‹ L'œuvre des écoles ménagères agricoles [microforme]Chapitre 4 sur 6 · EE RATE · texte numérisé non relu

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dernière se rattache aussi, essentiellement, l'économie domestique et, afin de compléter la série de conférences sur l'éducation agricole que j'ai déja préparées pour vos précédentes convontions, je viens, aujourd'hui, vous en présenter une sur l'œuvre des écoles ménagères, comme se rapportant directement à l'éducation agricole et à l'économie domestique, en ce qui concerne, non plus les fils de cultivateurs qui étaient l'objet spécial de mes précédentes conférences, mals bien les fllles de cultivateurs.

Raisons qui engagent à faire cette étude

11 importe d'abord que je dise immédiatement pourquol j'"' cru devoir entretenir messieurs le missionnaires agricoles au sujet de : ducation des filles de cultivateurs. Vous êtes chargés, messieurs, par Nos Seigneurs les archevêques et évêques de la province d2 Québec, de travailler d'une manière toute spécia!e au progrès et à l’amélioration de notre agriculture en agissant par vos conseils sur l'esprit du cultivateur. Le terme ‘“ cultivateur ” au point de vue de votre œuvre r'implique pas seulement l'homme, mais la femme aussi. Il n'y a pas que l'homme qui ait un rôle à jouer dans l’agriculture. Il doit, nécessairement, être secondé dans ce rôle par ja femme qui est la compagne de sa vie. Or, Jules Méline a dit quelque part : ‘‘ Nous pourrions citer de grand:s familles agricoles qui ont quitté, la mort dans l'âme, de grandes et bel'es exploitations parce que les fils ne trouvaient pas de femmes consentant à partager leur existence et à vivre à la campagne.” Ceci était écrit pour la France, mais, malheureusement, nous aussi, nous commençons à souffrir du fait que beaucoup de nos filles de la campagne prennent en dégoût le rô'e de femme de cultivateur. Et, c'est pour cela que je crois bon de venir causer avec vous pendant cette convention

sis

du moyen d'enrayer le mal dont nous souffrions déjà, je ie constatais, il y a vingt-deux ans, alors que j'écrivais, au cours d'un voyage au La” St-Jean, les lignes qui suivent inspirées par une visite que j'avais faite au monastère des Dames Ursulines de Roberval :

“Leur but est de donner aux jeunes filles de cultivateurs une éducation de première classe au point de vue littéraire et scientifique, mais, elles se proposent surtout de leur donner des leçons d'économie domestique qui les mettent en état de tenir parfaitement la maison d'un cultivateur et de s'y livrer aux travaux qui sont l'apanage des femmes de ja campagne tout en pouvant être, outre cela, par leur éducation, l'objet de la recherche des jeunes cultivateurs instruits qui cesseront de croire que c'est un déshonneur, pour un jeune homme instruit, de cultiver la terre."

Hi y a vingt-deux ans que ces lignes sont écrites. Elles font allusion À l'œuvre des écoles ménagères dont je désire pouvoir vous faire jies avocats, convaincu que je suis de leur excellerce pour mafntenir, au moyen de la femme comprenant bien son rôle ce compagne de cultivateur, Jl'agriculture a son véritable n.veau dans l'économie sociale.

Besoin que nous avons des écoles ménagères

Ces écoles ménagères, en avons-nous besoin et leur établissement mérite-t-il l'attention d'économistes agricoles comme vous, messieurs ? Je réponds à cette question dans l'affirmative et je me base, pour faire cette réponse, sur l'obser .n d'un fait facile à constafr u« üän grand nombre de familles da cultivateurs, du moment qu'il s'agit de l'éducation des jeunes filles. La filiette a fréquenté l'école primaire, l'école modèle, accompagnée de la file du notaire, du marchand, du docteur du village. Ces derniers vont envoyer leurs jeunes filles au couvent

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pour y continuer leur éducation, Elles eu “eviendront avec une bonne instruction, de belles manières, vêtues À Ja mode ; elles y auront recu des leçons de chant, de plano ; elles y auront appris les arts d'agrément de tous genres, feront l'orguell de leurs parents et l'admiration de tous. Et, pourtant, leurs parents ne sont pas si riches.

