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CHAPITRE II

La Société Royale de Londres. — Joseph Addison. — Émancipation de la presse. — Le Babillard de Richard Steele.

— Le Spectateur. — Protestation contre l'exagération de la mise en scène et des costumes. — Les spectres au théâtre.

— Les spectres de Shakespeare. — Insensibilité des spectateurs. — Addison et la critique. — Le Réveil shakespearien. — La sixième édition de l'in-folio de 1623. — Pope.

— L'Essai sur la Critique. — La mauvaise foi de Pope. — , Comment il s'est fait l'éditeur de Shakespeare. — Sa préface.

— Édition de Théobald, Hanmer, Warburton, Johnson. — Garrick. — Comment il a popularisé Shakespeare. — Ses voyages en France, en Allemagne et en Italie.

Cependant, une réaction se préparait. L'année môme du retour de Charles II, se fondait la Société Royale de Londres, asile ouvert aux libres-penseurs. Dryden en fut, ce qui ne prouve rien. Mais ce qui prouve davantage, c'est la série de mémoires qu'on y lut. Robert Bayle y propagea ses découvertes. Harwey y démontra la circulation du sang. Wren et Wallis y exposèrent de nouvelles théories

mathématiques, comme Halley ses découvertes astronomiques et Newton son admirable système du monde. Non seulement l'esprit scientifique y régnait à l'aise, mais la philosophie s'y glissa pour dominer bientôt par l'influence et le talent de ses nulli-fidens. Le célèbre Shaftesbury, chez qui s'est réfugié Locke, devient le chef de ces douleurs. La Cour s'émeut. Le ministre Senderland écrit à l'évêque d'Oxford que le Roi, informé qu'un « certain M. Locke témoigne un esprit d'opposition et de désobéissance », voudrait lui faire perdre sa place, et Locke est obligé de fuir en Hollande, ce qui ne l'empêchera pas de publier son Essai sur V Entendement humain. Les persécutions n'ont jamais servi qu'à mettre en relief les idées défendues. Sous Jacques II, la libre-pensée se créera une place plus grande. Sous Guillaume, la presse, née de la révolution de 1680. soutiendra les opinions les plus avancées, inclinant à la fois à la liberté civile et à la démocratie. Herbert, le comte de Shaftesbury, Wodlston, CoUins, multiplièrent leurs efforts dans ce sens, encouragés par la présence de nombreux Français exilés à Londres, parmi lesquels la duchesse de Mazarin, Saint-Evremont, ce qui reste de la Société de Ninon. Roland publiera son Christianisme sans mystères, son Nazaréen et son Pantheisticon. L'avènement de la princesse de Danemark, qui montait sur le trône à la satisfaction de tous les partis, permettra à la libre

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