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II. LA TOUR DU PIN

Parmi les précurseurs du catholicisme social, La Tour du] Pin est certainement celui dont l'influence sur Albert del Mun fut la plus marquante et la plus décisive. D'ailleurs, leurs vocations sociales sont inséparables: tous deux en ont trouvé le secret à la suite du désastre national de 1870 et au cours de la captivité qu'ils subirent en commun. Leur intimité se scella « dans la communauté des mêmes douleurs et des mêmes pensées » (1).

La Providence, fera observer M. Duthoit, devait, appeler ces deux hommes, riches de dons personnels, imprégnés de l'esprit de cette vieille race de France dont ils étaient les fils, nourris du catholicisme qu'ils avaient assimilé, en quelque sorte, avec le lait de leur mère, à une étroite et féconde collaboration dans l'Œuvre des Cercles Catholiques d'Ouvriers et dans l'Union de Fribourg (2).

Dans cette collaboration vouée au bien social, La Tour du Pin, sociologue de haute lignée, apportera, avec une science puisée dans l'observation des faits et dans l'étude du passé, des idées dont les événements soulignaient la valeur et l'opportunité. Mettant son éloquence au service de ces idées, de Mun les développera avec cette force persîiasive et ce « don magique d'entraîner, de soulever des assemblées frémissantes et de les faire éclater, unanimes, en transports enthousiastes » (3).

La Tour du Pin appartient à cette phalange d'hommes de bonne volonté qui se sont consacrés à la recherche d'une solution de la question sociale.

La question sociale se présente à la société, dira-t-il, « comme un dilemme de vie ou de mort » (4). Deux génies se penchent sur cette dernière : celui du christianisme et celui de la Révolution. Le premier lui rappelle un passé qui fut son œuvre et veut réveiller la vieille philosophie morale qui en a inspiré les institutions et produit la grandeur. Le second lui demande, au contraire, de rejeter ce passé, en promettant, désormais, à l'homme « le paradis terrestre », à la condition de renier son histoire, sa nature et son Dieu.

Or, la Révolution a accompli une œuvre néfaste; en politique, elle a enfanté le césarisme; au point de vue social, elle

(1) De Mun. Ma vocation sociale, p. 9.

(2) Duthoit. L'Union de Fribourg, p. 23.

(3) Duthoit. L'Union de Fribourg, p. 24.

(4) La Tour Du Pin. Vers un Ordre Social Chrétien, p. 217.

a ^ubslitu-é à l'esprit de solidarité, de charité et de justice, un esprit de jouissance égoïste qui a déchaîné la lutte des classes; au point de vue écoeofifiique, elle a engendré le capitalisme et le paupérisme.

Cette œuvre néfaste, la Révolution Ta réalisée, parée ffu'elle a été la consécration du libéralisme économique et social.

La désorganisation sociale dont souffre l'humanité relève, en effet, d'une cause: l'individualisme. « L'individualisme, c'est l'absence du concept social dans toutes les questions où l'homme est en jeu. C'est le considérer comme un être abstrait, parfait, de qui il dépendrait ou non de vivre en société, et qui n'a dans la vie sociale d'autre devoir que celui de ne pas faire ce qui nuit directement à autrui, tandis que le devoir social consiste à faire ce qui profite au bien commun » (1). . ~

L'individualisme, voilà le grand mal. L'homme n'est-il pas un être social par excellence? N'est-il pas destiné, par sa nature, à vivre en société? Les Physiocrates commettent une grave erreur en opposant l'état de nature à l'état de société, et en considérant uniquement l'homme abstrait, qui est pratiquement inexistant.

L'homme est même un être historique, en ce sens qu'il subit la répercussion, non seulement de ses contemporains, mais encore celle de ses ancêtres. Turgot s'est donc trompé quand il a affirmé que les hommes ne tiennent pas leurs droits de l'histoire, mais de la nature.

