‹ L'œuvre des congrès eucharistiques [microforme]Chapitre 7 sur 45 · novembre · texte numérisé non relu

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que Pie IX lui avait dit en l'autorisant à garder chez lui la Sainte Réserve : « Ad consolalionem. Pour votre consolation. » Notre-Scigneur dut un jour le consoler, car il eut à souffrir dans son cœur de prêtre d’une vive blessure à fleur d'âme et difficile à cicatriser : il y fallait la main d'un Dieu.

Mgr de Ségur a été un précurseur, un professionnel, si je l'ose dire, de la Communion fréquente, et son apôtre. N'écrira-t-il pas le 20 août 1880, à Mlle**+ : « Il me semble que si j'étais Pape, le zèle de l'Eucharistie et la Communion, non seulement fréquente mais quotidienne, seraient l'objet dominant de tout mon pontificat, » Et le bon prélat, avec simplicité et candeur, ajoutait : « J'ai essayé de donner humblement cette pensée à notre cher Pie IX ; il est probable que le moment ::'était pas encore venu, Le Pape qui fera cela, sous l'impulsion du Saint-Esprit, sera le rénovateur du monde. » Le Pape est venu. Dieu veuille réaliser la prophétie de son grand serviteur! Tout ce qui, de près ou de loin, touchait au Saint-Sacrement, faisait résonner cette âme profonde.

À la première ouverture donc, qui lui fut faite de ces projets de pélerinages eucharistiques : « Cette pensée est trop sainte, dit-il, pour ne pas venir du

54 L'ŒUVRE DES CONGRÈS EUCHARISTIQUES SE bon Dieu. » Néanmoins, il ne comprendrait pas que « ce grand appel de réparation publique fait à la France » aboutit uniquement et même principalement aux Pénitents-Gris d'Avignon. C'est à tous les sanctuaires historiques du Saint-Sacrement qu'il faudrait aller pour adorer, réparer, supplier!. C'était bien la pensée, on l’a vu, et l'espoir de la pieuse zélatrice.

Mie*** avait rencontré à Ars, plusieurs fois, une femme d’une pitié haute et large, vraiment catholique, d’un esprit cultivé, poète, souvent couronnée aux Jeux Floraux, et qui avait de belles relations dans le monde religieux et dans les évêchés, Mie Nathalie Blanchet, de Saint-Gengoux-le-Royal, en Bourgogne. L'idée lui vint de l’intéresser à ses projets et elle lui écrivit céci en substance :

La religion s'est conservée en France surtout par la femme et, dans ce sens, on peut dire que c’est la femme chrétienne qui a sauvé la patrie. Est-ce que, présentement, Dieu ne lui réserve pas l'initiative des grandes choses ? C’est une femme, Mme de Blic, qui a su mener à Lourdes cent mille pèlerins. Ce

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