LORD BYRON, WALTER SCOTT, CARLYLE, JEFFREY
expression de Taine, dans Shakespeare qu'elle eut sa fleur.
Walter Scott traduisit son admiration en personnifiant notre poète dans quelques-uns de ses romans. Carlyle, imbu du génie philosophique allemand et dont la poésie religieuse était remplie des souvenirs de Milton et de Shakespeare, fit sur ce dernier des leçons inoubliables. Il nous reste à proclamer les noms de deux écrivains qui, eux aussi, apportèrent leur tribut d'hommages : Jeffrey et Payne Collier.
Francis Jeffrey, Thomme qui, depuis les premières années du xix® siècle, a donné au sens critique en Europe et à travers le monde civilisé l'impression la plus vive, était écossais, ce qui veut dire qu'il naquit discuteur. Il aborda la poésie, sans y réussir. Il écrivit dix volumes d'odes, de poèmes, d'épopées, de tragédies qu'il désavoua. Il se fit avocat sans succès. Le jour où il s'allia avec la fille <run professeur au collège Saint-André, il s'écriait: (( La faim épouse la soif. » Le xviii* siècle expiré, la Révolution française éclate, il cherche encore sa voie sans la trouver. Tout à coup, un événement se produit. La critique écossaise veut contrôler l'Angleterre et revendiquer à son tour le droit de légitime examen. Jeffrey fonde la Revue d'Edimbourg, dont le premier numéro parut le 10 octobre 1802, et dont l'effet sera immense. Horner écrit au libraire Constable : <( On est unanime sur le
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succès de la Revue et la nécessité de la continuer. > Jeffrey se renforce de Sydney Smith. Brougham, Thomas Brown. Walter Scott, Jean Playfair, Hallam, Malcolm Laing, George Ellis, Wilberforce, Lord Melbourn. Jean Allen. Coleridge, Malthus, Payne Knight, Lesley, Mackintosh. Daniel Ellis, Thomas Moore, Jean Gordon, Palgrave, Leigh Hunt, Romilly. Foscolo, Chalmers. Wilson, Macculoch, Ompson, Arnold, Sir Hamilton, Macaulay, Robert Grant, Garlye, Hazzlitt, Thomas Campbell, W. Napier, etc.. Tous, comme un seul homme, soutiennent vaillamment la lutte contre leurs nombreux adversaires. Si, dans la Revue, la politique a sa place, elle se garde d'empiéter sur le domaine des lettres et l'on assiste au spectacle imprévu de l'Ecosse défendant Shakespeare contre ce qui lui restait de détracteurs en Angleterre. La Revue d'Edimbourg, dont la collection devrait être entre les mains de tous les écrivains s'occupant du XVI® siècle anglais, fit une trouée énorme dans la masse des indifférents et ses appels ont souvent atteint l'éloquence.
Quant à Payne Collier, Philarète Chastes nous en a fait un joli portrait: « Imaginez un grand homme sec, lunettes sur le nez, l'air pincé, flairant un manuscrit, se délectant d'un vieux parchemin, front ridé, tempes dégarnies, fluet et impalpable, une date plutôt qu'un homme, un chiffre plutôt qu'un vivant, le docteur Dryasdust de Walter Scott. >