Pourquoi le cultivateur, aussi, et peutêtre même plus riche qu'eux, n'en ferait-l pas autant pour sa fille ? Voilà la question qu'il s'est posée ou que, plutôt, sa femme lui a posée. Et la réponse a été vite donnée dans j'affrmative. Voilà la jeune fille du cultivateur partie pour le couvent. E'le y demeurera trois où quatre a:3, le temps d'acquérir un peu de cet: éducation, qui va changer absolument, non seulement son moral, mais encore son physique. Cn l'aurait bien laissée plus longtemps, mais ça coûte cher, malheureusement, Il y a À payer, voyezvous, la pension, puis les extras pour la musique, les cahiers pour le piano, le solfège, le dessin, la laine, la soie, ls fil pour les travaux de fantaisie.

D'une autre part, il y a J'augmentation des dépenses pour l'habillement. Allez donc mettre votre fille dans ces habits qu'elle porte tous les ;ours, chez vous, lorsqu'e'ie est À côté de ses compagnes mieux vêtues, au couvent ! Et, le père a nayé en soupirant, et la mère a redoublé de travail pour faire un peu plus d'argent et empêcher le père de trop se plaindre. D'ailleurs, l'’arger

ainsi dépensé a été vite oublié lors que la fillette est arrivée, aux vacances, toute pomponnée et ave” plusieurs prix, couronnes et médailles, Seulement, un nuage s'est bien vite levé sur le beau ciel de ce bonheur. C'est lorsque Ja jeune fille a déclaré à son père qu'il faut acheter un piano. Elle a appris la logique et conclut que puisqu'elle à appris le plano, on doit lui en acheter un pour qu'elle en joue.

Et bientôt un piano de quelques ceuts piastres est venu orner le salon.

Préi:gé produit par une éducation mal dirigée à combattre

Pendant le temps du couvent on a oublié le travail de la ferme, La mère a bien continué, elle, à javer, cuisiner, faire du pain, du beurre, jardiner, élever des pou'ets, Mais la fillette a perdu tout cela de ‘ ïe. Un autre horizon lui est apparu ae tentez pas de la rame:-

ner aux p : :«a1es de la ve ordinaire de la fer Elle fera volontiers une maîtresse : école, une couturière, une

employée de bureau, une demotsel!'e de compagnie, une fournaliste même, Elle mariera avec enthousiasme, un commis, un télégraphiste, un teneur de livres, un artisan, mais ne lui parlez plus du travail de la ferme. Elle a pris, voyez-vous, des habitudes nouvelles, en est venue à mépriser, sans s'en rendre compte, l'état de ses parents parce qu'il exige un travail un peu rude, de l'économie et laisse bien peu de temps pour pratiquer les arts d'agrément. El'e voit les files de la bourgeoise, à côté desquelles elle a vécu, toujours en toilette, apparemment très vccupées à ne rien faire, ou à s'anuser, e* elle est devenue imbue du préjugé que c'est cela qui constitue u: îitre à l’appeil: ‘nn Àe “ demoise:-

le”, "est, de ce :.:ent, une déclassée et ce par le fa. une erreur Commise par ombre ..; cultivateurs qui

ne CcoprennciL pas la notilesse de leur état, :: savent pas en inspirer le

respect À .urs enfants. C'est contre cette erreu: que nous devons partir a guerre. Déjà, le plan de campagne

est dressé! Depuis Jongtemps l'on s'est demandé par quoi il faudrait remplacer le système d'éducation défectueux des filles de cultivateurs que je viens de dénoncer et,"voici le plan que l'on propose.

La bonne éducation d’une jeune fiile de cultivateur

Du moment que la petite fille pourra quitter la jupe de sa maman, elle commencera à aller à l’école élémentaire

Pa auto see

ou modèle du village et ornera son intelligence de toute la science qu'on pourra lui incuiquer, ce qui comporte, grâce aux connaissances exigées de nos institutrices aujourd'hui, dans nos écoles normales, un bagage de savoir plus qu'ordinaire. Entre les heures ce la classe, elle vivra de la vie paisible de la ferme, à côté de sa mère qui l'initiera sans qu'elle s'en aperçoive aux travaux domestiques de chaque jour auxquels elle s'habituera ains!

graduellement et qu'elle apprendra à aimer. Ensuite, le cultivateur qui aime son état, le considère comme honorable et cherche À faire de ses enfants des cultivateurs ccmme Juimême o1 des femmes de cultivateurs co:nme leur mère, enverra sa fille apprendre les méthodes nouvelles enseignées pour faire plus facilement et d’une manière p'us parfaite les travaux que sa pauvre mère a peine à faire d'après les méthodes imparfaites d'autrefois.

