‹ L'œuvre Scolaire Du Dr Kerschensteiner A MunichChapitre 23 sur 38 · AN; LH · texte numérisé non relu

AN; LH

Les travaux pratiques ne présentent rien de particulier. . Mentionnons simplement que les armuriers ont toutes les semaines un cours de ciselure, où ils apprennent à se servir du burin. |

$ V. Maréchaux ferrants.

Les modèles de dessin se rapportent, ici encore, à la profession de l’élève. Ce sont : des fers à cheval, des morceaux de cerceaux, des disques, des estampes, des rivets, des essieux, des vis, des clefs anglaises, des moyeux, des anneaux de chaînes, des supports de timon, etc.

Outre les travaux pratiques de forge, l’enseignement professionnel comprend l’étude d’un certain nombre de questions tout à fait spéciales au métier de maréchal-ferrant : l’anatomie générale du cheval; l’anatomie et la physiologie des membres ; l’anatomie du sabot ; la morphologie du sabot normal; la croissance du sabot; les particularités des fers ordinaires, des fers à crampons et des fers à glace; la manière de juger comment un cheval doit être ferré; l’utilisation du vieux fer; l’adaptation et l’essai du fer nouveau; le ferrage; l’hygiène du sabot, les positions irrégulières des membres; le ferrage des sabots difformes ou malades.

$& VI. Charrons.

Les modèles utilisés dans l’enseignement du dessin (3 heures par semaine pendant 4 ans) sont empruntés exclusivement à la profession des élèves. Ce sont, par exemple, des assemblages à tenon et à mortaise, des assemblages d’autres natures, des châssis à flèche, des châssis suisses, des corps de véhicules divers (camions, breaks, landaus, etc.), des éparts, des sièges, etc.

Nous n’insisterons pas sur la technologie et les travaux

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pratiques (2 heures par semaine en première et deuxième années ; 3 heures en troisième et quatrième); on devine sans peine quel est le programme de cet enseignement. Nous nous bornerons à mentionner que les élèves font une étude détaillée des particularités distinctives, des défauts et des maladies des différentes essences de bois, allemands et étrangers, en usage dans la charronnerie.

$ VII. Fondeurs, dinandiers, ciseleurs et graveurs.

Les élèves de cette section suivent tous, en première année, le même cours de dessin : ils y apprennent les principaux tracés géométriques et les projections.

Les trois années suivantes, ils reçoivent un enseignement qui diffère avec la profession; ils continuent l’étude du dessin géométrique, mais avec application spéciale à leur métier, et consacrent la plus grande partie du temps au dessin d’ornement : les ciseleurs représentent, d’après nature, des fruits des mouches, des scarabées, des crânes d’animaux, des oiseaux, des poissons, des écrevisses, des plantes, des fleurs, etc; les fondeurs dessinent des modèles d’objets en usage dans leur profession, comme des robinets, des jointures, des ferrures de meubles ou de bâtiments ; les dinandiers desinsectes, des fruits, des oiseaux, des encriers, des cassettes, des jardinières, des bassins, des lustres, des objets d'église, des ornements divers; les tourneurs des balustres, des colonnes, des profils architectoniques de différents styles; les graveurs des initiales, des monogrammes et des ornements variés. Les ciseleurs et les dinandiers font, en outre, du modelage, vers la fin de leur apprentissage. Enfin, tous s’exercent de temps en temps à composer eux-mêmes les motifs de décoration.

Nous n’avons rien à remarquer de particulier sur les travaux pratiques : comme d’habitude, ils ont pour but de

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compléter l’apprentissage à l’atelier et leur enseignement ne se sépare pas de celui de la technologie.

$ VIII. Chaudronniers.

La corporation des chaudronniers a été particulièrement généreuse : elle s’est engagée à fournir à l’école tout le matériel nécessaire à l’enseignement.

Les élèves du cours normal ne dessinent que des figures géométriques et des objets usuels appartenant à leur profession. Mais, à côté de ce cours, existe une section d’art industriel : les jeunes gens qui s’y font inscrire remplacent les travaux pratiques par une étude approfondie du dessin d'ornement. Ils représentent d’après nature des feuilles, des fleurs, des rosaces, des scarabées, des papillons et s’exercent à utiliser ces formes, surtout stylisées, pour l’ornementation de frises, bassins, assiettes, cadres de miroirs et de tableaux, armoires d’horloge, appareils d’éclairage, vases, cuvettes, fontaines, etc.

Comme les jeunes gens apprennent l’emploi des machines dans les ateliers patronaux, les exercices pratiques scolaires sont exclusivement manuels. Parmi ces exercices, mentionnons la soudure autogène, dont on connaît l’importance croissante. Pour intéresser davantage les élèves et stimuler leur initiative, on leur demande à la fin de chaque semestre d’exécuter un travail de leur choix, soit isolément, soit en commun.

$ IX. Joailliers et orfèvres.

Au cours de dessin (2 heures par semaine pendant 3 ans), les joailliers et orfèvres font une étude assez approfondie des principaux styles anciens et modernes; mais c’est le

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dessin d’imitation d’après nature qui joue le rôle essentiel. Les jeunes gens représentent aussi des objets analogues à ceux qu'ils ont à fabriquer à l’atelier : des jumelles, des coupes, des vases, des surtouts, des bassins de formes variées.

