‹ L'œuvre des congrès eucharistiques [microforme]Chapitre 22 sur 45 · Letire du 6 novembre · texte numérisé non relu

Letire du 6 novembre

vous aurez été la promotrice de ce grand mouvement d'amour et de dévotion qui, je l'espère bien, va réchauffer partout le respect et l’adoration du Très Saint-Sacrement de l'autel. Je vous adresse le programme du Congrès de Lille. Vos pensées, vos désirs y seront discutés dans ce qu’ils ont de praticable : Pélerinages et accroissement d’adoration et de zle adorateur, Je serai votre indigne organe pour appuyer vos chers désirs. Je garde le petit cahier dans lequel sont développées les œuvres que vous désirez : il m'instruira et m'inspirera.Si vous avez de nouvelles instrnctions à me donner, écrivez-moi bien vite. Votre ami et frère d'armes est à vos ordres...

» Voyez, comme nous marchons aisément d’accord. Je semble vous contredire complètement, vous me remerciez de vous dire la vérité vraie et moi je me hâte de vous dire : Votre frère est à vous, dans tout ce qui peut devenir pratique. Cela ne nous empêchera pas de travailler ensemble de cœur, à l’œuvre sérieuse, capitale du moment présent, celle du pèlerinage, chaque dimanche, de tous les fidèles d'une paroisse, au Tabernacle où repose cette Hostie qui s’y interpose entre la colère de Dieu et nos sacrilèges profanations.

» Qu’en Dieu nous combattions, excellente amie, qu’il soit avec nous, afin que nous soyons en lui ici-bas toujours, et au Ciel éternellement.

» Votre très respectueux et très affectionné frère de foi,

« L. DE Cissey. »

Le Congrès se tint le 13, 14 et 15 novembre.

M. de Cissey et d’autres, comme lui, avaient souffert

d'une certaine défiance qui, çà et là, se répandait à l'égard des laïques hommes d'œuvres. Il dut être agréablement suipris et religieusement ému lors qu'ilentendit l'évêque d'Arras, Mgr Lequette, appeler ces chrétiens de bonne volonté ses « collaborateurs » etses « auxiliaires » et les remercier de l'être, Avec quel respect il recueillit cette parole cordiale, avec quelle joie il la savoura: « Ces mains tendues que vous nous présentez, nous les acceptons avec reconnaisances,nous les bénissons avecamour, nous les serrons dans les nôtres, unies à celles de nos prêtres et de nos religieux. » Et l'Évêque, « de sa haute etsereine autorité », vengeait les laïques de « la mesquine contrediction des censeurs oisifs qui, disait-il, trouvent plus commode de critiquer que de travailler!. »

L'apôtre du Dimanche s’empresse d'informer sa sœur de foi de tout ce qui, dans le Congrès, touche aux œuvres eucharistiques.

« Lille, 14 novembre 1874.

» Le Congrès a émis le vœu quele pèlerinage du Saint-Sacrement à Douai, au mois d'avril, soit déclaré et considéré par

1. Mgr Baunard. Philibert Vrau et les Œuvres de Lille, p, 120. Paris, Poussielgue, sans date.

la Province Ecc'ésiastique de Can brai : « Pèlerinage natio.

nal de toute la province ». 11 sera organisé par les Confréries 14 du Saint-Sacrement, convoqué par elles, et elles tiendront “à un Congrès d'Œuvres Eucharistiques de la province à Douai même, à l’occasion de ce pèlerinage présidé par plusieurs évêques. A ce Congrès seront convoqués tous les membres des Confréries du Saint-Sacrement de la province pour augmenter le zèle, améliorer les Confréries existantes. On n'a pas voulu traiter hier les œuvres Eucharistiques, bien qu'il y eût là dix à douze prêtres, parce qu'on n'a pas osé y toucher en l'absence des évêques qui arrivent ce matin et qu'on ne veut rien faire sans qu'ils soient présents, dirigeants . Tout marche ici admirablemeut. Nos provinces ne se doutent pas de ce que les catholiques du Nord leur sont supérieurs en zèle, en énergie, en action, en persévérance. Nous les imiterons, n'est-ce pas, bien chère sœur, J'ai dit que vous étiez l'inspiratrice du mouvement eucharistique, et chacun

a béni la main de Dieu qui s’est servi de mon humble EE sœur... » E

« 18 novembre 1874.

» Au Congrès on a lu un admirable récit de toutes les Adorations diurnes, nocturnes,qui se font dans la province. Ainsi, dans chaque paroisse du diocèse de Cambrai, trois jours de Triduum préparatoire précédent l’Adoration perpé. tuelle. Toute la ville et toutes les paroisses voisines accourent pour y prendre part. Vingi confesseurs au besoin confessent tous les pénitents. On communie les trois jours et, le jour de l’Adoration, Communion générale, Les trois nuits

Sd ET De

L'ŒUVRE DES CONGRÈS EUCHARISTIQUES —————————— qui précèdent, Adoration nocturne par des hommes. Vous voyez combien ici le culte de Jésus-Hostie est développé.… »

Le rapport dont il est question dans cette lettre était l'œuvre du « Saint Homme de Lille », M. Philibert Vrau. Il y disait : « Quel est donc, Messieurs, le mystérieux attrait qui attire tant d’âmes au pied du Tabernacle et qui les fait s’arracher aux douceurs de leur foyer, pour aller chercher le bien suprême, mille fois plus aimable que tous les biens de la terre? « À quoi il répondait : « C'est un acte de foi : la foi en la présence de Celui qui est là, aussi réelle-

ment qu'il était autrefois dans ce monde, et qui y

reste pour nous y sanctifier, élever et, en quelque sorte, déifier. Comment n'irions-nous pas à lui de toute l'impétuosité de notre cœur? — C'est un acte de pénitence ; il faut en avoir l'esprit et le courage pour sacrifier son sommeil, fouler aux pieds la mollesse et venir montrer à ce siècle étonné que les chrétiens de nos jours ne sont pas dégénérés de leurs pères. — C'est un acte d'amour : nous voulons montrer à Notre-Seigneur que nous l’aimons plus que nousmêmes, et nous donnons aux hommes un sujet d'émulation à qui l'aimera mieux etle fera mieux

mm aimer, par l'exemple d'un surcroît de charité qui les dépasse, n

L'historien de Philibert Vrau qui cite ce passage, ajoute : « Ici se déploie sous sa plume le tableau de l'extension de l'œuvre, non seulement dans Ja province, mais dans les principales villes de France, une à une. C’est bien plus loin que Lille et le Congrès de Lille que se portent les ardcurs de cet ambitieux de la gloire de Dieu. 11 y revient à la fin pour demander aux Comités de transformer en vraies fâtes ces nuits plus belles que les jours, afin que les populations s'éclairent par cette affirmation éclatante de noire croyance, et s'échauffent au spectacle de ces

hommages d'amourrendus à Notre-Seigneur habitant Parmi nous !, »

Nous avons voulu citer ce fragment du rapport de M. Philibert Vrau, Parce que son nom reviendra

dans ces pages et que déjà son âme eucharisti

que s’entr'ouvre.

M. de Cissey reprend :

« Le clergé est très zélé. L'archevêque de Cambrai néanmoins exige que dans les vingt-quatre heures qui suivent

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