Où cela s'enseignera-t-il ? Dans les écoles ménagères. Là, une jeue fille apprend à faire de meilleur beurre que le beurre mal délaité de la laîtcrie ordinaire, à cuire du pain moins sur et plus levé qu'on n° le fait géntrale ment, À tirer un meilleur parti du poulailler qu'on ne !e fait, la plupart du temps, À ajouter aux produits alimentaires le miel produit par l'abeille butinante qui se prête si bien aux attentions que lui porte la fermibre, à cultiver un jardin de manière à obtenir abondance de légumes et fruits salas et agréabies, permettant de rompre la monotonie du menu quotidien de la ferme, à préparer d'une manière plus agréable ainsi que plus économique les aliments solides mais peu variés qui le composent, à fabriquer d’une ma nière plus soignée avec la 'aine et ls lin, les étoffes et la toile qui servent à l'usage domestique, à tailler les vêtements, À leur donner une coupe plus acceptab'e et à les roudre plus habilement que cela ne 8e fait cominuné-

ment, À se rendre familière avec les soins À dunner aux malades et la préparation des mets légers qui leur sont nécessaires, ainsi qu'avec les règles d'hygiène concernant les enfants, À tenir enfin une comptabilité régulière base indispens:blc de i'ordre et de l'économie dans le ménage du cutivateur.

Résultats de ce‘t2 bonne éducation

En se munissant de ces Connai34ances, la jeune fille dev:endra canable de rendre moins onéreux, pour elle ét pour les autres, jies travaux qui ‘ont de son domaine et, surtout, de “endre la maison p'us agréable à habiter, la vie plus douce À mener. Son ambition ne sera pas d'atteindre À une position autre que la sienne, mais de rendra enviable aux autres ceile qu'ellz eat faire à eïle-même et aux siens. Volla ce qu'une fil'e élevée de cette manière procurera à la maison qui a le bonheur de l2 posséder romme maîtresse. Voilà le type de la femme de ménage que l'on cherche À l'époque où nous vivons, à former dans tous les pays où J’on souffre du fait que la femme, scus ‘e souffle des idées nouvelles, et sous prétexte de suivre les règles d’un code de principes modernes et étranges appelé féminisme, cherche à se mascuiliniser en tous points. Voilà le type de femme qui existait encore partout dans notre province, il y a quelque quarante ans, mais qui tend vite à disparaître sous l'influence d'un système d’éducation qui pêche par bien des points, et aui est d'autant plus difficiles à réSformer que dans certains quartiers, 11 est le résultat de notre excellent ancien système modifié, petit à petit, pour s°tisfaire aux exigences des idces modernes que nous venons de mentionner et que, comme tel, on le considère comme l’un des plus beaux fruits de la ctvili.

sation actueile,

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Nécessité et moyen de conserver le type de femme obtenu par cette bonne éducation

I1 va falloir que nous travaillions de toutes nos forces à conserver ce beau type, non comme un objet rare déposé dans un musée parmi les souvenirs d’un autre Ag”, mais brillant comme un joyaux précieux dans l’écrin de chacune de nos familles de la campagne.

Et, pour ce faire, il nous faut recourir à l'école ménagère rurele, comme on ie fait partout, autour de nous, aux Etats- Unis, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, en France, en Angleterre, etc.

