Mgr Baunard, Philibert Vrau, p
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une Adoration Perpétuelle dans une paroisse, le Curé lui rende le compte détaillé de ce qui s'est passé, le nombre et le nom des prêtres venus Pour confesser, pour précher, le nombre des confessions, celui des communions, le nombre des assistants de la puroisse et des paroisses voisines... On fait chaque jour la lecture de ces lettres et l'on y répond... »
À propos de cette Adoration Perpétuelle parvoissiale, que préparait l'Adoration Nocturne, M. Vrau écrira : « A Lille, les comptes-rendus citent des nuits d'adoration comprenant cent, cent vingt et jusqu'à cent trente hommes. Ailleurs, dans une paroisse rurale, des adorateurs dont quelques-uns sont venus de très loin, se succèdent de deux heures en deux heures, par groupe de dix, de quinze et plus encore. Notre-Seigneur est de plus en plus aimé, adoré, glorifié. »
Il est même question, dira à son tour M. de Cissey, parce qu'elles le demandent, d'établir dans certaines églises de ville, l’Adoration Perpétuelle, où le Saint- Sacrement serait exposé toute l’année et durant tout le jour, Enfin, on voudrait dans ce diocèse l’Adoration Nocturne perpétuelle. Le clergé la désire ; mais dans les cent vingt communautés religieuses du diocèse chacune aurait trois nuits par an...
LES PÈLBRINAGES EUCHARISTIQUES 133 éme —
« Vous le voyez, vos idées sont soulevées vivement ici, et vous y avez aidé en obtenant la Publication du petit volume de Mgr de Ségur : la France au pied du Saint-Sacrement, qui a intéressé tous les adorateurs. Pour clore ce chapitre, j'ajoute que j'irai aujourd'hui à la chapelle du Miracle du Saint-Sacrement de Douai déposer le cœur de notre amie au pied de Jésus-Hostie… »
C'est devant cette Hostie qu'au printemps prochain aura lieu le pèlerinage du Nord de la France, organisé par les Confréries du Saint-Sacrement diurnes et nocturnes de toutes les paroisses, et que se tiendra le premier Congrès Eucharistique.
« Vous voudriez, chère sœur d'armes, une réunion semblable à Avignon, mais pour obtenir ce Congrès, il faudrait un pèlerinage pareil, il faudrait le zèle des confrères du Saint-Sacrement… Il fnudrait un Comité Catholique central, comme celui de Lille, rayonnant par plus de trente Comités de villes qu'il dirige avec une unité parfaite ; et de cette unité centrale vient une diffusion facile et complète...
» Oh! si vous saviez ce qu'est le zèle de ces Messieurs pour le Saint-Sacrement dans cetto catholique province; ce que sont ces jeunes catholiques ardents, bien autrement ardents, actifs que ceux que vous connaissez déjà ! Ces jeunes gens ont parlé au Congrès avec une éloquence entratnante.
» Je vous ai dit que ces Messieurs voudraient l’Adoration nocturne toutes les nuits de l’année, diurne tous les jours en quelques églises de la ville, l'Adoration vraiment perpé-
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tuelle... J'avais prié M. Vrau, un chrétien admirable, de me donner des notes, mais il n'a pas eu le temps.
».. Je vous combats dans l'irréalisable, mais je vous félicite de votre grande idée des Pèlerinages du Saint-Sacrement. C’est cette idée, ce sont ces Pèlerinages qui ranimeront peu à peu le zèle, l’ardeur, et c’est Par eux seulement que peuvent, comme à Douai, se former de grands Congrès Eucharistiques qui, quoi qu'on en dise, réchaufferont partout l'amour de Jésus-Hostie. Tenez-vous-en aux Pèlerinages, Poussez-y, encouragez-les. Voilà la clef de la «résurrection de l'amour de Jésus-Hostie,
» Laissez-moi vous dire encore une fois que je reviens plein d’admiration Pour nos catholiques du Nord. On y aime vraiment Jésus-Hostie. Et puis quelle foi, quelle piété, quelle charité inépuisable ! La semaine dernière, les Petites Sœurs des Pauvres de Tourcoing voulaient augmenter leur mai. son. Elles entreprennent une quête : à la cinquième maison, elles avaient cinquante mille francs; dix mille francs par maison, plus: qu'il ne fallait. A Roubaix, le curé de Notre- Dame veut faire des réparations à son église. A la treizième porte, il avait soixante-cinq mille francs : cinq mille francs Par ménage. A Lille, il faut une maison des Frères, cent mille francs. Un jeune marié les offre pour cadeau de noce. Il faut acheter l’ancienne Préfecture pour une Université catholique qui s'ouvrira demain ; sept cent mille francs {à trouver. Un adorateur de Jésus-Hostie en donne deux cent mille comptant et garantit les cinq cent mille autres.
