mai et 21 aout
Réunion d’Ars. — Le petit groupe eucharistique et Mgr Richard. — Échange de vues. — Pélerinages généraux ; pèlerinages locaux, — Comités diocésains ; comité central, — Encouragements de l'Évêque de Belley.
Pèlerinages ŒEucharistiques en Vendée sous Mgr Collet :
doyennés de Saint-Fulgent, de Rocheservière, des Essarts.
— Temps d'arrêt. — Réveil des Pélerinages sous Mgr Cat-
teau: Chavagnes-en-Paillers, Saint-Gilles-sur-Vie, Mortagne-
sur-Sèvre, Pousauges. — Gorges au diocèse de Nantes. —
Fruits ‘+ ces Pèlerinages. — Faveur de Léon XIII.
L'évêque de Belley avait convoqué son diocèse à un pèlerinage au tombeau du Vénérable J.-B. Vianney pour le 4 août 1874, jour anniversaire de la mort du saint curé.
Le petit groupe d'amis du Très-Saint-Sacrement ne manqua pas de s'y rendre. Mgr Richard le reçut avec joie.
Dans une réunion intime, à laquelle assistait Mgr de Langaierie, archevêque d'Auch, on insista tout d'abord sur la visite au Saint-Sacrement. Il faut
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en raviver la dévotion et la pratique, y inciter vivement, y entraîner doucement les familles chrétiennes et, de bonne heure, y façonner les petits enfants, A ce dernier propos, Mgr Richard se mit à raconter, avec un abandon plein de charme, qu'en son enfance il n'allait jamais à la promenace sans faire une visite à Notre-Scigneur dans la première église que l'on rencontrait : c'était l'usage du temps, ajoutait-il, et la coutume de nos bonnes. Tâchons de revenir à cette coutume et à cet usage. De même, quand on se rend dans une paroisse étrangère, il est convencble d'entrer un instant à l'église pour y saluer le Saint-sacrement. On résolut aussi de préparer la voic au prêtre près des malades, et d’environner d’honneurs le Saint Viatique ; puis l'on reprit l'idée grande des Pèlerinages Eucharistiques, généraux et locaux.
La brochure de Mgr de Ségur : la France au pied du Très Saint-Sacrement, a déjà fait quelque lumière. Les principaux sanctuaires cucharistiques sont connus. Par leur situation qui semble providentielle, ils rayonnent à peu près sur chaque province ecclésiastique, en sorte que, pour les dioc'ses circonvoisins, ils sont comme des centres d'attraction et de gravitation…
LES PÊLERINAGES EUCHARISTIQUES 105
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Ne pourrait-on pas dire que ces pèlerinages de l'Hostie seront lecomplémenten quelque sorte nécessaire et la conclusion pratique des pèlerinages de la Vierge? Dans l'Église catholique, entre tous les sacrements, l'Eucharistie est le soleil. La lumière, c'est elle; la chaleur, c'est elle, et la résurrection et la vie. Si la France veut être sauvée, il faut donc qu'elle revienne à l'Eucharistie, qu’elle se place sur le passage de l'Hostie cornme les malades de la Judée se plaçaient sur le passage de Jésus. Coupable et châtiée, elle a fait monter vers Dieu la voix de son repentir. Elle a, par l'intermédiaire de Notre-Dame, sollicité le pardon. Elle doit maintenant, la prière de l'amour au cœur et sur les lèvres, s’en aller à l'Eucharistie tout droit.
Peu à peu ces pèlerinages prépareront le retour à Neire-Seigneur des foules populaires; ce sera comme l'inauguration par étapes, l'inauguration progressive, du règne social de Jésus-Christ, Pour lointain qu'il paraisse, ce règne viendra. Notre-Seigneur lui-même n'a-t-il pas dit à la voyante du Très Saint-Sacrement, à la Bienheureuse Marguerite- Marie : « Je régnerai malgré mes ennemis. » C'est
à nous, ses fidèles et ses amis, de travailler à lui ramener les masses. Il faut que l'Homme-Dieu les
revoie autour de sa personne eucharistique, comme, durant sa vie mortelle, il les voyait en Judée.
De plus, si chaque diocèse s’en allait en pèlerinage à un sanctuaire eucharistique, soit que le sanctuaire ait été favorisé d’un prodige, soit simplement qu'il ait été désigné par l'autorité épiscopale, ce serait pour Notre-Seigneur comme une entrée solennelle à Jérusalem ou une Fête-Dieu ininterrompue.
Mais tous les fidèles ne peuvent se rendre à de lointains et dispendieux pèlerinages. De là l'utilité manifeste de pèlerinages plus rapprochés, de pèlerinages locaux. Les plus humbles ne seront pas les moins fervents et ce sera comme un écho touchant des enthousiastes clameurs des pèlerinages régionaux ou nationaux. Eux aussi, à leur manière, feront hommage à la royauté sacramentelle de Notre- Seigneur et Sauveur.
Or, l’adoration paroissiale des Quarante-Heures s’y prête, semble-t-il, à merveille. Elle pourrait être, à sa façon, une sorte de prière nationale perpétuelle, un grand acte de religion tout ensemble et de patriotisme. Une paroisse déléguée s’en irait en visite à l'église voisine favorisée de l'Adoration et elle porterail à l’Eucharistie, ce jour-là, en quelque sorte