‹ L'œuvre Scolaire Du Dr Kerschensteiner A MunichChapitre 13 sur 38 · APR · texte numérisé non relu

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d’un but serieux, et c’est un précieux commencement pour l'éducation du dévouement. » (1)

C'est en organisant ainsi le travail en commun, qu’on développera les quatre « racines du caractère intelligible » dans le sens des vertus altruistes.

$ III. Troisième Étape.

S’efforcer d’éveiller l’esprit de sacrifice au moyen du travail en commun, c’est tout ce que l’école primaire peut faire pour l’éducation civique de ses élèves. Ces derniers, manquant de maturité d’esprit, ne sont guère capables — avons-nous dit — que de contracter de bonnes habitudes.

Il en va tout autrement des écoles du degré moyen, à quelque catégorie qu’elles appartiennent, et des écoles de perfectionnement. On peut y donner, à côté de l’éducation civique reposant sur le travail en commun, l’énstruction civique proprement dite. Le but de celle-ci sera de « faire passer les vertus du domaine de l’habitude dans celui de l’entendement. » (2) Dans les hautes écoles, cet enseignement pourra se rattacher à celui de l’histoire. «Il y a dans nos lycées, affirme le D' Kerschensteiner, des professeurs — j'en ai connu quelques-uns — dont la chaleur communicative, issue d’une conviction profonde, fait de chaque leçon d'histoire un enseignement de devoirs au service de la patrie. » (3) Cette méthode ne pourra se répandre, que si l’on réduit l’étendue des programmes, afin de les approfondir suffisamment pour qu'ils agissent sur la volonté au

(1) G. KerscHENSTEINER. Der Begrifj der staatsbürgerlichen Erziehung, page 54 sq. PE

(2) G. KERSCHENSTEINER. Grundfragen der Schulorganisation. page 19.

(3) G. KersoHENSTEINER. Der Begriff der staatsbürgerlichen Erate-

hung, page 44.

Le

= EÔ — lieu d’effleurer l’âme. Grâce à cette réduction, le professeur pourrait indiquer à ses élèves des ouvrages à lire chez eux; il pourrait aussi leur faire élaborer en commun, dans une libre discussion, un tableau très vivant de quelque grande époque.

Dans les écoles de perfectionnement, l’instruction civique s’appuiera sur l’histoire de la profession exercée par l’élève (1).

Les apprentis peu capables d’abstraction seront surtout influencés par le travail en commun tel qu’il a été décrit au SIT.

Quant aux jeunes gens réfractaires à ces efforts, il faudra tâcher de les gagner par diverses œuvres offrant un intérêt social et dont ils pourront tirer des avantages matériels. Chez tous, d’ailleurs, le sentiment de la solidarité sociale serait fortifié dans une très large mesure par leur activité dans les associations qui se développeraient autour de l’école : mutualités scolaires administrées par les élèves eux-mêmes, bibliothèques, sociétés de gymnastique, ete.

Ainsi, grâce à l'éducation des quatre « racines du caractère intelligible », fondée sur les intérêts professionnels, c’est-à-dire sur lPégoïisme des jeunes gens, poursuivie et orientée vers l’altruisme par le travail en commun et les méthodes concrètes de l’«Arbeïtsschule », puis couronnée par l'instruction civique proprement dite, les jeunes gens apprendront à devenir de bons citoyens, animés de l'esprit de dévouement et décidés à contribuer pour leur part à la transformation de la collectivité nationale en une collectivité morale.

(1) Nous donnerons plus loin (pages 70 sq.) quelques explications à ce sujet.

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