» C’est bien au foyer de l'Eucharistie que ces âmes puüisent la foi aussi ardente que généreuse qui les entraîne à de pareils sacrifices. »
À l'appel de M. Vrau et des catholiques lillois, plus de cinquante mille personnes, de tous les points de la France du Nord et de la Belgique, s’en allèrent, le 17 mai 1875, à Douai, à l'église du Saint-Sacrement du Miracle, en pèlerinage eucharistique. Rappelons le prodige tel que l’a vu de ses yeux et raconté de sa plume, Thomas de Cartimpré, de l'Ordre de Saint-Dominique, plus tard évêque suffragant de Cambrai, témoin principal.
« En la ville de Douai, dans l'église des chanoines de l'évêque saint Amé, un prêtre qui avait donné la communion au peuple, aperçut avec terreur une sainte hostie à terre. Tandis qu'il s’agenouille pour la recueillir, l’hostie s’élève d'elle-même, et va se poser sur le linge dont les prêtres se servent pour purifier leurs doigts consacrés. Aux cris du prêtre, qui appelle les chanoines, ceux-ci accourent; le prêtre voit sur le linge un corps plein de vie, sous la forme d’un très bel enfant. Le peuple est convoqué, il se présente, et il n’est aucun des assistants qui soit privé de cette vision céleste. Instruit de ce prodige, dont le bruit s’est répandu, je me rendis à
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Douai. J'allai trouver le doyen de l'église dont j'étais particulièrement connu, et je lui demandai à voir le miracle. 11 y consentit et donna des ordres en conséquence. La boîte (où se trouvait la sainte hostie) est ouverte, le peuple accourt, et aussitôt que cette boîte est ouverte, tous s’écrient : « Le voici, je le vois, je vois le Sauveur ! » J'étais debout, étonné de ne rien voir, si ce n’est la forme d’un pain très blanc, ma conscience pourtant ne me reprochait rien qui pût m'empêcher de voir, commesles autres, ce corps sacré. Je ne fus pas longtemps occupé de cette pensée; tout à coup je vis la face du Christ dans la force de l’âge. Sur sa tête était une couronne d'épines ; deux gouttes de sang lui découlaient du front sur la figure de chaque côté du nez. Aussitôt je me jette à genoux, et, pleurant, j'adorai. Je me relevri ensuite. Sur la tête, plus de couronne, plus detrace de sang; je vis une figure d'homme vénérable au delà de toute expression : elle était tournée vers la droite, en sorte que l’œil droit était à peine visible. Le nez était très long et très droit, les sourcils arqués, les yeux très doux et baissés, sa longue chevelure lui descendait sur les épaules. La barbe, que le fer n'avait point touchée, se recourbait sous le menton, et près de la bouche, qui était très gracieuse,
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elle s'amincissait en laissant de chaque côté du menton deux petits espaces à peu près privés de poils, comme cela arrive ordinairement à ceux qui, dès leur enfance, ont laissé croître leur barbe. Le front était large, les joues maigres, la tête ainsi que le cou, qui était assez long, s’inclinait légèrement. Tel était le portrait, telle était la beauté de cette face très agréable. Durant une heure entière, on voyait ordinairement le Christ sous différentes formes. Les uns l'ont vu étendu sur la croix, d’autres comme s'il venait juger les hommes, plusieurs, et c’est le plus grand nombre, le virent sous la forme d’un enfant. » La Révolution a détruit la chapelle du Miracle. C'est à Saint-Jacques que, depuis 1806, Douai commémore tous les ans ce prodige. Le Saint-Père, par un Bref du 23 avril, avait accordé une indulgence plénière à tous les fidèles qui s’étant confessés communieraient et visiteraient l’église privilégiée. Durant toute la semaine, des pèlerinages ininterrompus vinrent des paroisses du diocèse. Quant à la journée du 17, elle fut d’une maganificence inouïe. Déjà belle par elle-même, l’église s’est embellie encore. Du haut des arcades jusqu’au sol courent d’amples rideaux de velours cramoisi crépiné
d'or, dont les plis somptueux, resserrés par des
câbles d'or, se ratiachient aux colonnes. Des guirlandes de roses unissent leurs gracieux rinceaux aux lambrequins qui pavoisent les cintres, puis elles montent vers la corniche, se courbent sur la frise, en y reliant les écussons des évêques ou des figures symboliques de l’Eucharistie. Dans les ouvertures laissées par chaque rideau à l’intérieur des arcades, des lustres de bronze doré projettent sur lestentures de vives et chatoyantes lumières. Dans le chœur, un riche baldaquin tombe de la voïte, encadrele rétable qui reproduit le miracle, couvre de velours d’or et d'hermine l’autel où le Saint-Sacrement est exposé. Des médaillons fixés au fût des colonnes portent les ‘armes des villes qui sont représentéesà la fête. Du haut de la coupole descendent de grandes bannières étoilées d’or, où sont brodées les images des saints
Patrons de la cité douaisienne.
