‹ L'œuvre shakespearienne, son histoireChapitre 59 sur 92 · FANTASIO · texte numérisé non relu

FANTASIO

Il était une fois un roi de Perse...

Sentez-vous également l'imprévu de la réplique qui, d'ailleurs, demeure suspendue? Elle n'a pas été plus calculée chez Musset que chez Shakespeare.

Même originalité dans l'écart. Il y a là une curiosité littéraire que nous tenions à signaler.

Pour nous résumer sur le compte d'Alfred de Musset, il nous paraît avoir été le génie dramatique se rapprochant le plus du grand Will. Son œuvre, magnifique aussi, est un lointain hommage au grand poète du xvi' siècle anglais. En outre, elle est la preuve que si, en s'écoulant, les années découronnent les arbres, les abattent, quand ces arbres ont été vigoureux les siècles eux-mêmes n'atteignent pas la vie qui résidait dans leurs souches. Et l'on pourrait appliquer à Musset ces vers du bon La Fontaine répondant au reproche qu'on lui avait fait de n'être pas essentiellement personnel :

Mon imitation n'est point un esclavage;

Je ne prends que l'idée, et les tours, et les lois

Que nos maîtres suivaient eux-mêmes autrefois.

Si d'ailleurs quelque endroit, plein chez eux d'excellence,

Peut entrer dans mes vers sans nulle violence.

Je l'y transporte et veux qu'il n'ait rien d'affecté.

Tâchant de rendre mien cet air d'antiquité.

Nous disions plus haut que Shakespeare devenait classique, sous la plume deVillemain.il continuera de l'être recommandé par Gustave Planche qui ne plaisantait pas. Gustave Planche est -d'avis que la tragédie et le drame se personnifient dans Sophocle et dans Shakespeare, car chacun d'eux a fondé une dynastie poétique. Entre Sophocle et Shakespeare

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