‹ L'œuvre des congrès eucharistiques [microforme]Chapitre 21 sur 45 · Lettre du 28 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du 28 octobre

— — ‘ Ÿ a-t-il exagération dans les jugements du comte de Cissey? Nous sommes tenté de le croire. En tout cas, Dieu permet ces contradictions et même ces oppositions pour éprouver, pour épurer aussi les ouvriers du bien et leur apprendre à ne guère comp-

ter que sur sa grâce. « C'est Dieu, comme disait le

P. Chevrier, qui fait les œuvres. » D'autre part, le

succès, un merveilleux succès, a couronné les infatigables et inconfusibles efforts de la dévouée « sœur d'armes », et M. de Cissey, de son côlé, a été un admirable apôtre. Le 3 novembre 18

reprend la plume :

74, le missionnaire du Dimanche

« Que dirai-je de Vous, grande, héroïque amie! Pardonnez ce mot que mon cœur répète depuis hier, à toutes mes Pensées qui ne cessent de voler v de vous, si humble, acceptant avec une si touchante simplicité les dures contradictions par lesquelles je froisse vos plus chères affections ? Ah! je n'avais jamais douté de votre amour ardent pour Jésus-Christ, de votre dévouement sans limite au tendre objet de vos adorations dans le saint Tabere

nacle où il demeure oublié de la foule indifférente! et c'est là que vous puisez votre abnégation et votre force; mais votre humble patience à Supporter les contradictions de votre cruel frère dépasse tout. C'est parce qu’elle a été humble que Dieu fera en elle de granes choses.

ers vous. Oui, que dirai-je

en

» Je remercie de plus en plus Dieu qui m’'2 conduit sur votre route, parce que vous devez être pour moi un grand appui, une grand. force... N'est-ce pas Dieu qui m'a conduit à Ars sur cette terre où sa puissance se manifeste ?

» Ty a bien des années, j'étais agenouillé près du saint Curé à Ars. J'allais, comme tout pèlerin, lui demander diverses grâces. A sa vue, j'oublie tout et je ne puis que m'écrier : « Mon père, faites que j'aime Dieu de tout mon cœur”! » Par surcroît, le bon curé m'aurait-il, avec l’amour de Dieu, obtenu une amitié spirituelle, sincère, intime, une véritable fraternité d’âmes pour mon bien à moi et pour celui de notre prochain?.… J'admire, je le répéte, j'aime, j'envierais vos conceptions eucharistiques ; mais en ce moment elles ne sont pas réalisables.

» Et cependant Dieu vous a donné une merveilleuse force d'expansion dont vous devez user pour sa plus grande gloire. En vous donnant à l'œuvre du Dimanche, cette œuvre que Pie IX proclame la plus urgente, la plus capitale, l'œuvre essentielle de notre époque, croyez que vous travaillez pour Jésus-Hostie.. Avant d'amener les populations à des adorations quotidiennes du Saint-Sacrement de l'autel, amenonsles à l’adorer chaque Dimanche,ce jour que Dieu s’est réservé et qu’en lui ravissant, nous commettons un sacrilège qui l'irrite au plus haut point. Oui, ramenons chaque Dimanche les populations au pied de Jésus-Hostie, voilà le pèlerinage qu'il exige et qui plaira le plus à son Cœur. Faisons d’abord le nécessaire, l’acces: ire viendra ensuite. Faisons l’un et l’autre comme le saint Curé d’Ars qui piochait sa vigne, les yeux fixés sur une petite image de la Vierge placée au bout du champ. Nous, plaçons Jésus-Hostie au bout de nos travaux, pour lui amener tous les catholiques français, pour

———— les lui conduire tous, chaque dimanche, au pied de ses saints Tahernacles. Ah! bien chère sœur, quelle belle mission ce serait ! Quel beau pèlerinage au Saint-Sacrement nous obtien-

drions et..tous les dimanches! Quel vaste champ ouvert à votre ardeur et à votre courage !..

N'ai-je pas mille fois raison?... »

. Dites, n'est-ce pas vra?

Et il annonce qu'il va partir pour Lille où doit se tenir la seconde assemblée plénière des catho-

liques du Nord et du Pas-de-Calais. Il a demandé à Mie +

et il a reçu et il a lu avec émotion le plan idéal de ses pensées, de ses désirs, de se eucharistiques qui demain, sans doute, être, et il lui écrit 1 :

s projets tous ne seront pas réalisés mais qui le seront un jour peut-

« Voyez, je suis

votre bannière plus aveuglément que Vous ne le croyez,

malgré mon dissentiment avec vous relativement à la réalisation complète de vos

ristiques. Je vous admire profondément à vos belles résolutions et je voudrais dans la mesure de mes forces.

chers désirs eucha- ; je m’unis de cœur bien y venir en aide

» Vos pèlerinages doivent être partout acceptés et la dévo. tion à Jésus-Hostie réchauffée, Voilà ce votre honneur et votre g!

qui sera à jamais oire sur cette terre et au ciel, car

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