‹ L'œuvre Scolaire Du Dr Kerschensteiner A MunichChapitre 8 sur 38 · ORNE · texte numérisé non relu

ORNE

Cette éducation produit des effets différents selon la nature des sujets. Dans les esprits malléables, elle obtient souvent des résultats fort appréciables, au moins aussi longtemps que dure la contrainte. Mais, quand cette dernière à disparu, il y a de fortes chances pour que le naturel reparaisse aussitôt. Dans les natures froides, l'éducation demeure en général sans résultat.

Le caractère n’est pas susceptible d’un développement indéfini; mais on peut exercer une assez large influence sur la direction qu’il doit prendre. Par exemple, si nous avons affaire à de bonnes qualités fondamentables, nous pourrons, en nous appuyant sur la netteté du jugement, développer le caractère de l’élève dans un sens utilitaire, eudémoniste, moral ou immoral. Cela dépendra du contenu intellectuel de notre enseignement.

Le Dr Kerschensteiner fait à ce sujet une comparaison très Juste. « Il en est ici, dit-il, comme d’un fleuve. La pente naturelle du fleuve, de sa source à son embouchure, c’est-à-dire la somme de ses forces hydrauliques, nous sommes incapables de l’augmenter. Mais il nous est loisible de fournir un travail à ces forces, de les faire servir à une fin déterminée. » (1)

Une éducation ainsi comprise est fondée sur la confiance mutuelle du maître et de l’élève. Le premier doit chercher, non pas à apprécier les actes de l’enfant d’après sa propre nature, mais à comprendre les raisons intérieures qui l’ont poussé à se conduire de telle manière plutôt que de telle autre. Ainsi, l'élève se convaincera de plus en plus qu’il a un bon guide et son courage grandira pour faire des efforts nouveaux vers la vérité. Il ne cherchera pas à imiter autrui, mais à exprimer sa nature particulière dans des actes et des paroles qui lui soient propres.

(1) G. KeRrsCHENSTEINER. Charakterbegriff und Charaktererziehung, page 117.

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