Arrêtons un instant notre attention, sur ce qui se fait, dans ce sens, en utilisant divers renseignements, la plupart puisés dans une conférence publiée par la “ Maison de la Bonne Presse ” de Paris, France, en 1905 :

Aperçu historique sur les écnles ména- ; gères

‘ Voulez-vous, maintenant,” dit M.

l'abbé Barjonet, dans cette conférence, ‘“ que nous fassions un peu l'historique de cet enseignement? Vous verrez que, si c'est une œuvre nouvelie pour nous, elle est loin de l'être pour d'autres, et vous constaterez, une fois de plus, qu'il n’y a rien de nouveau sous le s0leil. L'enseignement ménager était déjà connu et donné avant la Révolution. Jeanne d'Arc disait déjà : “Quand j'étais chez mon père, je vaquais aux soins du ménage... J'ai appris À coudre le linge et Afiler. Pour filer et pour coudre je ne crains femme de Rouen.” Fénélon, le grand éducateur du siècle de Louis XIV, voulait que dans les pensionnats on apprit aux jeunes filles qu'elles avaient une maison à régler, un mari à rendre heureux, des enfants à bien élever. Madame de Maintenon faisait faire À ses élèves, non des ouvrages exquis et des colifichets mais, tout simp'ement le linge, les habits, les coiffes, les bes, etc. Madame de Genlis fondait pour les jeunes filles une série de leçons de choses

pcur Jeur apprendre à tenir une maison, à diriger une lessive, à savonner et à repasser elles-mêmes, à conduire une basse-cour, à diriger une cuisinière ou, à faire elles-mêmes la cuisine, à connaître le prix des choses, leur dose et leur qualité, ce qui a rapport à la boulangerie, à l'office, à l'art de la distribution, un peu de botanique et les principales drogues de la médecine. Ainsi, dans l’ancienne France, on se préoccupait partout de faire des jeunes filles, avant tout, de bonnes ménagères. Cette préoccupation a été mise de côté er le résultat social est navrant.” L'école ménagère en Belgique

“ De toutes les nations contemporaiacs, la Belg'que a compris, la première, les ressources que peut donner ]}1 femme formée à la connaissance et à la pratique de ses devoirs de ménage.

Elle a pris la tête du mouvement d'éducation ménagère... Actuel:ement, les écoles ménagères fonctionnent dans toute la Belgique et je tiens à vous dire qu'un très grand nombre de ces écoles sont dirigées par les Soeurs de la Doctrine chrétienne de Nancy. Les patrons belges ont donné la main à la création de ces oeuvres et ie gouvernement a créé depuis 1891, une quinza‘ne d'écoles ménagères agricoles ayant pour but de former des fermières aotfves et intelligentes sachant diriger la basse-’our et le ménage et seconder utilement j’homme des champs dans tous ses travaux.”

L'école ménagère en Suisse

En Suisse, c'est de dix ans seulement que date le mouvement en faveur de l’enseignement ménager, mais, il a pris tout de suite un magn'fique essor grâce au zèle et à l'initiative de ‘“ La Société des Femmes Suisses”. D'accord avec le gouvernement, elle a créé des écoles pour la classe aisée, pour la c'asse laborieuse et aussi des écoles domestiques. L'école ménagère vraiment modèle de Suisse est celle de la catholique ville de Fribourg, fondée en

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1889, dans le but de rechercher tous les services que les femmes peuvent rendre dans la so’iéts. Elle comprend trois sections : 10 L'écoie normale ménagère où se forment les maîtresses aspirantes au diplôme de directrice d'écoles ménagères : 20 L'école ménagère proprement dite dont les é'èves se répartissent en trois catégories :

les jeunes filles qui se destinent à être domestiques, celles de la campagno qui s’initient au divers travaux domestiques et celles d'une classe socia'e plus relevée qui font l'apprentissage de maîtresse de maison ; 30. La pouponnière où l'on initie les jeunes les aux soins à donner À a première enfance.”

L'école ménagère: en Allemagne

“En Allemagne on a été plus lent mais, actuellement, de tous côtés on s'efforce de donner, aux ouvrières surtout, l'éducation ménagère.”

Madame Augusta Moll-Weiss, dans le “ Musée Soc'a', No du 12 décembre, 1905 ”, s'exprime ainsi au sujet de l’enseignement ménager :

“Cet enseignement post-s"olaire comprend les écoles ménagères agricoles, les écoles ménagères du soir pour les ouvrières, les simp'es écoles de cuisine... Dans les écoles ménagères agricoles les élèves occupent tour à tour les fonctions de ménagères, de fermières, de jardinières... Le programme de l'école est très comp'et : !

change selon qu'il s'adresse aux jardinières, aux ménagères où aux éleveuses. Pour les jardinières, il] comprend:

la culture des légumes, des fruits et des fleurs, !es plantes de serre, d'appartement, la décoration des pièces fermées et des vérandahs, etc. Pour les ménagères : la cuisine bourgeoise et la cuisine de luxe, la pâtisserie, jes conserves, la décoration des mets :

l'ordonnance des repas pr'és, la cuisine des ma'ades, la manière de mettre et d'orner un couvert, le blanch'ssage et le repassage, l'entretien de la

maison, la diététique, etc. Les éleveuses de petit bétail apprennent À sotgner, à élever les porcs, ‘es volailles, les abeiiles, les lapins.”