L'homme ne naît pas naturellement bon; ce n'est pas la société qui le vicie. En lui disant qu'il doit trouver lui-même sa propre fin, c'est le condamner à tous les errements. Il doit être pris tel qu'il est, et non pas tel qu'on voudrait qu'il fût. Pour devenir tel qu'on voudrait qu'il fût, il faut lui imposer une règle morale et instituer une organisation sociale conçue de façon à ce que des bornes soient mises à la force et au nombre, et que les droits ne se conçoivent point sans devoirs cor'rélatifs.

Or, depuis la Révolution, Fouvrier dépouillé aux yeux de ses maîtres de toute dignité humaine, est considéré uniquement comme un outil. Il ne trouve plus dans l'organisation du travail moderne, ni les avantages, ni les garanties que lui assurait, jadis, le régime corporatif; livré à lui-même, il est isolé et cet isolement pèse d'autant plus douloureusement sur lui, que l'absolutisme patronal s'est accru, et qu'après avoir été proclamé l'égal du maître au point de vue des droits

(1) La Tour Du Pin. Vers un Ordre Social Chrétien, p. 228.

politiques, au point de vue économique, il tombe, vis-à-vis de ce dernier, dans une dépendance sans limite: l'ouvrier sans droits, sans protection légale, sans privilège profession-i nel, sans propriété, sans recours, est ainsi livré à la merci du patronat qui conserve sur lui « un droit de vie et de mort économiques » (1).

Faut-il dès lors s'étonner que le libéralisme ait été dans l'impossibilité d'assurer au travail, à la propriété et à rechange, leur fin propre?

Le travail, qui est la loi fondamentale de la vie humaine, doit avoir pout but « la sustentation de l'homme » (2). Il doit permettre à ce dernier de se procurer les moyens nécessaires et suffisants pour subvenir à ses besoins propres et à ceux de sa famille. Or, le régime de la liberté du travail est dans l'impossibilité absolue d'assurer cette fin: en vertu du principe même de la liberté qui joue sans contre-poids, la concurrence, qui est l'âme du nouveau régime, et la loi de l'offre et de la demande, qui en conditionne les rapports, font que le patron cherche du salaire au rabais et que la rémunération du travail est justement réduite au moment où les besoips de la classe ouvrière vont en s'accroissant.

Ce régime, que ses partisans « ont appelé le régime de la liberté du travail, et ses adversaires, le régime capitaliste » (3), est aussi funeste pour l'ouvrier que pour le patron, car, pour l'un comme pour l'autre, il entraîne « la même insécurité par suite de la même tyrannie » (4) : au lieu de solidariser les intérêts, il les oppose, et l'antagonisme se traduit par la haine des classes.

La propriété, elle, « est le fruit du travail social, c'est -àdire du travail exécuté en société » ; son caractère social fait qu'elle doit « profiter, non seulement au propriétaire, mais à la société » (5). •

Le libéralisme a profondément modifié cette conception et, en supprimant toute propriété corporative, il a créé une nouvelle propriété collective, qu'on appelle le capitalisme, qui consacre a la puissance et l'irresponsabilité du capital anonyme » (6).

Quant au régime de l'échangcalors qu'il devrait reposer sur le juste prix, le libéralisme a fait que tout se vend ou

(1) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 152.

(2) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 209.

(3) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 148.

(4) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 209.

(5) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 210.

(6) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 211.

s'achète sans qu'il soit tenu compte de l'équivalence qui doit en être la règle essentielle; on prend pour valeur des choses « le besoin qu'en peut avoir l'acquéreur ou l'emprunteur, en place de leur prix de revient et de leur utilité commune » (1).

Puisque le mal vient du libéralisme et que ce dernier a été consacré par la Révolution, La Tour du Pin déclare que, pour le guérir, il faut songer non « à une contre-Révolution... mais à une action en sens inverse, c'est-à-dire tendant à reconstituer les organismes sociaux essentiels sur lesquels la Révolution a exercé son action dissolvante: la société religieuse, la société dçmestique et la société professionnelle » <2).

