LES BESOINS L” L'ŒUVRE UNIVERSITAIRE
L'élan de sympathies d’où est sortie la campagne de souscription qui s'organise en faveur de l’Université Laval, n’est ni inopportun ni factice. Il est basé sur les encouragements les plus autorisés, en même temps que sur les raisons les plus solidement établies.
L'Eminentissime archevêque de Quétec et ses suffragants ont posé la question devant le clergé et tous les fidèles, dans un mandement collectif solennel. Ils ont déclaré que la première université catholique du Canada, née des sacrifices du Séminaire de Québec et soutenue, jusqu'ici, à peu près exclusivement par cette institution, se voit forcée désormais de compter sur le public, non pas pour subsister ‘comme on l’a faussement affirmé), mais pour se développer dans la mesure des besoins nouveaux.
Ces besoins se font sentir dans toutes les branches de l'enseignement universitaire, et dans linitiation de çeux qui le donnent.
La formation des maîtres a toujours été le sûr garant de l'instruction des élèves. A mesure que le niveau des ctudes monte et que leur cercle s'étend, il devient de plus en plus récessaire d’avoir, dans le personnel enseignant, des hommes dont la compétence puisse affronter les plus graves problèmes, et chez qui la spécialisation dans telle ou telle matière, n’étouffe pas le souci des intérêts généraux
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de la science et de la société. (Cette formation des professeurs ne peut se faire que par la fréquentation des plus hautes écoles de savoir. Ce n’est calomnier ni notre pays nl notre race que de dire lout l'avantage d’études supéri?ures faites à rétranger. L'Europe elle-même est venue, plus d’une fois, prendre des leçons en Amérique. À plus forte raison. l'Amérique doit-elle reconnaître le profit au'il y a. pour ses fils, à visiter, en y mettant toute la prudence requise, des centres intellectuels vieux de plusieurs siècles, et chargés de traditions et de gloires.
Ces séjours d'études, dans les grandes villes d’outrerer, nécessitent des sommes assez rondes. Quels services rendraient à l’enseignement de la philosophie, de la théologie, du droit canonique (peur ne parler que de ces ma- Uères), ceux de nos catholiques que la fortune a favorisés de ses dons, et qui fonderaient à Rome, pour des jeunes prêtres destinés au professorat, quelques bourses!
Notre Faculté de Théologie, grâce aux encouragements reçus du Chancelier et des Directeurs de l'Université, a sûrement réalisé certains progrès. Ses programmes se sont éiargis. Son enseignement s’est fortifié. Ses professeurs se sont appliqués à faire oeuvre personnelle. Et la confiance a groupé autour de leurs chaires des élèves de plusieurs diocèses, voire de . férents instituts religieux. Mais cette confiance même, et le rôle agrandi de notre clergé, et l'essor intellectuel du monde, rendent nécessaire, à l’'Université, un supplément d'organisation théologique. Nous voudrions. par exemple, voir se créer, chez nous, un cours spécial de patrologie où serait exposée l’œuvre biblique, dogmatique et morale des Pères. Nous voudrions également voir s’instituer des leçons régulières d’éloquence religieuse, dans lesquelles seraient définis les principes et les règics d’une saine prédication, et où défileraient, sous les yeux des élèves. les principaux orateurs sacrés, ceux surtout de l'antiquité classique et de la France.
Ms Plusieurs autres progrès. relatifs aux sciences ecclésiastiques. pourraient trouver place en notre maison.