‹ L'œuvreChapitre 50 sur 68 · PET PANNE ET TNT · texte numérisé non relu

PET PANNE ET TNT

de tortures, une vie usée au dur labeur de l'entan-tement, el ça, et ça, mon Dieu!

Sandoz, près de lui, reconnut Claude. Une fra ternelle émotion fit trembler sa voix. | — Comment ! tu es venu ?... Pourquoias-tu refusé

de passer me DÉS Le peintre ne s’excusa mème pas. Il semblait tre | fatigué, sans révolte, frappé ax une stnpeur douce gt sommeillante. s — Allons, ne reste pas là. Il est midi sonné, tu vas déjeuner avec moi... Des gens m'attendaient chez Ledoyen. Mais je les lâche, descendons au buffet, cela nous rajeunira, n'est-ce pas ? vieux! . ss Et Sandoz l’emmena, un bras sous le sien, le serrant, le réchauffant, tâchant de le tirer de son Se lence morne. TS — Voyons, sapristil il ne faut pas te ML de la sorte. Ils ont beau l'avoir mal placé, ton tableau est superbe, un fameux morceau de peintre! Oui, je sais, tu avais rêvé autre chose. Que diable! tu n'es pas mort, ce sera pour plus tard. Et, regarde! tu devrais être fier, car c’est toi le véritable triomphateur du Salon, cette année. Il n'y a pas que Fagerolles qui te pille, tous maintenant t'imitent, j tu les as révolutionnés, depuis ton Plein air, dont … ils ont tant ri... Regarde, regarde! en voilà encore un de Plein air, en voilà un autre, et ici, et Ja-bas, tous, tous ! | FER De la main, au travers des salles, il désignait des à toiles. En effet, le coup de clarté, peu à peu introduit dans la peinture contemporaine, éclatait enfin. L’an- à cien Salon noir, cuisiné au bitume, avait fait place à un Salon ensoleillé, d'une gaieté de printemps 5 C'était l’aube, le jour nouveau qui avait lrpase jadis

ce

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r'au Salon des Refusés, et qui, à cette heure, grandissait, rajeunissant les œuvres d'une Fra fine,

- diffuse, décomposée en nuances infinies. Partout, ce à bleuissement se retrouvait, jusque dans les portraits et dans les scènes de genre, haussées aux dimensions - et au sérieux de l’histoire. Eux aussi, les vieux sujets

: no pue s'en étaient allés, avec les jus recuits . de là tradition, comme si la doctrine condamnée

HE … emportait son peuple d'ombres; les imaginations . devenaient rares, les cadavéreuses nudités des my- | hologice et du catholicisme, les légendes sans foi, les anecdotes sans vie, le bric-à-brac de l'École, usé par des générations de malins ou d'imbéciles; et, chez EL. les attardés des antiques receltes, même chez les

maîtres vieilhs, l'influence était évidente, le coup de

soleil avait passé là. De loin, à chaque pas, on voyait un tableau trouer le mur, ouvrir une fenêtre sur le … dehors. Bientôt, les murs tomberaient, la grande ; mature entrerait, car la brèche était large, l'assaut avait emporté la routine, dans cette gaie bataille de à émérite et de jeunesse.

— Ah! ta part est belle encore, mon vieux ! continua Sandoz. L'art de demain sera le tien; tu les as tous faits. ; |

Claude, alors, desserra les dents, dit très bas, avec

une brutalité sombre :

— Qu'est-ce que ça me fout de lee avoir faits, bd si je ne me suis pas fait moi-même?.. Vois-tu, c'était De trop gros pour moi, et c’est ça qui m'étouffe.

D'un geste, il acheva sa pensée, son impuissance à être le génie de la formule qu'il apportait, son tour- ment de précurseur qui sème l'idée sans récolter la gloire, sa désolation de se voir volé, dévoré par des bâcleurs de besogne, toute une nuée de gaillards

Le.

souples, éparpillant leurs efforts, encanaillant l'art

nouveau, avant que-lui ou un autre ait eu la force de

planter le chef-d'œuvre qui daterait cette fin de

siècle.

