LV AUS
à faire de lui son égal, quand il constatera que toute une corporation s'intéresse à sa personne, l’idée et le sentiment de la solidarité sociale naîtront en lui avec vigueur.
Ce sentiment sera aussi provoqué par sa collaboration même avec ses camarades. Pour le faire comprendre, le Dr Kerschensteiner prend l’exemple suivant : « Soit une classe de 48 jeunes gens. Nous la divisons en huit groupes de six élèves ou mieux en douze groupes de quatre. Un de ces groupes est chargé de faire une recherche expérimentale, par exemple la détermination du poids spécifique du plomb. L’un des quatre élèves s’occupe du bassin de la balance, l’autre fait la tare avec soin et lit le poids, le troisième contrôle et assiste le premier, le quatrième joue le même rôle auprès du second, aussi bien pour observer que pour faire les calculs. Dès qu’une valeur des constantes est trouvée, les quatre élèves changent de rôle et en calculent une deuxième, puis, suivant les circonstances, d’après le temps dont ils disposent et leur habileté, une troisième et une quatrième. La moyenne arithmétique donne la valeur définitive. Il est évident que déjà à l’intérieur des groupes le travail en commun peut épanouir sa force éducative. Le plus capable aide le moins doué; l’ambition personnelle de l'élève désireux de donner les constantes justes doit se surbordonner à l’ambition du groupe; le sentiment de la responsabilité personnelle s’éveille, mais s’applique à la part que l’élève prend au résultat du travail commun; la satisfaction du succès, la déception de l’échec cessent d’être purement personnels; la fierté court ainsi moins de danger de se transformer en présomption et la déception en découragement. Le maître qui sait utiliser comme il faut ce mode d'éducation, peut facilement accentuer cette influence en unissant convenablement les recherches des douze groupes d'élèves pour donner la valeur définitive des constantes. L'esprit de la classe s’éveille pour la poursuite collective