“ Toutes les élèves ensemble suivent les cours d'histoire naturelle, de physique et de chimie (dans la mesure où ces connaissances sont nécessaires à leurs travaux pratiques) : des cours de soins aux malades, de pédagogie, de droit usuel, de comptabi'ité domestique, de chant, de travaux manuels, raccommodage, couture, coupe: on leur donne aussi des indications sur la conservation des légumes et des fruits. Des lectures, des auditions mus'cales, des causeries, des conférences viennent, de façon régulière, interrompre la monotonie du travail journalier et compléter l'éducation intel'e-tuelle des jeunes travail'euses.”

L'école ménagère en France

En France, on a commencé seute ment en 1896, à s'occuper des écoles inénagères. Depuis trois ou quatre ans, grâce aux efforts de deux femmes dévouées, Madame la comtesse de Diesbach, à Paris, et mademoiselle de Rochebiilard, à Lyon, l’idée de l'école ménagère se développe. Une cinquanta'ne au moins de ces écoles fonctionnent maintenant en France.

Travail de r£actibn à faire contre le féminisme

Je crois en avoir assez dit pour démontrer que dans tous les pays, l'on désire revenir au temps où toute jeune fille était élevée dans l'idée que, que!

que soit son rang dans la sortété, son premier rôle est au foyer. On veut réagir contre le courant des idées modernes qui sort la femme de sa sphère familiale pour 'a jeter à l'atelier, À la manufacture, au bureau d'affaire et contribue à la masculiniser. Et comme ces idées ont envakl plus ou moins, scus le nom de féminisme, le sanctuatre de la famiile et y portent ‘a désorganisation, alors il fuut les combattre

par l'éducation spéciale qu'offre l'enseignement ménager. C'est cette idée qui a prévalu au congrès international d'agriculture tenu à Paris, en 1900, lorsqu'on y a rédigé le voeu suivant sur l'éducation des femmes.

“1o. Les écoles de laiterie et les écoles ménagères rurales pour les jeunes filles doivent être de plus en plus encouragées et répandues.”

“20. Comme direction, elles doivent être m...atenues dans la simplicité et dans l'esprit d'éducation fami'ia!.”

“30. La jeune fille doit être préparée À la vie de femme en la sortant le moins possible de son milieu et en le lut faisant aimer.”

“’4o. Pour former Ja femme, il faut lui conserver la mission spéciale pour laquelle elle est faite et ne pas la sortir du domaine des professions qui conviennent à son sexe ; ne pas encourager les revendications de droits dif:

térents des siens ou les empiètements sur le domaine de l’homme."

Solution du protf'ème posé

Comme toute étude d'un problème quelconque se fait toujours dans le but d'arrfver à sa solution, il nous faut, maintenant, voir si, d'après ce qui vient d'être dit au sujet de l'oeuvre des écoles ménagères, il nous est possible à nous, dans la province de Quéhec, de l'établir. Que l'on veuille b'en remarquer que je ne veux parler ici que de l’école ménagère agricole, celle destinée à former les jeunes filles de la classe agricole proprement dite, pour en faire la femme de ménage compagne dun cultivateur, dont j'ai tracé le portrait dans un paragraphe antérieur. En certains quartiers, on prétend la chose imposs'ble. A mon humble avis, l’on a tort. Je sais que l'on a à vaincre des préjugés : Préjugé de la part de nos dévoués re'igieuses qui nous disent, quelques-unes du moins, qu'elles ne sont pas formées pour donner ce genre d'éducation ; préjugé de Ja part de nos cultivateurs

