‹ L'œuvre dramatique de H. BerliozChapitre 11 sur 30 · LA PARTITION · texte numérisé non relu

LA PARTITION

Troisième et quatrième partie.

C'est le soir; la retraite sonne au lointain. A la faveur du tumulte de la fête, Faust a pu s'introduire sans être vu dans la maison de Marguerite. Il est seul dans la chambre de sa bien-aimée : il admire la paix et l'innocence de celle chambre virginale; la pensée de la jeune fille et l'amour qu'elle lui inspire

calment pour une heure l'inquiétude de son âme. Peut-être va- t-il cesser de souffrir, et connaît ra-t-il le bonheur ineffable d'aimer. Tous ces sentiments trouvent leur place dans le chant de Faust : Merci, doux crépuscule; on y devine toutes les impressions d'un cœur endolori qui croit avoir trouvé l'affection et le repos... Ému, Faust laisse échapper une parole de foi reconnaissante :

Seigneur, Seig^neurl Après ce long martyre, Que de bonheur !...

Méphistophélès entre brusquement : Marguerite va venir... les clarinettes esquissent lô thème delà chanson du roi de Thulé, annonçant l'arrivée de la jeune fille. Faust se cache derrière les rideaux; Méphistophélès, en s'en allant, lui adresse un conseil ironique, et ricane à demi-voix:

Bien! mes follets et moi,

Nous allons vous chanter un bel épithalame !

les violons murmurent tout bas le thème de .la sérénade infernale qui retentira bientôt aux oreilles des deux amants. Une suave mélodie de la flûte se fait entendre sur un accompagnement de clarinettes et le trém olo des altos. C'est Marguerite qui entre, une lampe à la main, dans la chambre déjà envahie par Tobscurité ; un pressentiment vague l'oppresse, et, si elle chante, c'est pour se donner du courage. Sensations naïves et délicates, que Ton devine dans œ refrain de la flûle, dans cet andantino où frissonnent des craintes inavouées. ^'

Que Tair est étouffant!

J'ai peur comme une enfant...

Ici, nous voyons la vraie Marguerite de GoBthe, la douce jeune fille timide, hésitante au seuil de sa chambre, oùMéphistophélès vient de passer, inquiète de Tombre et du silence, et

ne pouvant comprimer les étranges battements de son cœur*. A la troisième reprise du thème, le tremolendo est exécuté par les violoncelles, ce qui lui donne une couleur plus mystérieuse.

Une fois rassurée, et se croyant bien seule dans sa chambre, Marguerite se rappelle un rêve qu'elle a eu la nuit précédente ; il n'y a guère qu'un mot qui détonne ici, c'est Texpression : Mon futur amant... Naïvement la jeune fille s'écrie... Qu'il était beau! et, dans l'orchestre, une phrase passioûnée s'élève...

sublime divination dont l'effet sea^etrouvera, précisé, au milieu de l'air célèbre de la quatrième partie : Sa marche que f admire.

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