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DE LA JEUNESSE FRANÇAISE

L'Association Catholique de la Jeunesse Française (A, C, J. F.) est une association de jeunes catholiques français pratiquants, appartenant à toutes les classes de la hiérarchie sociale, et qui se groupent pour travailler en commun, et en' pleine adhésion avec les enseignements de l'Eglise, au rétablissement de l'ordre social chrétien, par les moyens de la. piété, de l'étude et de l'action.

La fondation de l'A. G. J. F. a été réalisée sur l'instigation d'Albert de Mun dans les circonstances particulières que son: premier président, Robert de Roquefeuil, a retracées en 1921 au congrès de Strasbourg.

« C'était au mois de Septembre 1885. A Fribourg, en Suisse, « avait lieu un Congrès Eucharistique, et, en même temps, « s'y tenait une réunion internationale des catholiques. « sociaux. M. de Mun et plusieurs de ses amis, membres des « Cercles catholiques d'ouvriers, venus pour cette réunion^. « furent témoins des fêtes du Congrès. Dès leur arrivée à « Fribourg leur étonnement fut grand de voir une ville entiè- « rement pavoisée de drapeaux et de fleurs, les troupes du « canton sur pied, et tout cela pour s'associer aux fêtes du « Congrès.

(( De la gare, on les conduisit au modeste local où se tenait « une réunion de jeunes gens. Ils trouvèrent là M. Python, « qui était ministre de l'Intérieur, et, en même temps, minis- « tre de l'Instruction Publique, le glorieux fondateur de l'Uni- « versité catholique de Fribourg.

« Et M. Python leur disait : « Messieurs, vous êtes des (( étrangers et vous devez être surpris de voir le Gouverne- « ment de Fribourg, désireux de vous souhaiter la bienvenue,, « vous accueillir dans cette modeste pièce, dans cette cham- « bre de si simple apparence ; mais c'est là le local de la « Société des Etudiants suisses, et nous avons tenu à vous « recevoir ici pour attester devant tous que si le Gouverne- « ment du canton de Fribourg est un gouvernement catho- « lique, il le doit à la Société des Etudiants suisses ». Vous « devinez l'émotion que ces paroles, que ce spectacle provo- « quèrent chez M. de Mun et ses amis.

« Les questions se pressaient sur leurs lèvres : « Qu'est-ce « que cette société des Etudiants suisses ? Comment s'est-elle « fondée ? Qu'a-t-elle fait ? Et voici succinctement ce qu'ils; « apprirent :

« En 1845, alors que la guerre religieuse du Sonderbund '<( déchirait la Suisse, les radicaux étaient parvenus à s'im- « poser aux cantons et à s'emparer du pouvoir. Comme tou- '(( jours, leurs premières victimes ce furent les congrégations « religieuses.

« Les jésuites, entre autres, étaient bannis de la Suisse, et « leurs collèges fermés.

« Or, au cours de l'été, quelques jeunes gens qui venaient « de terminer leurs études au collège d'es jésuites de Schwitz, « étaient réunis, pour achever leiirs vacances, chez le père de « l'un d'eux, le landomann Styger. Devant la demeure s'éten- <( dait une terrasse ombragée de vieux arbres, qui dominait « le beau lac des Quatre Cantons et qu'environnait tout un « cirque de montagnes neigeuses. C'est là, qu'un soir, un (( groupe de jeunesse s'entretenait mélancoliquement des dou- <( loureux événements qui désolaient leur patrie. Le vieux « landomann se mêlait à leurs propos. Et voici que de leur « causerie se dégageait tout un projet qui pouvait faire de « l'avenir le grand réparateur du présent.

« Puisque nous cherchons pour notre jeunesse une activité « qui soit utile, pourquoi ne créerions-nous pas entre nous « une société qui, par la piété, la science et l'amitié, essaierait « de grouper nos ardeurs et celles de nos amis, afin de ren- « dre un jour notre pays à l'Eglise, à la religion ?...

<( Et ces jeunes gens, adoptant immédiatement et d'enthou- « siasme cette belle pensée, de fixer de suite leur première « organisation. La société des Etudiants suisses était fon- « dée » (1).

Frappé par les résultats obtenus en Suisse, Albert de Mun n'eut qu'une pensée à son retour en France, celle d'y créer une association de jeunes catholiques, analogue à celle de Fribourg. Il confia son projet à Robert de Roquefeuil au cours du mois de Novembre 1885 ; au printemps de l'année suivante, en Mars 1886, ce dernier, et cinq de ses amis (2) auxquels il avait fait partager son enthousiasme, se réunissaient au siège de l'Œuvre des Cercles. C'est alors qu'Albert de Mun les décida à jeter les premières bases de leur association en leur en résumant le but à poursuivre : fonder un ordre social chrétien, et en leur traçant le programme : piété, étude, action. L'A. C. J. F. était fondée.

(1) Annuaire- Almanach de la Jeunesse Catholique, 1925, pp. 24 à

(2) Joseph de la Porte, Louis de Monnecove, Pierre Merveilleux du Vignaux, Louis Larère, René Canat de Chizy. M. l'abbé Meignen servait d'aumônier.

Un bureau fut aussitôt constitué ; Robert de Roquefeuil fut choisi comme président. La France fut partagée en six régions.

Le 1" Mai 1886 paraissait le premier numéro du bulletin de l'Association ; un an après, en Mai 1887, le premier congrès en était tenu à Angers.

A la veille de la guerre l'œuvre, qui avait pris un développement rapide, comptait :

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