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qui, en envoyant leurs filles au couvent, veulent surtout les former à s'élever au-dessus de la position ds filles de cultivateurs qu'ils estiment inférieure À celle de file de la bourgeolsie ; préjugé de la part de certains de nos éducateurs, de nos économistes qui, pour un grand nombre, pensent, assez souvent sans se l'avouer, que l'instruction doit être donnée à nos garçons et filles surtout pour les mettre en mesure de faire autre chose que des cultivateurs ou des femmes de cultivateurs. Eh bien! messieurs les missionnaires agricoles, vous me paraissez bien être les hommes les mieux placés pour combattre ces préjugés, car vous connaissez mieux que quiconque où est Ja racine du mal et, conséquemment, l'endroit où 11 faut appiiquer la cognée pour la couper. En vous livrant à ce travail, vous ne ferez d’ailleurs que continuer celui déjà fait dans ce sens par les Dames religieuse: Ursulines de Roberval, dont je parlais au commenement de cette conférence et par un prêtre dévoué dont je mentionnerai bientôt le nom. Ces pionniers de l’œuvre que je préconise ont non seulement conçu l'idée, mais aussi ont compris la difficulté de son développement. Mais, il me semble qu'ils ont trouvé le moyen de résoudre le problème. Ce que l'on craint surtout, en entreprenant la réforme que nous suggérons pour l'éducation de nos filles de cultivateurs, c'est l'empiètement sur l'ordre de choses existant.

On paraît croire que l'on veut courir sus à tous nos couvents de la campagne pour les remplacer par de nouveaux établissements créés sur d’autres bases. Il ne s’agit nullement de détruire, mais simplement de réformer. J'ai parlé plus haut de l'école ménagère de Roberval. Eh bien! ce que j'en ai dit ne comporte aucun blâme contre nos couvents de la campagne. Les religieuses de Roberval ont, elles-mêmes, un couvent où se donne un cours régulier, tel qu'on le

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trouve dans les autres couvents et elles semblent nullement songer à abolis ce cours. Ce qu'il Y aurait à blâmer, ce serait le fait des cultivateurs qui envoient leurs fil'es pour trois ou quatre ans dans ces couvents, loin de la ferme, se déshabituant de la vie ordinaîre de la famille, se désintéressant des travaux domestiques, apprenant une foule de choses qui leur font pren.

dre en dégoût ces mêmes travaux et sortant de là absolument déclassées.

Les cultivateurs qui agissent ainsi à l'égard de leurs fil'es ne sont pas plus logiques qu'ils le seraient, si, voulant faire d’un de leurs fils un forgeron, ils le mettaient en apprentissage dans une manufacture d'aiguilles, sous prétexte qu'on y travaille le fer. Soyons partisans de l'éducation de nos fils et de nos filles de cultivateurs, mais non fans des institutions où, bien qu'on {nstruise les enfants, l'on donne un genre d'instruction qui déclasse ceux des cultivateurs. J'admire les écoles de la campagne tenues par des Frères, mais, si ces bons Frères se mettaient à y enseigner le latin, le grec et les hautes sciences, comme dans les collèges classiques, je consel'lerais aux Cultivateurs de n'y pas envoyer leurs enfants, à part de ceux qu'iis destinent à Ja prétrise ou aux professions libérales, De même, dans nos couvents de la campagne, on devrait laisser beau- Coup moins de place qu'on ne le fait aux arts d'agrément pour y substituer l’enseignement ménager, laissant aux grands couvents des gros villages et des villes l'éducation qui comporte les éléments des hautes sciences et l'enseignement approfondi des arts d'agrément. De cette manière, les familles qui n'appartiennent pas à la classe agricole feraient instruire leurs enfants dans ces établissements. De leur côté, les cultivateurs seraient certains que, grâce à l'éducation donnée à leurs filles dans nos couvents de la Campagne, celles-ci, tout en sortant de JA avec une solide instruction, leur re-

viendraient tenant en haute estime l'état de leurs parents et étant toutes prêtes à en faire, e’les aussi, leur carrière.

Ce problème intéresse la classe bourgeoise

Bien que, en parlant de tout ceci, je ne m'adresse pas à la classe bourgeoise, il n’est pas oiseux de faire remarquer ici que, même parmi cette classe, l'enseignement ménager, pour ce qui concerne la partie touchant essentiel.

lement à l'économie domestique, devient de plus en pius une nécessité. On a beau avoir le moyen de se faire servir, on trouve maintenant fort malaisé de se procurer des domestiques, même à gros prix d'argent et je connais nombre de ménages bourgeois où les servantes font défaut et où l'on trouve la maison fort mal tenue et la cuisine fort mal faite parce que la mère de famille et ses filles n’y entendent rien.