Sandoz protesta, l’avenir restait libre. Puis, pour :

le distraire, il l'arrêta, en traversant le 7 d'hon- &

neur.

— Oh! cette dame en bleu, devant ce portrait! Quelle claque la nature fiche à la peinture !... Tu

te souviens, quand nous regardions le public autre- .

fois, les toilettes, la vie des salles. Pas un tableau ne tenait le coup. Et, aujourd’hui, il y en a qui ne se démolissent pas trop. J’ai même remarqué, là-bas,

un paysage dont la tonalité jaune éteignait complè-

tement les femmes qui s'en approchaient.

Mais Claude eut un trees d'indicible souf-

france.

— Je t'en prie, allons-nous-en, emmène-moi.. .Je

n’en puis plus.

Au buffet, ils eurent toutes les peines du Miosde à 2 trouver une table libre. C'était un étouffement, un

empilement, dans le vaste trou d'ombre, que des draperies de serge brune ménageaient, sous les travées | du haut plancher de fer. Au fond, à demn noyés de ténèbres, trois dressoirs étageaient symétriquement …

leurs compotiers de fruits ; tandis que, plus en avant, occupant les comptoirs de droite et de gauche, deux dames, une blonde, une brune, surveillaient la mêlée, d’un regard militaire : et, des profondeurs obscures de cet antre, un flot de petites tables de marbre, une marée de chaises, serrées, enchevêtrées, moutonnait, s’enflait, venait déborder et s'étaler jusque dans … le jardin, sous la grande clarté pâle qui tombait des

vitres.

FR I A nr Vis

Enfiu, Sandoz vit des personnes se lever. Il s'é-

lança, il conquit la table de haute lutte, au milieu

du tas.

— Ah! fichtrel nous y sommes... Que voue tu manger ?

Claude eut un geste insouciant. Le déjeuner d’ailleurs fut exécrable, de la truite amollie par le courtbouillon, un filet desséché au four, des asperges sentant le linge humide; et encore fallut-il se battre pour être servi, car les garçons, bousculés, perdant

la tête, restaient en détresse dans les passages trop étroits, que le flux des chaises resserrait toujours,

jusqu’à les boucher complètement. Derrière la draperie de gauche, on entendait un tintamarre de casseroles et de vaisselle, la cuisine installée là, sur le sable, ainsi que ces fourneaux de kermesse qui cam-

.pent au plein air des routes.

Sandoz et Claude devaient manger de biais, étran-

glés entre deux sociétés, dont les coudes peu à peu entraient dans leurs assiettes ; et, chaque fois que

… passait un garçon, il ébranlait les chaises d’un violent coup de hanche. Mais cette gêne, ainsi que l’abo- . minable nourriture, égayail. On plaisantait les plats,

une familiarité s’établissait de table à-table, dans la commune infortune qui se changeait en partie de plai-

sir. Des inconnus finissaient par sympathiser, des

amis soutenaient des conversations à trois rangs de distance, la tête tournée, gesticulant par-dessus les

épaules des voisins. Les femmes surtout s’animaient,

. d’abord inquiètes de cette cohue, puis se dégantant,

relevant leurs voilettes, riant au premier doigt de vin pur. Et ce qui était le ragoût de ce jour du vernis-

sage, c'était justement la bromiscuité où se cou-.

doyaient 1à tous les mondes, des filles, des bourfa 34,

geoises, de grands artistes, de simples imbéciles, une.

rencontre de hasard, un mélange dont le louche imprévu allumait les yeux des plus honnêtes.

Cependant, Sandoz, qui avait renoncé à finir sa viande, haussait la voix, au milieu du terrible vacarme des conversations et du service. ae

— Un morceau de fromage, hein ?... Et tächons d’avoir du café.

