‹ L'œuvre sociale d'Albert De MunChapitre 20 sur 49 · LES CRITIQUES · texte numérisé non relu

LES CRITIQUES

Une œuvre sociale aussi importante que celle d'Albert de Mun, entreprise à une époque où le libéralisme régnait en maître dans les écoles et dans la vie économique, et où subsistait intacte l'idolâtrie révolutionnaire, ne pouvait pas, en se développant, ne pas entraîner dans son sillage les critiques qu'appejle après elle, immanquablement, toute tentative humaine.

Et de fait, les critiques, et même parfois les suspicions, ne lui ont pas été épargnées. Ses attaques violentes contre l'Ecole libérale appelaient des ripostes, et le vieil égoïsme conservateur et bourgeois, pris si vivement à partie, devait réagir en dénonçant ses hardiesses sociales comme un danger pour l'ordre public. La vie sociale d'Albert de Mun fut donc un perpétuel combat. Il n'est pas surprenant que, dans la bataille, donnant des coups, il en ait reçu à son tour ; s'il y a lieu de s'étonner de quelque chose, c'est que quelques-unes de ces critiques aient pu émaner de ceux mêmes qui avaient le devoir de seconder ses efforts plutôt que de les combattre.

Ces critiques peuvent se répartir en deux groupes :

— les unes ont été adressées directement à de Mun,

— les autres, à travers lui, visent le mouvement catholique social.

De Mun fut accusé d'être tout à la fois un réactionnaire, un socialiste, un statolâtre et un allemand, en ce sens, qu'il serait allé chercher au-delà du Rhin, l'inspiration de ses réformes ; on lui a reproché, comme à la plupart des catholiques sociaux, d'avoir été incapable de concevoir un système économique susceptible de se substituer au libéralisme classique ; on l'a accusé d'être allé au peuple plus par calcul que par conviction ; repoussant, enfin, ses affirmations, on a soutenu que le rôle social de l'Eglise ne se justifiait nullement.

Il convient de reprendre une à une chacune de ces critiques, et d'en tenter la réfutation.

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