‹ L'œuvre Scolaire Du Dr Kerschensteiner A MunichChapitre 11 sur 38 · LOUE · texte numérisé non relu

LOUE

$ II. Deuxième Étape.

Pour franchir la deuxième étape, pour faire éclore dans l'âme des élèves les germes de l’altruisme, il faut, dit le Dr Kerschensteiner, « organiser l’école dans l’esprit d’une communauté de travail» (1), c’est-à-dire y introduire le travail en commun, tel qu’il existe dans la société. A l’école primaire, on peut déjà donner aux enfants des occupations communes dans des ateliers, des laboratoires ou des jardins.

Aux partisans d’un enseignement scientifique purement théorique le DT Kerschensteiner répond avec une grande justesse : « Que diraient ces pédagogues, d’un patron menuisier qui, pour instruire son apprenti, lui ferait journellement des discours sur les diverses sortes de bois, les outils et les machines, se contenterait d'exécuter les travaux devant lui avec application, raboterait, scierait, collerait des planches sous ses yeux, lui donnerait chaque jour à apprendre par cœur, à la maison, quelques paragraphes d’un manuel de menuiserie, lui ferait faire tous les mois une composition sur l'importance de la raboteuse, la préparation d’une bonne colle, la fabrication d’une garderobe, etc., puis, à l’examen d’apprentissage, le nommerait compagnon, parce que cet apprenti saurait tout ce qu'il pouvait apprendre par cœur pendant ses trois années d'apprentissage? On n’a qu’à considérer cet exemple, pour le trouver du plus haut comique. Et pourtant, c’est exactement la méthode que nous employons aujourd’hui pour enseigner dans nos écoles la physique, la chimie, la zoologie, la botanique et la minéralogie. » (2)

Le DT Kerschensteiner ne demande pas qu’on organise

(1) G. KERSCHENSTEINER. Begriff der Arbeitsschule, page 29. (2) G. KersCHENSTEINER. Grundfragen der Schulorganisation, page 65.

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des travaux manuels pour tous les enseignements. Ce serait une exagération fâcheuse et il n’a garde d’y tomber. Il serait ridicule, pense-t-il, d'appliquer le modelage, par exemple, à l’enseignement de l’histoire. Les connaissances qui s’appuient sur des faits conservés par la tradition ne sont susceptibles que d’une acquisition intellectuelle, Le travail manuel n’a de valeur réelle que dans les matières où les conceptions naissent de faits fournis par l'expérience actuelle. ; |

Le Dr Kerschensteiner prévoit une objection contre le travail en commun : on pourrait soutenir qu’à l'atelier ou au laboratoire les élèves les plus capables deviendront les chefs et que les autres se contenteront de suivre les premiers. — Mais, répond-il, n’est-ce pas là ce qui se passe dans l’existence réelle? L’école sera une image de la société et préparera les élèves à la vie pratique. De plus, elle aura la tâche de remédier au mal signalé : elle enseignera aux

chefs à se dévouer au service des faibles, s’efforcera de leur

inspirer des sentiments altruistes et commencera ainsi leur éducation civique.

Mais ce ne sera encore là qu’une éducation préparatoire, car les enfants des écoles primaires n’ont pas assez de maturité d’esprit pour comprendre la vie sociale. Ils acquerront simplement des habitudes de dévouement à la collectivité de leurs camarades, habitudes qu’il faudra développer plus tard à l’école de perfectionnement.

C’est dans cette dernière surtout que les exercices en commun, dans les laboratoires et les ateliers, seront fréquents et auront une grande valeur éducative. Les maîtres chargés des travaux manuels seront de bons artisans ayant reçu des notions de pédagogie. L'élève recevra leur influence bien plus facilement que celle d’un professeur d’exercices pratiques. En effet, quand il verra un ouvrier ou un patron, dont il doit devenir un concurrent, appliquer tous ses efforts

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