Les yeux vagues, Claude n’entendait pas. Il regardait dans le jardin. De sa place, il voyait le massif central, de grands palmiers qui se détachaient sur les draperies brunes, dont tout le pourtour était orné. Là, s’espaçait un cercle de statues : le dos d’une fau-

nesse, à la croupe enflée; le joli profil d’une étude.

de jeune fille, une rondeur de joue, une pointe de

petit sein rigide ; la face d’un Gaulois en bronze, une

colossale romance, irritante de patriotisme bête; le ventre laiteux d'une femme pendue par les poignets, quelque Andromède du quartier Pigalle ; et d'autres, d'autres encore, des files d'épaules et de hanches qui suivaient les tournants des allées, des fuites de blancheurs au travers des verdures, des têtes, des gorges, des jambes, des bras, confondus et envolés dans

l'éloignement de la perspective. À gauche se perdait

une ligne de bustes, la joie des bustes, l’extraordi-

naire comique d’une enfilade de nez, un prêtre à nez. …

énorme et pointu, une soubrette à petit nez retroussé, une Italienne du quinzième siècle au beau nez classique, un matelot au nez de simple fantaisie, tous les nez, le nez magistrat, le nez industriel, le nez qécosés immobiles et sans fin. |

Mais Claude ne voyait rien, ce n'étaient que des re taches grises dans le jour brouillé et verdi. Sa stu-

peur continuait, il eut une ue sensafom, le A

2 sa

DOS TANT" var PPR)

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A. Dés ou

luxe des toilettes, qu'il avait mal jugé au milieu de la poussée des salles, et qui là se développait librement, ainsi que sur le gravier de quelque serre de

château. Toute l'élégance de Paris défilait, les fem-

mes venues pour se montrer, les robes méditées,

destinées à être dâns les journaux du lendemain. On regardait beaucoup une actrice marchant d’un pas de

reine, au bras d’un monsieur qui prenait des airs

. complaisants de prince époux. Les mondaines avaient

des allures de gueuses, toutes se dévisageaient de ce

lent coup d'œil dont elles se déshabillent, estimant

la soie, aunant les dentelles, fouillant de la pointe des bottines à la plume du chapeau. C'était comme un salon neutre, des dames assises avaient rapproché leurs chaises, ainsi qu'aux Tuileries, uniquement

occupées de celles qui passaient. Deux amies hâtaient le pas, en riant. Une autre, solitaire, allait et reve-

nait, muette, avec un regard noir. D’autres encore,

- quis’étaientperdues, seretrouvaient, s’exclamaientde l'aventure. Et la masse mouvante et assombrie des

hommes stationnait, seremettaiten marche, s’arrêtait en face d’un marbre, refluait devant un bronze ; tandis que, parmi les rares bourgeois égarés là, circulaient des noms célèbres, tout ce que Paris comptait d'’illus-

trations, le nom d’une gloire retentissante, au passage :

d'un gros monsieur mal mis, le nom ailé d’un poète,

Bu x l'approche d’un homme blême, qui avait la face

plate d’un portier. Une onde vivante montait de cette foule dans la lumière égale et décolorée, lorsque,

brusquement, derrière les nuages d'une dernière averse, un coup de soleil enflamma les vitres hautes, . fit resplendir le vitrail du couchant, plut en gouttes

d’or, à travers l’air immobile: et tout se chauffa, la

neige des statues dans les verdures luisantes, les pe-

FRONT TRANS" < pen

louses tendres que découpait le sable jaune des allées, les toilettes riches aux vifs réveils de satin et de perles, les voix elles-mêmes, dont le grand murmure nerveux et rieur sembla pétuller comme une claire flambée de sarments. Des jardiniers, en train d'achever la plantation des corbeilkes, tournaïient les robinets des bouches d'arrosage, promenaiïent des arrosoirs dont la pluie s’exhalait des gazons trempés, en une fumée tiède. Un moineau très hardi, descendu des charpentes de fer, malgre le monde, piquait le sable devant le buffet, mangeant les miettes de pain qu'une jeune femme s’amusait à lui jeter.

Alors, Claude, de tout ce tumulte, n’entendit au loin que le bruit de mer, le grondement du publie roulant en haut, dans les salles. Et un souvenir lui revint, il se rappela ce bruit, qui avait soufflé en ouragan devant son tableau. Mais, à cette heure, on ne riait plus : c'était Fagerolles, là-haut, que l'haleine géante de Paris acclamait.