Celles-1à se trouveraient fort bien d'avoir suivi un bon cours d'école ménagère. Et pourtant, je connais un médecin et un marchand qui auraient consenti à mettre leurs files dans un pensionnat dont l'excellent aménagement et le cours pratique les tentaient mais qui ne l'ont pas fait parce que les dames religieuses de l'établissement n'ont pas voulu les exempter de suivre la partie du cours concernant spécialement ‘’enseignement ménager.

Préjugé des classes moyenne et bourgeoise conire l’enseignement ménager

Ceci revient à ce que je disais plus haut, savoir que, dans certaines classes moyennes l'on tient en mépris le travail manuel et surtout le travail du cult'veteur, ce que font d'ailleurs certains cultivateurs eux-mêmes. Voici ce que je crois devoir dire à ceux-là : Vous semblez croire qu’en voulant un système spécial d'éducation pour nos filles de la campagne, nous marquons une

espèce de mépris pour la position des cultivateurs et un parti-pris de priver leurs enfants des prérogatives que semblent vouloir réserver à leurs propres enfants les riches et ceux de ce qu'on est convenu d'appeler les hautes classes. Ceux qui pensent ainsi sont dans une grande erreur, Pour bien comprendre Je problème tel qu’il se pose, il faut sortir de ces mesquines considérations dictées par un orgueil mal entendu et considérer la question fu point de vue de l'économie sociale.

L'agriculture est la mère nourricière de l'humanité. C'est le grand rôle uue le Bon Dieu lui a assigné dans le monde Partant de ce principe, on comprend que, toujours, la c'asse agricole devra être la plus nombreuse sur la terre. Cette classe étant &onc appelée à dominer par le nombre et jouant le rôle le plus prépondérant ici-bas, après celui du prêtre, étant de fait, la seconde en importanse au print de vue social, doit être à la hauteur de sa position. Pour y atteindre et s'y mainteair, elle doit donc s’instruire dans tout ce qui concerne son état = ,on gaspiller son temps et son argent à faire acquérir à ses enfant: une science inuti'e et même propre à les déclasser. Au contraire, elle doit s'attacher à diricer leur éducation vers tout ce qui peur améliorer ‘eur positions comme agriculteurs, vers tout ce qui peut élever l'agriculture À sun véritab'e niveau dans la société, la perfec*‘snner et en faire ce qu'elle est véritablement, quand elle est bien conduite, un art admirable appelé à !a haute fonction d'aider toutes les autres rlasses de l'humanité à accomplir sur la terre la mission que Dien x confié à chaque créature humaine en jui donnant la vie.

Mise en pratique d'idées émises plus haut

Je ne viens pas d'émettre idées nouve:les.

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là âes La preuve, c'est que idées cemées longtemps avant

d'avoir été énoncées ici, ont déjà germé et même produit des fruits. Ex. effet, nous avons dans notre province, deux écoles ménagères agricoles, l'une déjà mrntionnée, celle des dates religieuses Ursulines de Roberval dont l'initiative a devancé, de ce côté de l’At'antique, le mouvement européen de l'enseiznement ménager, de plusieurs années, puisqu'elle a été créée 1] y a plus da vingt-deux Ans ; l'autre, toute récente, ouverte l'an dernier, à St-Pasca', comté de Kamouraska, grâce à l'initiative, l'esprit de progrès, l'énergie, le religieux patriotisme et l'amour de ja classe agrico! qui caractérise Monseur l'abbé audet, aamirablement secondé par le dévouement des dames religieuses de Ja Congrégation de Notre Dame, auxquelles il! a confié la direction de cet établissement et puissamment aidé par le généreux octroi de notre Département de l'Agriculture provincial.

