‹ L'œuvre Scolaire Du Dr Kerschensteiner A MunichChapitre 16 sur 38 · CRU · texte numérisé non relu

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saisir certaines formes et, peu à peu, ils apprennent à ge rendre maîtres des mouvements de leur main, sans qu’ils soient contraints de s’exercer dès le début à reproduire des lettres trop compliquées pour eux.

Un peu plus tard, les enfants utilisent les caractères en bois que chacun d’eux possède dans une boîte. Celle-ci a été spécialement fabriquée à cet usage sur un modèle établi par M. Schmid, inspecteur des écoles municipales de Munich et principal collaborateur du Dr Kerschensteiner.

Après avoir écouté la description d’unelettre et des mouvements à exécuter pour l'écrire, ils saisissent le modèle qu’ils ont dans leur boîte, le tâtent à leur aise, s’exercent à l’imiter avec le doigt sur une ardoise non quadrillée ou sur une feuille absolument blanche; jusqu’à ce que leur doigt se meuve couramment. Puis ils reproduisent cette lettre sur le vaste tableau noir qui s’allonge sur trois des paroïs de la classe; enfin, après la correction générale, ils utilisent l’ardoise ou le cahier.

Les exercices de lecture sont indissolublement liés à ceux d'écriture et alternent avec eux : la maîtresse écrit sur le tableau noir une phrase en caractères d'imprimerie; les enfants la traduisent en caractères manuscrits en utilisant leur boîte, puis l’écrivent par cœur sur l’ardoise ou le cahier. S

Cette méthode concrète a un premier mérite : elle apporte un élément de diversité et d'intérêt à des exercices dont les jeunes écoliers ne goûtent pas beaucoup, en général, l’aridité monotone. Elle en a un second, c’est d’avoir donné des résultats satisfaisants : dès le mois de mai, les élèves savaient écrire et lire sans difficulté, sauf, parfois, quand ils rencontraient des textes imprimés en caractères trop fins. Les deux derniers mois de l’année scolaire 1910-1911 purent être consacrés à la lecture des « Blaue Blumen » (Fleurs bleues), petit livre, dont les histoires intéressérent vivement les bambins.

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90 Leçons de choses. — Ces leçons ont pour base l’exercice des sens, pour but d’éveiller et de fortifier Pobservation, d'expliquer, compléter et ordonner les représentations actuelles, de former de nouvelles idées et représentations ayant un fondement solide.

Les thèmes choisis ont trait soit à l’activité scolaire, soit à la vie familiale. Les exercices du début doivent donner aux sens une acuité plus grande. Ils sont empruntés en partie à l’ouvrage de M. Montessori : « Il Metodo della Pedagogia scientifica » et prennent souvent le caractère de jeux véritables. Ils consistent à apprécier les couleurs et les formes, la hauteur et la force du son, le poids de différents objets, le goût des matières les plus diverses, enfin à régulariser et orienter le mouvement.

Les travaux manuels comprennent la couture, le tricotage, le tressage, la menuiserie, le jardinage et les occupations ménagères. Ils sont absolument identiques pour les garçons et pour les filles. Aussitôt que possible, on organise ces exercices suivant les principes du travail en commun, c’est-à-dire qu’on assure la collaboration mutuelle de tous les élèves et leur subordination à une tâche déterminée. Il s’agit, non plus d’amuser les enfants, comme à l’école maternelle, mais d’éduquer leur volonté en les habituant à fournir un travail de plus en plus soigné.

Une certaine latitude est laissée aux élèves et aux maitres dans le choix des exercices, car on tient compte de la diversité des aptitudes et des compétences. Le Dr Kerschensteiner recommande avant tout d'éviter la dispersion des efforts : on doit viser non pas à l’abondance des objets produits, mais à la perfection de l’ouvrage.

Les travaux manuels sont étroitement unis aux leçons de choses; les exemples suivants suffiront à le montrepi:

Premier exercice (la salle de gymnastique et la cour de

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