La représentation eut lieu le 3 septembre
106 L*(£nVR£ DRAMATIQUE DE BERLIOZ.
sont telles, qu'il n'y a rien dans tout le répertoire que Ton puisse lui comparer à ce point de vue. La critique du temps trouva Topera de Berlioz scandaleusement révolutionnaire, et prétendit que l'auteur avait outré ses défauts, exagéré ses audaces et son mépris des traditions. La chute de Tœuvre fut complète : on siffla, on hurla; les musiciens de l'orchestre jouaient tout autre chose que leurs parties respectives; les chanteurs se firent un plaisir de massacrer leurs rôles, et le public de les interrompre par les manifestations les plus inconvenantes et les plus odieuses. Berlioz s'illusionnait quelque peu sans doute en déclarant sa partition moins excentrique et plus large que du Wefter; mais, bien qu'on y puisse signaler des pages faibles, Benvenuto Cellini en contient beaucoup d'autres qui sont vraiment belles, fortement écrites, pleines de puissance et d'intérêt.
BENYENUTO CELLINI. 109
L'ouverture, en sol majeur y est simplement admirable. Bien composée, très dramatique, très vivante surtout, elle a été qualifiée de chef-d'œuvre parles musiciens allemands. Elle commence par un élan rapide, net, impétueux : allegro decisOj qui personnifie le caractère libre et hardi, débordant de passion et dejoyeuseaudace, que le livret de la partition, conforme d'ailleurs à l'histoire, prête à Benvenuto Gellini*. Ce motif traverse toute l'ouverture, développé avec richesse , nuancé de tous les sentiments de Cellini, tendresse ardente, résolution énergique, transports superbes et irrésistibles. Nous la retrouverons, comme un « thème conducteur > de Wagner, dans l'opéra tout entier, reconnaissable, malgré d'habiles modifications, soit à des lambeaux du dessin mélodique, soit à son rythme si vif et si fier.