La société doit être religieuse en ce sens que les mœurs, les lois et les institutions s'inspireront des préceptes évangéliques. Après Le Play, La Tour du Pin rappelle que « la prospérité des sociétés humaines, familles, corporations ou nations, est en raison directe de leur fidélité aux précepte? de la loi » (3). La loi, c'est pour lui, le Décalogue, mais l'Evan-» gile en est en quelque sorte « la jurisprudence », puisqu'il y introduit le principe de l'amour.

La société doit protéger le foyer domestique; la famille est, en effet, la cellule sociale par excellence. Il faut en faire un groupement fort et durable, et le père de famille en occupera la place d'honneur, avec tous les pouvoirs et toutes les responsabilités qui s'attachent à sa charge. La famille est faite « pour protéger l'homme, et la société pour protéger la famille » (4).

La société professionnelle complétera l'organisation désirée par La Tour du Pin, mais cette société pour exister, appelle la résurrection du régime corporatif. Seul, ce régime ramènera l'aisance dans les familles ouvrières, et dans la société le règne de la paix, car il constitue « l'organisation du travail la plus conforme aux principes de l'ordre social chrétien et la plus favorable au règne de la paix et de la prospérité générales » (5).

Ce qui caractérise ce régime, c'est qu'il consacre la reconnaissance d'un droit propre pour chacun des membres de la corporation, pour la corporation elle-même, enfin pour l'Etat envers celle-ci.

(1) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 211.

(2) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 212-213.

(3) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 204. (4> La Tour Du Pin. Op. cit., p. 215. (5) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 16.

Chaque ouvrier y a cette « possession étètat » qui lui garafilit des conditions de travail fixes et écarte les incertitudes du lendeïïïain. Ces garanties sont elles-mêmes sauvegardées par les statuts de l'association el par sa magistrature propre.

Le régime assure « un respect égal des droits divers » (1), et cette protection accordée à tous également, fait que Thar- Bfïonie régne et que la solidarité qui en découle écarte tout fermeent de discorde.

Ea corporation s'insère dans îa vie collective et devient, Mon pas une société purement privée, mais une institution sociale qui doit avoir sa place dans rorganisation de la Commune et même dans celle de l'Etat. ^Constituant ainsi une sorte d'£tat dans l'Etat, c'est-à-dire qu'étant « liée à lui par lin contrat moral comporiant des attributions et des obligations réciproques » (2)*, la sauvegarde de ses droits sera assarée par le pouvoir central qïii interviendra pour homologuer les règles corporatives, sans toutefois s'immiscer dans leur élaboration: il ne devra ni les inspirer, ni les imposer.

Si, pour La Tour du Pin, le régime corporatif s'incarne en trois droits, il s'incarne également en trois pratiques qui sont: le patrimoine, le chef-d'œuvre et le suffrage.

La corporation suppose l'existence d'un patrimoine indivisible et inaliénable, à la constitution duquel le capital et le travail doivent également contribuer. Ce patrimoine constitue pour l'ouvrier le moyen le plus sûr d'accéder à la propriété, qui est une des bases de l'ordre social; cette propriété sera collective, soit, mais ce sera tout de même une propriété, des avantages de laquelle l'ouvrier pourra jouir.

jyhs que l'ouvrier aura acquis une certaine habileté professionnelle consacrée par le chef-d'œuvre, il sera par le fait même, en possession d'un métier qui lui vaudra un privilège et que seul un jugement pourra lui supprimer. C'est donc là une autre forme de propriété dont il pourra bénéficier, grâce à l'organisation corporative.

Il est à prévoir que le jour où l'ouvrier aura quelque chose à conserver, il deviendra conservateur.

