‹ L'œuvre sociale d'Albert De MunChapitre 39 sur 49 · I. LES SECRÉTARIATS SOCIAUX · texte numérisé non relu

I. LES SECRÉTARIATS SOCIAUX

Le Secrétariat social est un organisme créé dans le but de venir en aide, soit aux œuvres existant dans une région déterminée, soit aux personnes qui s'intéressent à leur fondation ou à leur développement.

Animé d'un esprit essentiellement réalisateur, il offre des méthodes pratiques consacrées par l'expérience, et dispose, en outre, d'un outillage technique qui peut utilement être mis à profit par tous ceux qui désirent se préparer ou se consacrer à l'action sociale ; suivant l'expression de M. Eblé, c'est « un centre d'action, d'impulsion et d'organisation ».

A la différence de l'Œuvre des Cercles ou de l'Association Catholique de la Jeunesse Française, par exemple, le Secrétariat social ne prétend pas plus à la formation des individus qu'à la direction des groupes : son originalité consiste en ce qu'il est au service des Œuvres.

Le Secrétariat social, dira M. Bettencourt, n'est pas un Comité directeur, « c'est un office de renseignements, un centre d'informations, un poste de secours » (1).

Il s'instruit d'abord pour pouvoir conseiller ; il accumule les matériaux et les met ensuite à la disposition de ceux qui veulent bâtir la cité sociale chrétienne.

Le Secrétariat Social, en effet, s'inspire de la doctrine catholique sociale : il s'intègre dans le mouvement qui s'attache à instaurer un ordre social chrétien ; il suscite des chantiers, il oriente la main-d'œuvre, et établissant entre les travailleurs une liaison étroite, il recherche la coordination des efforts en vue d'atteindre plus facilement le but poursuivi.

Issus des secrétariats du peuple qui, nous l'avons vu, sont une création de l'Œuvre des Cercles, les secrétariats sociaux au nombre d'une quarantaine, forment dans le pays autant de « cellules agissantes ». Il leur arrive bien, sans doute, de s'occuper d'intérêts privés, en donnant, par exemple, des consultations, mais ce n'est là qu'une forme accidentelle de leur activité ; ils se proposent avant tout d'aider et de susciter des œuvres plus que de se mettre au service des particuliers.

Leur action, qu'ils poursuivent en se conformant aux directives de l'Eglise, s'opère, d'une part, sur les esprits et, d'autre part, sur les institutions.

Ils agissent sur les esprits par une propagande intensive ;

(1) Cité par M. Eblé. Les Secrétariats sociaux, p. 5.

ils donnent des conférences, distribuent des tracts, font apposer des affiches, organisent des meetings, des journées sociales, des semaines sociales régionales, et suscitent des pétitions ; de plus, ils s'attachent à recueillir et rassembler une documentation qui permette à ses propagandistes d'étayer solidement leur action : la bibliothèque est un des éléments constitutifs du Secrétariat social.

Ils agissent également sur les institutions, car, comme nous nous sommes attaché à le dégager, le secrétariat social est un animateur d'œuvres sociales. Et c'est ainsi qu'on les voit pousser, là, à la création d'une société d'habitations à bon marché, d'une caisse de compensation, d'une société de crédit mutuel, d'une coopérative, d'un syndicat, ici, fournir à telle société des statuts, s'occuper des formalités constitutives, aider à la tenue de la comptabilité et à l'établissement de* bilans.

N'est-ce pas du Secrétariat social de Paris qu'est sortie l'idée de la constitution de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens ?

Comme on le voit, le champ d'action des Secrétariats sociaux est très vaste, tout en demeurant tout à fait spécial, car leur programme vise par dessus tout à l'extension du mouvement coopératif et du syndicalisme chrétien.

Et c'est bien en cela qu'ils sont les dignes continuateurs de l'œuvre entreprise par de Mun ; ils constituent, en effet, « des foyers permanents où s'entretient le souci du bien social », car « ils se proclament avec juste raison les anneaux d'une chaîne qui remonte jusqu'à la fondation de l'Œuvre des Cercles Catholiques d'Ouvriers » (1).

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