L'ŒUVRE LÉGISLATIVE
L'une des grandes idées au service de laquelle Albert de Mun devait se consacrer au lendemain du désastre national de 1870, fut celle du salut de la classe ouvrière. Dans sa pensée, le salut des travailleurs comprenait non seulement l'amélioration de leur condition morale, mais également le progrès de leur condition matérielle. Et l'on comprend dès lors, qu'au Parlement, il se soit employé à servir la cause des travailleurs, avec cette activité qu'il déployait chaque fois que le sort des humbles était en cause ; cette cause était d'autant plus intéressante, que le régime de la libre concurrence, en l'absence de toute législation protectrice, plaçait le salariat dans une situation d'infériorité et de misère inadmissible.
Etudier l'œuvre législative d'Albert de Mun, c'est donc montrer la part que ce dernier a prise à l'élaboration de la législation ouvrière de la IIP République. Nous nous proposons, pour ce faire, sinon de dresser la liste complète de ses interventions et de ses travaux, mais, du moins, d'examiner plus spécialement les lois à la préparation et au vote desquelles il a pris une part prépondérante ; nous nous attacherons également à souligner les réformes dont il a eu l'initiative et qu'une législation postérieure a fini par consacrer, sous la nécessité des faits.
Ces lois peuvent se grouper sous trois chefs : nous étudierons successivement :
Celles qui ont trait au syndicalisme.
Celles qui ont pour objet de limiter la journée de travail, et enfin.
Celles qui touchent à la réglementation et à la protection du travail, en dehors des deux catégories précédentes.