Puisque la corporation devra édicter des règlements, juger les contestations qui s'élèveront dans son sein et administrer son patrimoine, tous les éléments qui la composent devront nécessairement participer à son gouvernement, « non pas selon le nombre des individus, mais selon l'ordre des fonctions sociales » 03).

(1) La Tour Du Pi>:. Op. cit., p, ai.

(2) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 24.

(3) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 23.

Les avantages dir régime corporatif dont La Tour du Pin poursuivra la substitution au régime dit de la liberté du travail sont, selon lui, « l'arrêt de la décadence économique par la loyauté de la concurrence et la prospérité du métier; — l'arrêt de la décadence morale par 1a conservation des foyers et le retour à la vie de famille; — l'arrêt de la décadence politique par le rétablissement pour chacun de la possession d'état » (1).

Seul, ce régime, ajoutera-t-il, « recèle le seul principe vraiment conservateur d'un ordre démocratique à la base et aristocratique au sommet, c'es^à-dire, l'ordre naturel )) (2).

Cette organisation du travail, à son sens, doit cependant être réglementée par une législation chrétienne, afin qu'elle soit animée d'un esprit de charité, de solidarité et de liberté à la fois.

Les fils d'un même père ne forment-ils pas une seule et même famille et ne doivent-ils pas s'aimer comme des frères? Ils ne doivent donc s'imposer d'aHtres contraintes que celles qui sont fondées sur le respect de Tesprit de charité et de solidarité. N'est-ce pas l'idée de solidarité qui, au Moyen âge, inspirait, dans les campagnes, le régime féodal et, dans les villes, le régime corporatif ?N'e^t-ce pas à l'esprit de liberté que la civilisation chrétienne doit de s'être développée en luttant contre l'absolutisme tyrannique et envahissant?

Pour que cet esprit de charité, de solidarité et de liberté imprègne la législation du travail, il faut faire appel au concours de l'Eglise, de l'Etat et de l'initiative professionnelle. « Deux forces sociales seules sont encore debout: l'Eglise et l'Etat, l'une pour ranimer l'esprit de charité, l'autre pour rétablir le fait de solidarité. Et il faut y recourir, c'est-àdire au prêtre et au législateur: au prêtre, pour nous enseigner le devoir social, au législateur, pour en faciliter l'accomplissement » (3).

Ainsi, pour la Tour du Pin, le libéralisme est la cause profonde du mal social. Ce régime porte en lui son principe de mort; car, « à la conception que l'ouvrier est pour le patron un outil, répond nécessairement celle que le patron est pour l'ouvrier une caisse — une caisse qu'il doit remplir, mais qu'il lui serait beaucoup plus agréable de vider à son profit.

(1) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 32-33.

(2) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 39v

(3) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 1^4;

Si bien qu'à cet outil, mis à côté de cette caisse, il ne manque que la main d'un politicien pour l'employer à forcer la caisse » (1).

Avec une vue prophétique, La Tour du Pin a nettement indiqué que les rapports à intervenir entre patrons et ouvriers allaient de plus en plus se poser sur le terrain social et non plus sur le terrain individuel.

Stigmatisant l'attitude de la classe patronale qui, sous le voile de l'anonymat, se dérobe aux responsabilités, il prédit que l'ouvrier arrachera peu à peu à celle-ci tout ce qu'elle ne veut pas lui concéder: le capital est appelé, non pas à disparaître, mais à changer de main, s'il ne veut pas se résoudre à faire sa « nuit du 4 août ».

