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œuvre. Il semblait la voir pour la première fois, il
d’idole hindoue. On le disait fils d’un vétérinaire des environs d'Amiens. À quarante-cinq ans, ilétait déjà l'auteur de vingt chefs-d’œuvre, des statues simples el vivantes, de la chair bien moderne, pétrie par un ouvrier de génie, sans raffinement; et cela au hasard de la production, donnant ses œuvres comme un Champ donne son herbe, bon un jour, mauvais le lendemain, dans l'ignorance absolue de ce qu'il créait. Il poussait le manque de sens critique jusqu’à ne pas faire de distinction, entre les fils les plus glorieux de ses mains, et les détestables magots qu'il lui arrivait de bâcler parfois. Sans fièvre nerveuse, sans. un doute, toujours solide et convaincu, il avait un orgueil de dieu.
— Étonnant, le Semeur! murmura ee et
quelle bâtisse, et quel gestel
Fagerolles, qui n'avait pas regardé la statue, s'amusait beaucoup du grand homme et de la queue de | jeunes disciples béants, qu'il traînait d’ ordinaire. à sa suite.
— Regardez-les donc, ils communient, ma parole! Et lui, hein ? quelle bonne tête de brute, transfigurée dans la contemplation de son nombril !
Seul et à l'aise au milieu de la cüriosité de tous, Chambouvard s’ébahissait, de l'air foudroyé d'un. homme qui s'étonne de enfanté une Rene.