Les élèves acquièrent par le modelage (2 heures par semaine pendant 4 ans) le sens de la complexité des formes ; ils emploient comme matière, d’abord la cire, plus tard le métal. Ils travaillent d’après nature ou d’après des moulages. Les modèles représentent surtout des organes de

| plantes qu’il s’agit de reproduire en grandeur naturelle et

en réduction, ainsi que différents objets d’orfèvrerie. Ici. les exercices de stylisation occupent une grande place : il importe d’adapter les formes ornementales aux produits fabriqués. Pour stimuler le zèle des apprentis on fait le moulage de leurs meilleurs travaux.

Les modèles sont fréquemment empruntés aux musées ou aux collections particulières.

Les travaux pratiques (2 heures par semaine en troisième année et 3 h. 1/2 en quatrième) ont pour but essentiel de familiariser les orfèvres avec la technique de la ciselure et les exercices de gravure les plus importants.

$ X. Ferblantiers et poseurs.

Les ferblantiers ont 2 h. 1/2 de dessin par semaine les trois premières années et 3 heures la quatrième. En première année, ils font des constructions géométriques , des projections et quelques dessins de feuilles et de papillons d’après nature : chaque élève place à côté de lui une plante collée sur carton et s’occupe uniquement de son travail (à quoi lui servirait-il de regarder celui de son voisin? son modèle est différent). Progressivement la difficulté augmente : aux feuilles et aux papillons s’ajoutent les fruits, les insectes,

les encriers, les coffrets, les jardinières, les calices et autres objets d'église, les armatures de chéneaux, ete.

Les travaux pratiques occupent 2 h. 1/2 par semaine en première et deuxième années, 4 h. 1 /2 en troisième et 2 heures en quatrième; ils sont faits sous la direction d’un praticien. Avant qu’un objet soit exécuté, le maître commence toujours par le faire dessiner; puis il donne des explications sur le métal et les outils à employer, la forme à donner à l’objet pour qu’il soit bien approprié à son usage, tout en présentant un certain cachet artistique. L’enseignement est progressif et s’étend depuis les soudures les plus simples jusqu’à la confection de lustres et d’ornements variés pour meubles de style. Le jour où nous avons visité cette section dans le bel et vaste immeuble de la Pranckhstrasse (fig. 2), nous avons particulièrement remarqué une tête d'enfant en cuivre repoussé ; son auteur, un apprenti de quatrième année, avait fait preuve d’une habileté qui fait honneur à son goût, en même temps qu’au talent pédagogique de son instructeur.

Après s’être exercés au dessin géométrique, les apprentis poseurs font des esquisses et objets employés dans les installations de gaz et d’eau; ils prêtent une attention particuière à l’exactitude des mesures. En technologie, ils étudient les différents modes d’adduction d’eau, de drainage, d’éclairage : au gaz, au pétrole, à l’alcool et à l’acétylène. Les exercices pratiques s’étendent aux principaux travaux du métier: les élèves apprennent à couper un tuyau, à le courber, le boucher, le souder, à faire des essais d’épaisseur, à percer les murs, à établir de grandes conduites de dimensions déterminées, à exécuter les différentes manipulations nécessaires pour fixer les conduites aux murs ou aux toits, à installer des salles de bains et des water-closets, à établir les conduites dans les rues, etc.

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$ XI. Horlogers.

Les apprentis horlogers font des expériences de physique et de mécanique (une heure par semaine pendant & ans), dont le but est de leur faire connaître avec exactititude les principales lois naturelles qui interviennent dans leur profession. Ils établissent eux-mêmes les calculs et, se basant sur les observations faites et sur les nombres trouvéê, ils formulent les lois. La méthode est donc celle, très efficace, de la redécouverte.

Le dessin (2 heures par semaine pendant 4 ans) a pour but essentiel de bien faire comprendre le mécanisme de l’échappement.

En technologie (1 heure par semaine en troisième et quatrième années), quelques objets d’étude méritent d’être mentionnées : par exemple, l’utilisation des différents bois pour construire les armoires d’horloges; les principaux styles des pendules et les grandes maisons auxquelles on peut s’adresser pour se les procurer; enfin, l’organisation de la vente, l’étalage et les procédés de réclame.

L’enseignement pratique (2 heures par semaine pendant 4 ans) complète très heureusement l’apprentissage patronal et contribue à relever la situation matérielle de l’horloger : les jeunes gens ne se contentent pas de faire les réparations, comme il arrive généralement chez les « maîtres»; ils s’exercent aussi à fabriquer du neuf dans toutes les spécialités de leur métier.

$ XII. Fondue d'étain.

Par l’enseignement du dessin (2 heures par semaine en première et deuxième années, 3 heures en troisième), les

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apprentis s’habituent à tracer des esquisses et à établir des projets. Le dessin géométrique et le dessin d'imitation ne sont pas pratiqués séparément ; au contraire, on en combine les travaux. On attache un soin tout particulier à l’exactitude des styles. Tantôt les modèles sont pris dans la nature (plantes, papillons, scarabées, lézards, poissons, etc.), tantôt ce sont des produits industriels ou de bons moulages.

Le modelage complète le cours de dessin.

La technologie (1 heure par semaine pendant 2 ans) ne se limite pas à l’étude de l’outillage et de l’étain; les élèves apprennent aussi les propriétés de quelques autres métaux (plomb, cuivre, antimoine, zine, bismuth, laiton) et des matières auxiliaires : argile, terre glaise, cire, suif, sulfate de cuivre, eau-forte, etc.

Dans les ateliers patronaux, l’apprentissage de la fonderie d’étain est livré au hasard; il est en général insuffisant, parfois même il n’existe pas du tout. Le but des exercices scolaires est de remédier à cette situation défavorable.

Les jeunes gens apprennent à faire les moules en plâtre et en sable, à fondre l’étain, puis à tourner, polir, emboutir et graver avec art.

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