« Le libéralisme, ajoute- t-il, a engendré le socialisme par la logique de ses principes et par la réaction contre ses pratiques. » (2). Dès lors, dans le conflit qui va se poursuivre, dans les rapports qui vont s'établir entre la classe patronale et la classe ouvrière, il pense que les catholiques doivent intervenir pour essayer d'y apporter une part d'idéal et de justice. Leur action, La Tour du Pin la juge non seulement utile, mais il la croit indispensable, car, « faire droit à ce que le sociallisme a de juste dans ses revendications, ce n'est pas ouvrir la porte à ce qu'elles ont d'excessif. Tandis que fuir les problèmes sociaux ou se montrer impuissant à les résoudre, c'est faire le jeu de la Révolution sociale, au lieu de lui disputer le terrain » (3). Ce qu'il fit personnellement sur le terrain de l'action, nous l'examinerons plus loin, en étudiant VŒuvre des Cercles Catholiques d'ouvriers à la fondation de laquelle il collabora avec Albert de Mun.

Avec La Tour du Pin s'achève la liste des précurseurs dont Albert de Mun dépend ou dont il peut se réclamer. Chacun a apporté sa pierre à l'édifice ; de Mun aura connu la gloire de travailler à son achèvement.

Ouvriers de la première ou de la dernière heure, tous ces fils du Christ ont désigné aux générations successives la route qui mène vers l'idéal, et leur ont montré les abîmes dans lesquels elles iraient fatalement s'engloutir, si elles s'en écartaient.

(1) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 150.

(2) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 38.

(3) La Tour Du Pin. Op. cit., p. 128.

Cette route dont ils ont posé les jalons, est en quelque sorte comme un immense trottoir roulant, qui dans sa course a entraîné, malgré eux, les hommes les plus nobles et les plus chevaleresques, dès qu'ils y ont eu mis le pied : certains ont pu avoir des défaillances et tomber en route, aucun n'a pu revenir en arrière.

De Mun, à l'exemple de ses devanciers, devait s'engager dans la voie qu'ils lui avaient tracée ; ils l'ont aidé à en franchir les étapes et à pousser plus avant le mouvement que leur foi ardente et généreuse avait déclanché. Hommes de science ou hommes d'action, tous furent des apôtres animés d'une seule préoccupation : celle de ramener la paix et la justice dans une société tourmentée et meurtrie par d'affreuses misères physiques et morales.

Ces hommes nous apparaissent comme formant deux groupes distincts: de Lamennais jusqu'à Le Play, les initiateurs du catholicisme social constatent le mal qui trouble la société, mais leur amour passionné pour la Liberté, et leur foi dans la Révolution, les empêchent d'en discerner les causes véritables, et partant, d'en déterminer exactement les remèdes.

Avec Le Play, les précurseurs dénoncent « les faux dogmes » comme la cause prem.ière du mal social, et refusent de conclure le mariage projeté entre l'Eglise et la Révolution. Leur œuvre fut, d'ailleurs, plus scientifique ; aux rêves et aux enthousiasmes de la première heure, font place bientôt des études plus approfondies et des réalisations concrètes.

Tous, néanmoins, furent unanimes à proclamer leur foi dans la vertu sociale du christianisme. Ils ont demandé aux hommes de revenir vers l'Eglise, et à l'Eglise de retourner au peuple. Tous ont tenu à rappeler que le Christ, le premier dans ce monde, avait prêché la fraternité universelle, et avait prononcé cette parole sublime qu'est le misereor super tiirbam.

Leur œuvre et leur action expliquent celles d'Albert de Mun; ils furent les « illuminateurs de sa pensée », et la doctrine sociale de ce dernier est comme le produit d'un legs accumulé par ceux qui l'ont i^récédé — legs qu'ils ont sans cesse accru et modifié par quelque apport nouveau.

Quelle fut la part d'influence exercée par chacun d'eux ? Il est bien difficile de le déterminer exactement, car nous sommes là dans le domaine de l'impondérable. Du moins, nous sommes-nous efforcé d'exposer la part contributive apportée par chacun au mouvement catholique social dont ils ont préparé l'épanouissement. Cette étude nous semblait indispensable ; car, à présent, elle va nous permettre de mieux comprendre la doctrine et l'œuvre sociale d'Albert de Mun.

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