De bon matin, dans un ciel de lumière, toutes les cloches des églises et des chapelles sonnent à la grande volée, et bientôt une autre cloche, de toute: la plus puissante, la cloche Gayant du beffroi muni- Cipal, affirme à tous les échos que, dans la vieille cité flamande, les sentiments, quand il s'agit de Dieu,
sopt unanimes.
Cependant, par les six portes de la ville, les
à paroisses rurales affluent et, de dix minutes en dix minutes, la voie ferrée verse des flots de pèlerins qui viennent de Lille, d'Amiens, d'Arras, de Tournai, de Valenciennes, d'Hazebrouck, de Comines, de Tourcoing, d’Armentières, d'Haubourdin ; d’où n’en vientil pas? Hommes et femmes portent sur leur poitrine une croix rouge. Des fanfares jouent des marches militaires ; des orphéons accompagnent des cantiques. Bientôt, dans lestrois églises, à tous les autels, des messes se disent et les pèlerins communient. Après les messes, une grande réunion à laquelle les hommes seuls furent admis, — ils étaient plus de deux mille, — se fait à Notre-Dame. Les députations des Confréries du Saint-Sacrement prennent place dans la nef principale : celles de Paris, d'Amiens, d'Arras et de Tournai occupent la première travée ; celles de Cambrai, Lille et Valenciennes la deuxième ; Douai, Dunkerque, Hazebrouck la troisième. La nef de droite est réservée à Tourcoing, Armentières et Comines ; celle de gauche à Roubaix, Haubourdin, Saint-Amand. Les prêtres sont dans le sanctuaire. Cinq évêques sont à leurs trônes. L'évêque d’Arras, Mgr Lequette, monte en chaire. Ce fut une effusion mélodieuse de la piété la plus tendre envers Jésus-Christ Notre-Seigneur dans le
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Sacrement de son amour. Après quoi, un prêtre lut Un rapport général sur les Œuvres Eucharistiques de France; puis, un laïque, M. Gustave Champeaux, secrétaire et ami de M. Vrau, sa main droite, sa plume et même souvent sa voix, un rapport spécial] aux Œuvres Eucharistiques de Ja Province de Cambrai. Très détaillé et très précis, ce rapport s'élève à la grande éloquence. N'est-ce-pas Joubert qui disait : « La piété est une espèce de génie qui donne des ailes à l'espriti, » Voici l'exorde :
« Les Comités Catholiques des diocèses d'Arras et de Cambrai ont inscrit en tête de leur programme les œuvres de foi etde prière et plus particulièr- ment celles qui s'adressent à Notre-Seigneur Jésus-Christ présent au Très Saint-Sacrement de l'autel. Hommes de zèle et d'action, les membres de ces Comités ont Compris que, pour atteindre le but qu'ils poursuivent, Pour rassembler dans une cohésion puissante les éléments longtemps dispersés de la vie catholique et travailler efficacement à reslaurer le règne social de Notre-Seigneur Jésus-Christ, il leur fallait un centre quils ne pouvaient trouver en eux-mêmes. Soldats d’un mattre que le monde croit avoir vaincu, ——