‹ L'œuvre shakespearienne, son histoireChapitre 71 sur 92 · UN TESTAMENT INATTENDU · texte numérisé non relu

UN TESTAMENT INATTENDU

bien d(^finitifs qu'il fait. Cela veut-dire : « Cher public, bieutôt je serai vieux, et avec l'âge, je perdrai mon pouvoir magique. Ne me retenez pas plus longtemi)s prisonnier sur ces planches, vous que j'enchante depuis tant d'années, car ma fin sera la sénilité et le radotage, si votre bonté ne me délivre pas. Dans cette île enchantée, c'est-àdire sur ce théâtre, j'ai, par mes sortilèges, recueilli mon duché, d'où je fus chassé par l'adversité, c'està-dire mon Stratfort-sur-Avon, d'où je suis parti, jeune et pauvre, et où je rentrerai, grâce aux travaux de mon génie, riche et célèbre. Prenez d'autres enchanteurs, et souhaitez-moi le repos, comme je vous souhaite le bonheur. »

M. Montégut pousse le paradoxe plus loin. Dans l'histoire de l'île enchantée telle que Prospéro l'expose au premier acte à Miranda, Ariel et Caliban, il reconnaît celle du théâtre anglais et de la transformation que Shakespeare lui fit subir. Caliban, c'est Marlowe; Sébastien et Antonio, George Chapman et George Marston. Et ainsi de suite.

D'autre part, M. Montégut se demande encore si les drames de Shakespeare sont faits pour être représentés. Ayant assisté à une représentation du Macbeth, de Jules Lacroix, il a constaté de la résistance dans un public non prévenu contre le poète anglais. Pourquoi? Parce que, suivant M. Montégut, les drames de Shakespeare sont infidèles aux lois particulièrement constitutives du théâtre et dij

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