Justement, Sandoz, qui se retournait, dit à Claude :

— Tiens! Fagerolles! sf

En effet, Fagerolles et Jory, sans les voir, venaient de s'emparer d’une table voisine. Le dernier Conti-. nuait une conversation de sa an. YOIX. L

— Oui, j'ai vu son enfant crevé. Ah! le pauvre bougre, quelle fin! +

Fagerolles lui donna un coup de coude: et, tout de suite, l’autre, ayant aperçu les deux camarades, ajouta : ‘ Ve

— Ah! ce vieux Caddele cast Ya, Sr. + 4 Tu. sais que je n'ai pas encore vu ton tableau. Joe % on m'a dit que c'était superbe: | ;

— Superbe! appuya Fagerolles.

Ensuite, il s’étonna.

— Vous avez mangé ici, quelle idée! on y est si mal! Nous autres, nous revenons de chez Ledoyen. Oh! un monde, une bousculade, une gaieté! Approchez donc votre table, que nous causions un peu.

On réunit les deux tables. Mais déjà des flatteurs, des solliciteurs relançaient le jeune maître triomphant. Trois amis se levèrent, le saluèrent bruyamment de loin. Une dame tomba dans une contemplation souriante, lorsque son mari le lui eut nommé. à l'oreille. Et le grand maigre, l'artiste mal placé qui ne dérageait pas et le poursuivait depuis le matin,

quitta une table du fond où il se trouvait, accourut

de nouveau se plaindre, en exigeant la cimaise, im-

médiatement.

— Eh! fichez-moi la paix! finit par crier Fagerolles, à bout d'amabilité et de patience.

À Puis, lorsque l’autre s’en fut allé, en mâchonnant de sourdes menaces :

— C'est vrai, on a beau vouloir être obligeant, ils __ vous rendraient enragés!... Tous sur la cimaise! des - lieues de cimaisel.. Ah! quel métier que d’être du jury! On s’y casse les jambes et l’on n’y récolte que des haines!

#4 De son air accablé, Claude le regardait. Il sembla À s’éveiller un instant, il murmura d’une langue pâ- D. -tense :

Lx — Je t'ai écrit, je voulais aller te voir pour ter r'e- __ mercier... Bongrand m'a dit la peine que tu as eue.

Merci encore, n'est-ce pas?

ne Mais Fagerolles, vivement, l'interrompit.

Ë “— Que diable! je devais bien ça à notre vieille amitié... C’est moi qui suis content de t'avoir fait ce plaisir. |

Et il av ue cet embarras qui le reprenait toujours

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devant le maître inavoué de sa jeunesse, cette sorte

d’'humilité invincible, en face de l’homme dont le

muet dédain suffisait en ce moment à gâter son

triomphe.

— Ton tableau est très bien, ajouta Claude lente-

ment, pour être bon et courageux.

Ce simple éloge gonfla le cœur de Fagerolles $,

d’une émotion exagérée, irrésistible, montée il ne savait d’où; et le gaillard, sans foi, brûlé à toutes les farces, répondit d’une voix tremblante:

— Ah! mon brave, ah! tu es gentil de me dire ça! Sandoz venait enfin d'obtenir deux tasses de café,

et comme le garçon avait oublié le sucre, il dut se contenter des morceaux laissés par une famille voi-

sine. Quelques tables se vidaient, mais la liberté avait grandi, un rire de femme sonna si haut, que

toutes les têtes se retournèrent. On fumait, une lente vapeur bleue s’exhalait au-dessus de la déban-

dade des nappes, tachées de vin, encombrées de … vaisselle grasse. Lorsque Fagerolles eut également

réussi à se faire apporter deux chartreuses, il se mit

à causer avec Sandoz, quil ménageait, devinant là une force. Et Jory, 10 s'empara de Gr rede- |

venu morne et silencieux.

. — Dis donc, mon cher, je ne t'ai pas envoyé de. : lettre, pour mon mariage. Tu sais, à cause de notre position, nous avons fait Ça entre nous, sans personne. Mais, tout de même, j'aurais voulu te pré-

venir. Tu m'excuses, n'est-ce pas?

