‹ L'œuvre économique de L. WolowskiChapitre 2 sur 25 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

L'ouvrage {|iie nous livrons ;« la piiblicilé est le même pour lequel l'Académie des Sciences morales et politiques a daigné nous accorder une médaille, dans le concours de 1879, pour le prix Léon Faucher.

On ne pouvait en clioisir un sujet plus conforme aux vues des fondateurs de ce prix, qui furent unis a Wolowski, par la parenté, l'alliance et la plus constante affection, ni de plus digne du but auquel doit tendre l'Académie.

Wolowski est un exemple illustre et fécond.

Comme économiste et professeur, comme publiciste et conférencier, comme membre de nos législatures, surtout pour les dernières années, il a joué un rôle considérable dans les affaires du pays et puissamment laissé l'empreinte de son esprit chercheur, de sa main active, dans le mouvement commercial, dans les ins- '.itutions financières, qui constituent lun des caractères saillants, comme l'une des causes de la grandeur de la France, au milieu de lEurope moderne.

C"<st ce que nous avons montré dans l'étude qu on va liie et où nous avons successivement analysé les }>ublications de AYolowiki et ses discours à la tribune, tout en consacrant un chapitre à la fondation du

Crédit Foncier de France, qu'on peut regarder comme son œuvre aussi.

C'est ce que nous avons mis en lumière dès la notice I)iographi(jue dont nous avons fait précéder celte longue étude.

Le rapporteur de l'Académie des Sciences morales et politiques nous a fait un double grief, au sujet de cette biographie, de ce qu'elle est trop courte et contient quelques renseignements peu exacts.

A ce dernier égard, nous avons eu soin de nous mettre en rapport avec la famille, grâce aux. bienveillantes communications de laquelle nous sommes tranquille, à présent. Quant au surplus, en donnant pour sujet du concours : 'La Vie ei. le& travaux de L. Woloioski, TAcadémie, a bien indiqué le vœu de rencontrer plus de proportion entre les deux sections des mémoires produits que n'en offrait le nôtre. Mais il nous a paru que la seconde partie, l'étude de l'œuvre économique et législative de Wolowski est, en réalité, bien plus importante que celle de sa vie privée.

Ses amis, ses collègues, peuvent attacher un grand prix aux travaux biographiques dont cette heureuse et honorable existence serait l'objet ; l'Académie a pu s'inspirer de ce sentiment, et nous n'aurions garde de critiquer un jugement à la fois bienveillant pour nous et conforme aux affections des fondateurs du prix Léon Faucher ; mais, dans le travail que nous livrons à la publicité et dont nous sommes maître, nous avons suivi nos vues personnelles.

Il nous semble qu'au [)oint cîe vue du public, du pays et de la postérité, le grand intérêt d'un travail consacre à l'économiste, au législateur, dont Tlnstitut s'est attaché à bon droit à perpétuer le nom, c'est l'étude de ses travaux: et non celle de sa vie.

La personne privée, du vivant d'un boniuie, domine son œuvre j et relîace même bien souvent. Quand il est mort et l\ mesure qu'on s'éloigne de l'époque où s'est passée cette vie, elle perd de son intérêt ; l'œuvre seule, si elle en vaut la peine, survit, attire l'attention et fiîwc l'étude.

Les Allemands ont un proverbe, c'est ({ue les arbres empêchent de voir la forêt.

Un peuplier est aussi haut qu'une montagne, pour le voyageur (jui passe près de lui. Bientôt l'arbre perd de son relief, s'eflace et la montagne seule domine toujours l'horizon.

Il en est de même de la vie et des actes des grands honmies. Tout le monde connaît l'œuvre de Justinien, et qui se soucie de savoir dans quelle mesure i^rocope a pu faire tort à sa personne?

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