L'ÉDUCATION DU CARACTÈRE
$ I. Ses Limutes.
Le Dr Kerschensteiner fait observer avec juste raison qu’il s’agit non pas de former un caractère au sens strict du mot, c’est-à-dire le fabriquer de toutes pièces, mais de le développer, de l’éduquer en partant de son état initial.
Le grand art de l’éducateur consiste à faire un choix parmi les instincts et les mobiles de l’élève, à développer les impulsions utiles et à affaiblir les nuisibles. Cette tâche est facilitée par le fait qu'il existe en nous beaucoup d’instincts et de mobiles susceptibles de se développer indifféremment dans le sens du bien ou dans celui du mal : par exemple les instincts de conservation, les sentiments fondamentaux de joie et de crainte.
Chez l’enfant, les forces du caractère biologique apparaissent les premières; puis se font jour celles du caractère intelligible : la force de volonté, la netteté de jugement, la finesse de la sensibilité et la profondeur, que le pédagogue doit s’efforcer de développer. L'éducation du caractère est done un art difficile, qui exige des connaissances spéciales et beaucoup de discernement. Elle est d’autant moins aisée que nous ne possédons pas encore de méthodes précises pour la réaliser. Il est très important que l’éducateur soit lui-même un homme de caractère, à la volonté forte, au jugement net, à la sensibilité fine et profonde.