Il se montra expansif, donna des détails, heureux de vivre, dans la joie égoïste de se sentir gras et

victorieux, en face de ce pauvre diable vaincu. Tout

lui réussissait, disait-il. Il avait lâché la chronique,

flairant la nécessité d'installer sérieusement sa vie;

puis, il s'était haussé à la direction d’une grande revue d'art; et l’on assurait qu'il y touchait trente mille francs par an, sans compter tout un obscur trafic dans les ventes de collections. La rapacité bourgeoise qu'il tenait de son père, cette hérédité du gain qui l’avait jeté secrètement à des spéculations infi- - mes, dès les premiers sous gagnés, s'étalait aujour- . d'hui, finissait par faire de lui un terrible monsieur saignant à blanc les artistes et les amateurs qui lui tombaient sous la main.

| Et c'était au milieu de cette fortune que Mathilde, toute-puissante, venait de l’amener à la supplier èn pleurant d’être sa femme, ce qu’elle avait fièrement refusé pendant six mois.

— Lorsqu'on doit vivre ensemble, continuais:it, le mieux est encore de régler la situation. Hein? toi qui as passé par là, mon cher, tu en sais quelque chose... Si je te disais qu’elle ne voulait pas, oui x Ç par crainte d'être mal jugée et de me faire du tort. . Oh! une âme d’une grandeur, d’une délicatesse!.… Non, vois-tu, on n’a pas idée des qualités de cette femme-là. Dévouée, toujours aux petits soins, économe, et fine, et de bon conseil... Ah! c’est une rude de chance que je l’aie rencontrée! Je n’entreprends plus rien sans elle, je la laisse Rners elle mène tout, ma parole!

La vérité était que Mathilde avait achevé de le ré- duire à une obéissance peureuse de petit garcon, que la seule menace d’être privé de confiture rend sage. Une épouse autoritaire, affamée de respect, dévorée d’ambition et de lucre, s'était dégagée de l'ancienne .. goule impudique. Elle ne le trompait même pas, 3 d’une vertu aigre de femme honnête, en dehors des 4 HSE d’ autrefois, qu'elle avait gardées avec Ju:

RD LS ie Dr à +

seul, pour en faire l'instrument conjugal de sa puis-

sance. On disait les avoir vus côommunier tous les deux à Notre-Dame de Lorette. Ils s’embrassaient devant le monde, ils s’appelaient de petits noms tendres. Seulement, le soir, il devait raconter sa journée, et si l'emploi d'une heure restait louche, s’il

ne rapportait pas jusqu'aux centimes des sommes qu'il touchait, elle lui faisait passer une telle nuit, à

le menacer de maladies graves, à refroidir lelit de

ses refus dévots, que, chaque fois, il achetait plus chèrement son pardon.

— Alors, répéta Jory, se complaisant dans son histoire, nous avons attendu la mort de mon père, et je l’ai épousée.

Claude, l'esprit perdu jusque-là, hochant la. tête

sans écouter, fut seulement frappé par la dernière

phrase. | — Comment, tu l'as épousée?... Mathilde!

Il mit dans celte exclamation son étonnement de

l'aventure, tous les souvenirs quiluirevenaient de la boutique à Mahoudeau. Ce Jory, il l’entendait encore

parler d'elle en termes abominables, il se rappelait

ses confidences, un matin, sur un trottoir, des orgies

romantiques, des horreurs, au fond de l'herboriste-

rie empestée par l’odeur forte des aromates. Toute la

bande y avait passé, lui s'était montré plus insultant “

que les autres, et il l'épousait! Vraiment, un homme

était bête de mal parler d’une maîtresse, même de .

la plus basse, car il ne savait jamais s'il ne l'épouse-

rait pas, un Jour.

— Eh! oui, Mathilde, répondit l’autre souriant. À Va, ces itiés maitresses, ça fait encore les meilleu-

‘res femmes.

Il était plein de sérénité, la mémoire morte, sans

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