L'école ménagère de Roberval

Je transcris, ii, d’une étude que j'écrivais en 1898, sur la colonisation du Lac St-Jean, ce qui suit sur l'école ménagère de Roberval: “J'ai eu la bonne fortune d'assister à l'inauguration de cette école ménagère et j'ei encore présent à la mémoire la belle allocution faite par Mgr Lafièche, le saint et regretté évêque des ro}=-Rivières, sur la mission de la femme dans la famille et spécialement dans la famille du cultivateur et sur le rôe important que sont appelées à jouer les écoies ménagères dans l'éducation “pratique” de la jeure fie, future femme du colon et du cultiveteur. La séroraison de <ette allo=ution, faite avec l’éloquence et le feu que mettait dans tout ce qu'il diseit le vénéré prélat, étonnant de vigueur à l'âge .vancé de soixant.-dix-huit anus, était un souhaïit que tous les nombreux couvents de nos campagnes canadiennes devinsseni des écoies ménagères modelées sur celle qu'on inaugurait ce jour-là.”

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“Tout était beau, neuf, bien agencé dans cette école ménagère ; tous les départerients, la boulangerie, :a laitele, ia ruisine, l'atelier de coupe et de couture, celui de la préparation du lin, do la laine et de Ja confection des étoftes, tol'es, flanelles, etc., tout fonctionnrit et les éléments pour en assurer !o fonctionnement ne manquaient pas, non plus, puisque les révérendes Sœurs Ursulines ont une beile ferme qu'elles font cultiver e'les-mêmes sous leur d'rection immédiate et que la révérende Sœur directrice des cultures venait d'être décorée de la médailie du mérite agricole....”

“ Nous nous demandions : Mais, les cu'tivateurs vont-ils blen voir les avantages d'une pareille école ; les mères dà famiile vont-elles y envoyer leurs filles pour y apprendre à aimer :es travaux de ménage et à les bien faire ?

En bien ! La réponse est venu affirmative ; les bours?3 (libéralement fournies par notre Département de l'Agriculture provincial) sont toutes appliquées cette année, c'est-à-dire que toutes les p'aces dont on peut disposer sont prises. Bien plus, ces plares sont retenues d'avance. Nous sommes celtain, maintenant, que de cette école sortiront des essaims de jeunes filles ayant appris à lire, à écrire, à chiffrer, sachant tenir des comptes, rédiger une lettre ; ayant surtout späcialement appris à préparer un bon r:vas, à faire des- habits d'hommes et de ici:mes, À les raccommoder, à travailler le lin, :* laine, à les convertir en belles et bonnes étoffes, à prendre soin du ‘1rdin, du poulailler.”

Ces lignes sont écr:tes depuis 1898 et i) n'y a pas un mot à y changer. Ajoutons y, seu‘ement, que l'espoir d'alors se réalise tous les jours depuis. Voilà pour Roberval.

L'école ménagère de Saint-Pascal

Et, maintenant, causons un peu de St-Pascal. Mes impressions sur cette nouvelle 6:ole ménagère qui n'a encore

fonctionné qu'un an, sont toutes frafches comme elle l'est ele-même, puisqu'il ne m'a 6.6 donné de ja visiter ue tout récemment. De la bâtisse, de #on site, de son aménagenie.it, il n'y que des éloges à faire. Tout y est murqué au coin du perfectionnement moderne, à tous égards. Et, l'on va voir qu on n'y a pas perdu de temps, pendant la première année ‘4 son fonctionnement. Voici, en un tableau synoptque. ce qu'on y a ensel;né pendant j'exercice de l'année 1905-1906, terminée dernièrement.

Fa

Hygiène

Maladies contagieuses. Aïiments Connaissances des terme: les plus élémentaires employés en médecine.

Quelques médicaments usuels pour les maladies légères.

Exercice de coupe

Dessin de patrons, bas$ sur ‘e tracé géométrique exéuts à i'équerre, vêtements confe-ticnnés tant à la main qu'à la machine. Cours élémentaire de couture et de tricot.

1 er Science ménagère

Qualités et devoirs de la bonne maftresse de maso: ; ponctualits ; ordre, économie. Tenue? d'une comptabilité ménagère.

Tenue d'une maison

Détails de propreté concernant les traits principalrs pièces d'une maison :

cuisine, sa'ie à dîner, chambre à coucher.

Lingerie

Chcix des tissus. qualité et couleur. Quantité de linge à mettre en c'reulation. Confection des bis et de ia plupart des objets de literie. Raccommodage.

Blanchissage

Lessivage, amidonnage et repassage du linge,

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