envoler vers Guernesey, l'ode enflammée que voici :

« Dans les beaux jours où Dieu marchait aux côtés de l'homme aussi divin que Dieu, et où l'un et l'autre étaient grecs, l'un et l'autre libres, la foudre de Dieu épargnait, dit-on, la tête plus heureuse que ses lauriers abritaient : grâce infructueuse pour toi, à qui les hauts dieux donnèrent de droit, leurs tonnerres et leurs lauriers et leurs lumières (2) .

In the fair days when God

By man as godlike trod,

And each alike was Greek, alike was free

God's lightning spared, they said,

Alone the happier head

Whose laurels screened it ; fruitless grâce for thee,

To whom the high Gods gave of right

Their thunders and their laurels and their light.

(') Essays, p. 216.

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